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En plein marathon, à la conquête du ticket d’or permettant d’accéder aux Playoffs, les Pistons produisent assurément l’un des plus mauvais basket sous l’ère Stan Van Gundy (depuis 2014). En effet, les matches s’enchaînent et se ressemblent pour la franchise du Michigan qui peinent à empocher plusieurs victoires consécutives. Même contre les équipes qui semblent plus faibles a priori Detroit n’y arrive pas et souffre continuellement d’une insuffisance en terme d’envie et de motivation, ce qui engendre logiquement des prestations indignes d’un groupe censé confirmer les satisfactions de la saison précédente.

Interviewé par Fox Sport Detroit après la défaite 98-96 au buzzer face à Brooklyn, Stan Van Gundy est revenu sur la méforme actuelle des Pistons, accusant avant tout le manque de réactions de ses joueurs, qui ne cherchent absolument pas à rectifier cette mauvaise passe, à l’approche de la fin de saison :

« Le message que je leur ai envoyé était ‘Écoutez, il nous reste dix matchs et si on ne change pas la façon dont on joue, ça va devenir très, très laid’. À aucun moment en seconde mi-temps on a défendu. Et on n’a pas défendu non plus en première mi-temps. C’était très décevant. On n’a pas rebondi. On n’a pas joué un match correct depuis qu’on a mis le nez dans une scie circulaire à Cleveland. Ça fait donc six mauvais matches d’affilée. Actuellement on a très peu de vie dans l’équipe, et on va devoir en trouver d’ici vendredi. On ne joue pas. On est mauvais partout. C’est la période la plus frustrante que l’on ait eu en trois ans » STAN VAN GUNDY

Par ailleurs, le coach/président tient à ajouter que le vestiaire de son équipe semble clairement abattu et sans vie depuis quelque temps étant donné que les joueurs ne parviennent pas à mettre en oeuvre les consignes et les systèmes donnés lors des réunions organisées. D’après Van Gundy, c’est avant tout à cause d’un réel manque d’envie que les Pistons ne cessent de chuter lors des dernières rencontres :

« Dans le vestiaire, les gars se sont dit certaines choses. Quelqu’un a dit : ‘J’espère que ce sera une piqûre de rappel’. Je me suis mis à rire… Ce que je veux dire, c’est que c’est notre soixante et onzième match de la saison. Une piqûre de rappel ? Maintenant ? Voyons, on a passé notre saison à faire ça. Ish (Smith) est entré dans le vestiaire en disant : ‘Je savais que ce shoot allait rentrer’. Je lui ai demandé pourquoi il disait ça, et il m’a répondu : ‘Parce qu’on a merdé dans ce match, et c’est le karma du basket.’ Je ne sais pas si je crois au karma, mais on ne méritait pas de gagner. Les Nets méritaient de gagner car elle s’est donnée à fond en jouant avec plus d’envie. C’est tout. » STAN VAN GUNDY

Néanmoins, même si les principaux intéressés ont bien consciences des problèmes de l’équipe, Stanley Johnson et Andre Drummond préférèrent relativiser afin de rester concentrer pour les matches restants. Alors que Tobias Harris, sans langue de bois, souligne tout simplement l’attitude négative qui se dégage du groupe :

« Je pense que tout le monde attendait de nous, mieux que ce qu’on a fait cette saison. Et nous les premiers, les médias aussi. C’est décevant, sans manquer de respect à ces deux équipes, ce sont deux équipes qu’on peut largement battre. Il reste dix matches, et on a qu’à match et demi de retard. C’est comme ça que je vois les choses » STANLEY JOHNSON

« Je fais confiance à mes gars. On est un bon groupe ici, prêt à bosser et à se battre pour ce que l’on croit. Nous croyons être une très bonne équipe. Nous croyons que notre place est en playoffs. Cela va demander beaucoup de travail maintenant. On n’a pas beaucoup de marge d’erreur actuellement. On va devoir gagner pas mal de matchs pour nous mettre en position de refaire les playoffs. Nous avons ce qu’il faut pour y être, donc on va le faire » ANDRE DRUMMOND

« Il n’y pas d’énergie dans le groupe. On n’est pas ensemble quand on rentre sur le terrain. Pas d’énergie. Ça se voit quand on démarre les matchs. On a perdu nos 3 derniers matchs, joués contre des équipes de bas de tableau. Des équipes qui n’ont pas les mêmes joueurs que nous mais qui sont compétitifs » TOBIAS HARRIS

Cependant, Stan Van Gundy souhaite préciser que cette décadence de Motor City n’est pas seulement due aux joueurs. En effet, cet échec est également le sien, par les choix parfois douteux, parfois risqués, qu’il a pris au cours de la saison :

« On dit tellement de choses. Je ne sais pas ce qui passe. Clairement, on ne joue pas bien. C’est soit que le message ne passe pas, soit que ce n’est pas un assez bon message, ou que les consignes ne sont pas assez bonnes. Et je ne me sépare pas de ça évidemment. C’est plutôt clair que sur ces six matches je ne trouve pas les solutions et je ne fais pas un super boulot. Donc ça commence par moi. Je suis la personne responsable de l’équipe. J’ai choisi tous les joueurs dans le vestiaire. Je suis celui qui voulait leur présence ici. Je décide qui joue. Je mets en place les rotations. Je décide des couvertures défensives. Des systèmes. Je ne fuis pas mes responsabilités » STAN VAN GUNDY

Dorénavant, après avoir vu les limites du projet de reconstruction, les Pistons sont plus que jamais au bord de l’implosion. Alors que les Playoffs s’éloignent jour après jour, Stan Van Gundy commence petit à petit à réfléchir à l’avenir de son groupe. Une chose est sûre, cela devrait bouger du côté de Motown – toujours à la recherche de ce leader / franchise player capable de porter l’équipe sur le long terme. Désormais, il faudra observer l’évolution des rumeurs de la Deadline (impliquant Andre Drummond et Reggie Jackson) en juillet prochain…

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