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Afin de combler un mois d’août relativement stérile en terme d’actualité NBA. La rédaction de Pistons France vous propose deux articles rétros. On s’attaque à un moment marquant de l’histoire de la franchise, inaugurée par la page Fort Wayne.

Vous ne trouverez pas un endroit aux États-Unis avec plus de tradition et de respect pour le basketball qu’à Indiana. On peut dire que la franchise des Pistons ne pouvait pas rêver mieux comme lieu de naissance. Ceci est une pure coïncidence, bien entendu. La vraie raison pour laquelle les Pistons ont commencé à Fort Wayne, Indiana – et l’ont quitté il y a plus de 60 ans -, c’est Fred Zollner.

Zollner, le saint créateur

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Pour un homme dont la fortune s’est construite autour de l’automobile, la dynastie de Zollner a été fondée, involontairement, grâce au basketball. Il semblerait que Zollner avait un don pour voir le futur des choses, et non ce qu’elles étaient dans le présent. Aujourd’hui, l’approche professionnel du basket fait partie des standards – un vrai coach, un staff et une ligne privée d’avion par exemple. Mais à l’époque, ça ne l’était pas. Et pourtant, seuls les Fort Wayne Zollner Pistons en ont profité.

La signature de Zollner, c’est cette clairvoyance, qui a amené le basket d’hier vers les standards d’aujourd’hui, et aussi, bien entendu, la migration des Pistons d’Indiana vers Motor City… Detroit. Un seul changement a défini le futur de la franchise, l’autre toute la ligue entière. Mais il y a eu aussi des conséquences à court terme. L’histoire des Pistons, de Fort Wayne à Detroit, est tout aussi révolutionnaire que déchirante.

La genèse de l’équipe de Zollner se trouve dans les ligues industrielles, où les entreprises assemblent les meilleurs talents afin de dominer leurs concurrents et collègues sur le terrain. Le piston, élément si petit mais si critique pour un véhicule, a été le centre du business de Zollner. En 1941, il renomme son équipe de cette manière.

Les Fort Wayne Zollner Pistons ont évolué dans la National Basketball League, contre les Akron Firestone Non-Skids et les Sheboygan Redskins. Le succès est rapidement arrivé durant les années de guerre. Les Zollner Pistons ont joué les NBL Finals les deux premières saisons, et gagnèrent le titre deux fois, battant Sheboygan en 1944 et 1945. Les Pistons ont toujours été au-dessus des 50% de victoire, enregistrant un bilan record de 166 victoires pour 71 défaites sur 9 saisons.

Réalisant que le modèle de la NBL fatiguait et avait passé son apogée, Zollner a été l’un des principaux architectes d’une nouvelle ligue, la Basketball Association of America. Logiquement, les Pistons ont eu du mal, enregistrant un bilan de 22-38 dans leur première saison en BAA, avant d’entrer dans la toute nouvelle National Basketball Association en 1949.

Un atterrissage compliqué dans la grande NBA

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Le changement de ligue a, comme prévu, augmenté la qualité des matchs, les Pistons ayant plus de mal à atteindre le succès lors de leur cinq premières saisons. En 1954, Zollner a effectué un deal étrange, engageant l’arbitre Charlie Eckman, pour prendre la position de head coach. Eckman a fait toute la différence. Les Pistons gagnèrent le premier de leur trois titres de division consécutifs et ont fait deux apparitions consécutives en NBA Finals, tombant de peu en 1955 et 1956. Mais de plus grands changements allaient arriver.

Les contraintes financières et les tailles de marché sont fréquemment citées pour justifier la relocalisation d’une franchie, et Zollner a dû y faire face alors que les années 60 arrivaient. Fort Wayne n’était pas Boston, Minneapolis ou New-York, une grande ville capable d’attirer la lumière et les fans. La NBA était trop grosse pour Fort Wayne, tout comme elle l’a été avec Rochester, puis Syracuse.

Zollner n’a pas eu besoin de regarder bien loin pour trouver le bon endroit. La plupart des pistons qu’il produisait étaient livrés à des entreprises basées à Detroit, à seulement 150 miles de Fort Wayne. Même le nom des Pistons collait avec le cadre de Motor City, comme si l’équipe avait toujours été là. Mais Detroit, la ville, n’était pas forcément le meilleur choix. Il y avait une raison pour laquelle la ville n’avait aucune équipe NBA – 4 équipes avaient déjà tenté de s’installer. Avant de partir. Seulement une d’entre elles est restée plus d’une saison, qui a été coupé par la Seconde Guerre mondiale. En 1957, Detroit Basketball était plutôt suivi par un point d’interrogation que par un point d’exclamation.

Le premier match des Pistons à Detroit s’est joué à l’Olympia, le 23 octobre 1957. Le résultat, une défaite 105-94 face aux Boston Celtics, a été la première de huit défaites face aux puissants Celtics cette saison.Les Pistons termineront la saison à 33-39, avec Eckman en head coach. Mais il y avait du spectacle. Les Pistons avaient 3 All-Stars en 1958 – George Yardley, Gene Shue et Dick McGuire. Yardley est devenu la première vraie star des Pistons, devenant le premier joueur NBA a brisé la marque des 2000 points en une saison.

« Ils ont un vrai bon joueur [en faisant référence à Yardley]. Mais les autres équipes en ont 3 ou 4. »

Morrie Moorawnick

Shue et le pivot Walter Dukes ont débuté le All-Star Game 1960, la seule fois où deux Pistons ont réalisé cela. Mais leur niveau n’était rien face aux Lakers, qui n »ont jamais perdu en playoffs pendant quatre années de suite face aux Pistons.

Des stars ont continué de briller à Detroit dans le milieu des années 60, comme Bailey Howell, Don Ohl ou Dave DeBusschere, qui, à cause d’une maladie, terminera sa carrière en tant qu’entraîneur-joueur de 64 à 67, empêchant les Pistons et le jeune joueur à atteindre leur plénitude. Dans la dernière année de coaching de DeBusschere, un meneur rookie intégra l’équipe, Dave Bing.

« Ils étaient un peu au fond, parce qu’il n’avait pas beaucoup de talent. Je suis arrivé ici, et notre premier coach était un joueur-coach, Dave DeBusschere, qui n’avait que 26 ans. C’était une erreur parce que Dave était encore un excellent joueur, et devait aussi coacher, ce qui je pense, l’a empêché de progresser en tant que joueur »

Dave Bing

L’année suivante, Bing s’adjuge le trophée de Rookie de l’année 1967 et rejoint DeBusschere au All-Star Game en 1968. Les Pistons retournent en playoffs.

« On commençait à se trouver une identité, parce qu’on faisait les playoffs. DeBusschere était encore dans l’équipe, et on a perdu en 6 matchs contre Boston, qui sont devenus champions du monde après. »

Dave Bing

DeBusschere a été échangé aux Knicks la saison d’après. Les Knicks ont remporté deux titres avec DeBusschere dans leur rang. Les Pistons ne verront pas les playoffs pendant 6 ans.

« Je pense qu’on a réalisé qu’on n’était pas aussi bons que les Lakers ou les Celtics, qui restaient chaque année au top pour obtenir le titre. On était encore entrain de construire »

Dave Bing

Cependant, le trade de DeBusschere a remis les Pistons à la case départ. Detroit n’a pas terminé une saison dans les années 60 au dessus des 50%.

« La ville, comme la plupart des villes, aiment les gagnants. Je me souviens ajouter un chiffre en plus au compte rendu lorsqu’il y avait moins de 1000 fans dans la salle. Les fans étaient contents d’être avec l’équipe, mais pas pour acheter des tickets. »

Morrie Moorawnick

Tout part du Z

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En 1952, les Pistons deviennent la première équipe à voyager avec un avion privé. Le Zollner DC-3, aka « The Flying Z », n’était pas un Boeing, mais comportait tous les agréments pour rendre la vie des joueurs plus facile. Même quand Bing a rejoint l’équipe 15 ans plus tard, les Pistons étaient encore l’équipe la plus enviée de la ligue.

« Ce n’était pas aussi bien que les vols commerciaux, mais parce que c’était privé et que vous n’étiez qu’avec les gens de l’organisation, vous pouviez prévoir de partir quand vous le souhaitiez. C’était bien. Mais rien de comparable aux vols commerciaux »

Dave Bing

Comme un retour en Flying Z, le voyage des Pistons a connu son lot de turbulences. Un début prometteur en NBL se transforma en lutte acharnée en NBA. Zollner, participant actif pour la NBA et au début des Pistons, commença à se retirer petit à petit. Il resta à Fort Wayne pour gérer son affaire.

« Il payait les factures et restait là-bas. Un proprio’ parfait pour joueurs et coachs. Il ne s’est impliqué qu’en extrême nécessité »

Morrie Moorawnick

D’après certaines personnes, le détachement de Zollner était considéré comme de l’apathie. Depuis leur intégration à la NBA, il n’avait que deux finales, et une poignée de All-Stars qui ne pouvaient rivaliser face aux équipes accomplies de la NBA.

Mais l’apport de Zollner ne doit pas être minimisé. Il est le seul responsable du nom des Pistons, l’un des plus distincts du monde du sport. Et il reste à ce jour le seul membre du Naismith Memorial Basketball Hall of Fame dont le nom de famille commence par « Z ».

Zollner, l’homme honoré par la ligue comme « M. Pro Basketball », n’était plus le propriétaire des Pistons lorsqu’il décéda en 1982. Il n’a pas vécu pour voir les fruits de son travail, à savoir une équipe qui a dominé la NBA pendant quelques années et a remporté 3 titres NBA. Mais les Pistons commenceront toujours par un Z, dans l’Etat de l’Indiana, qui deviendra la région ennemis dans les années 2000.

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