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Afin de combler un mois d’août relativement stérile en terme d’actualité NBA. La rédaction de Pistons France vous propose deux articles rétros. Après avoir retracé un moment marquant de l’histoire de la franchise, inaugurée par la page Fort Wayne, on ouvre aujourd’hui un autre dossier qui présente un acteur majeur des Pistons. On commence par Vinnie Johnson.

CARTE D’IDENTITÉ

  • Nom : Vincent « Vinnie » Johnson
  • Surnom : The Microwave (trad. Le micro-ondes)
  • Date de naissance : 1er septembre 1956 à Brooklyn (New York)
  • Taille : 1m88
  • Poids : 91kg
  • Poste : Meneur / Arrière
  • High-School : Franklin D. Roosevelt High School
  • Universités : McLennan CC (1975-1977) / Baylor (1977-1979)
  • Draft : 1979 par Seattle à la 7ème position du premier tour
  • Équipes : Seattle SuperSonics (1979-1981) / Detroit Pistons (1981-1991) / San Antonio Spurs (1991-1992)
  • Stats en carrière : 12.0 points 3.2 rebonds 3.3 passes en 984 matches (dont 798 à Detroit)
  • Palmarès : Champion NBA avec Detroit en 1989 et 1990, Maillot retiré à Detroit (numéro 15)

UN APPRENTISSAGE NEW-YORKAIS

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Né le 1er septembre 1956, Vincent Johnson dit « Vinnie » grandit à Brooklyn dans l’Etat de New York. Issu d’une famille de huit enfants, le futur joueur NBA puise ses premières connaissances du basket dans les rues de Brooklyn, à l’instar des anciennes gloires du streetball new-yorkais (Kareem Abdul Jabbar, Earl Manigault, Herman Knowings, Richard Kirkland…). Le jeune Vinnie Johnson passe sa tendre enfance à jouer au basket sur les célèbres playgrounds de Brooklyn mais également à Rucker Park dans le quartier d’Harlem. Bob Pertsas – qui fut l’assistant coach de Johnson au lycée – le décrivait comme étant l’un des jeunes joueurs les plus sous-estimés de Brooklyn.

Entre 1971 et 1975, le jeune prodige à peine âgé de 15 ans entre au lycée Franklin D. Roosevelt pour entamer sa formation de basketteur. Mesurant moins de 1m75, Vinnie Johnson débute avant tout ailier, avant d’exploser en tant que meneur de jeu lors de saison senior. C’est à cette période que les observateurs commencent à jeter un réel coup d’œil chez ce gamin de Brooklyn. Nommé dans le All-City Team et élu meilleur athlète du lycée Franklin, Johnson tourne à 20.0 points de moyenne lors de son passage au lycée, en quatre années. Après cette première page dans sa carrière, il décide de poursuivre son cursus au McLennan Junior College (NJCAA) à Waco dans le Texas, il y restera deux années avant de décoller pour la prestigieuse université de Baylor (NCAA)

UNE FORMATION MARQUANTE A BAYLOR

Etudiant en physique à Baylor, Vinnie Johnson souhaite développer ses qualités apprises dans son petit lycée local à New York. Au cours de ses deux saisons aux Bears de Baylor, il enchaînera un grand nombre de records et distinctions. Lors de son année senior, il possède la plus grosse moyenne de points par match de la Southwest Conference avec 25.2 points. Par ailleurs, il devient le second meilleur marqueur de l’histoire de son université avec 1 231 points marqués. De plus, il est nommé à deux reprises dans la AP’s AllAmerican secondteam. Ensuite, Johnson s’empare de deux records face au Texas Christian : plus grand nombre de points marqués en un match (50 unités) et également de paniers rentrés (21 réussites). Vinnie Johnson s’inscrit à la Draft 1979 et quitte donc Baylor après avoir développé sa panoplie qui lui voudra son mythique surnom de « microwave », faisant référence à sa capacité de scorer beaucoup sur de courtes séquences. Actuellement, il possède toujours la plus grosse moyenne de points de l’histoire de Baylor avec ses 25.1 unités par match. Il est classé huitième meilleur marqueur mais aussi sixième en nombre de passes délivrés et paniers rentrés de son université.

DES PREMIERS PAS TIMIDES A SEATTLE

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Drafté à la septième position par les Seattle SuperSonics en 1979, le rookie Vinnie Johnson débarque dans une franchise qui vient tout juste de glaner son premier titre de leur histoire après des finales mythiques remportées 4-3 face aux Washington Bullets. Arriver dans la grande ligue et rejoindre un roster étoffé possédant un grand nombre de stars comme Dennis Johnson, Jack Sikma ou encore Gus Williams n’est jamais chose facile pour un jeune joueur. Au cours de sa première saison, Johnson joue très peu (seulement 38 apparitions) en tournant à une faible moyenne de 3.2 points. Il devra attendre son année de sophomore pour enfin saisir l’opportunité de montrer son talent. Le 15 novembre 1980, il score 31 points face aux Rockets (victoire de Seattle 143-139). Au cours de cet exercice, il est le joueur avec le plus de minutes jouées au sein du roster des SuperSonics (2 311 minutes jouées), tout en ayant le pourcentage aux shoots le plus élevé (53.1% en moyenne). Meilleur passeur de l’équipe avec 4.2 offrandes par match, il mène son équipe vers un bilan de 38 victoires pour 44 défaites. Pour la petite anecdote, il captait 2.3 rebonds offensifs par match, faisant de lui le leader chez les arrières en NBA cette année là. En revanche, lors de la saison 1981-1982, Vinnie Johnson ne joue que sept matches sous le maillot des Sonics avant de prendre la direction de Detroit en échange de Greg Kesler (futur commentateur pour Fox Sports Detroit) le 21 novembre 1981. Après une première année d’adaptation assez discrète dans le Michigan, Johnson se tient prêt à décoller et écrire une grande page de sa carrière.

L’EXPLOSION A MOTOWN

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Vinnie Johnson s’installe ensuite rapidement comme une pièce maîtresse des Pistons de Jack McCloskey (general manager) dans la conquête du titre NBA. Il est ainsi devenu réputé pour sa capacité à scorer que ce soit en pénétrant ou en shootant mais également défensivement pour ses qualités de rebondeurs. Quelques mois avant le trade Kesler-Johnson, McCloskey a drafté le meneur Isiah Thomas et monté un échange avec les Cavaliers pour faire venir le pivot Bill Laimbeer à Detroit. La base de le création des Bad Boys était mis en place et devait grandir ensemble pour marquer l’histoire de la ligue. Pour sa première saison complète à Detroit, Johnson devient un élément important au scoring avec 15.8 unités de moyenne mais l’équipe a encore besoin d’ajustements pour espérer vivre une aventure grandiose et historique.

En 1983-1984, les Detroit Pistons continuent de grimper l’échelle de la Conférence Est en remportant 49 victoires, ce qui leur permet retrouver les Playoffs pour la première fois depuis 1977. Quant à Johnson, il solidifie son rôle de sixième homme avec 13.0 points de moyenne en jouant l’intégralité des 82 matches. Cependant, la franchise du Michigan chute au premier tour face aux New York Knicks malgré les 10.2 points de notre homme en sortie de banc.

Le statut de remplaçant que porte Vinnie Johnson devient légendaire au cours de la saison 1984-1985 où il gagne le surnom de « Microwave » (trad. le micro-ondes). En cette soirée du 5 mai 1985, Johnson prend feu en sortie de banc, il score 34 points dont 22 dans le dernier quart-temps et réussit seize de ses vingt-une tentatives. Cet exploit individuel permet aux Pistons de sortir les Boston Celtics en demi-finales de conférence. Après le match, Danny Ainge (arrière de Boston) a affirmé en interview « Si ce gars (ndlr. William Perry, joueur de NFL) est surnommé le ‘Réfrigérateur’ alors Vinnie Johnson doit être ‘le Micro-ondes’ il prend feu facilement ». Grâce au futur general manager des Celtics, Vinnie Johnson gagna un surnom qui lui collera à la peau toute sa carrière.

La campagne de 1985-1986 voit l’arrivée de Joe Dumars en provenance de McNeese State. Ensemble, Johnson, Dumars et Thomas vont former un back-court meurtrier qui combine tous les aspects possibles du jeu et cela va propulser le projet des Pistons vers un bilan de 46 victoires pour 36 défaites. Malgré un micro-ondes à 13.9 points 3.4 passes, Motor City chute au premier tour contre les Atlanta Hawks.

En 1986-1987, les Pistons deviennent légitimement un candidat sérieux pour le titre et cette saison marquera un tournant. Avec un Vinnie Johnson qui se place comme possible sixième homme de l’année à 15.7 points, les Pistons avancent jusqu’aux finales de conférence suite à leur bon bilan de 52 victoires pour seulement 30 défaites. Face aux Boston Celtics, la bataille fait rage et ira jusqu’au Game 7 que les Pistons perdront après les blessures de deux joueurs majeurs Adrian Dantley et Vinnie Johnson (choc à la tête entre les deux hommes). Ces finales de conférence sont aussi marquées par cette fameuse interception de Larry Bird après une remise en jeu ratée de Isiah Thomas qui offre un game-winner à Dennis Johnson.

Durant la saison 1987-1988, les Pistons produiront une saison (quasi) parfaite avec 54 victoires pour 28 défaites toujours poussés par leur sixième homme Vinnie Johnson (12.2 points par match). Ils y retrouvent leurs éternels rivaux des Boston Celtics en finales de conférence, qu’ils feront cette fois-ci chuter pour se hisser en finales NBA où les Lakers de Magic Johnson et Kareem Abdul-Jabbar attendent les guerriers de Chuck Daly. Malheureusement, la franchise du Michigan chutera en sept matches face aux californiens lors de finales tristement mythiques pour Detroit.

Les deux années suivantes seront celles des Bad Boys de Detroit. Premièrement en 1988-1989, les Pistons prennent facilement le chemin des finales NBA en concluant leur saison par un légendaire sweep face aux Lakers de Magic Johnson – le revanche de l’année précédente. Ensuite, en 1989-1990, Vinnie Johnson passe la barre des 10 000 points en carrière; De plus, il remplace parfaitement Joe Dumars (blessé onze matches consécutifs) avec des moyennes de 15.8 points 6.4 rebonds 4.5 passes. Les Pistons rejouent les finales NBA pour la troisième année d’affilée, cette fois-ci face aux Portland Trail Blazers. Cette série est avant tout considérée comme le moment le plus important de la carrière de Johnson puisque ce dernier offre un second titre à Motor City sur un game-winner à mi-distance au Game 5 (voir vidéo). Dans le livre de Steve Addy « The Detroit Pistons: Four Decades Of Motor City Memories » (1997), Vinnie Johnson déclare « Je ne vais pas dire que je savais qu’il allait rentrer mais je le sentais bien. C’était magnifique de le voir rentrer ».

La saison 1990-1991 fut la dernière de Vinnie Johnson à Detroit. Après une longue et intense année bouclée par 50 victoires pour 32 défaites, les Pistons se feront détrônés par les Chicago Bulls de Michael Jordan, déterminé à remporter sa première bague. Malgré une dernière saison satisfaisante tournant à 11.2 points, Johnson est coupé par les Pistons et s’offrira une tournée d’adieux aux San Antonio Spurs au cours de la saison 1991-1992. En dix saisons à Detroit, Vinnie Johnson a joué 798 matches et est actuellement le sixième meilleur marqueur de l’histoire de la franchise avec 10 149 points, cinquième en passes avec 2 661 assists et cinquième en interceptions avec 708 steals.

UNE RECONVERSION DANS LA COMMUNAUTÉ

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La retraite méritée de Vinnie Johnson est avant tout marquée par cette soirée magique en son honneur le 5 février 1994 où son numéro 15 est monté en haut du Palace of Auburn Hills, inscrivant officiellement au marqueur indélébile son nom dans l’histoire des Pistons. Par ailleurs, il est resté très attaché à la communauté locale, en créant notamment sa propre entreprise nommée Piston Group (anciennement Piston Automotive), basée à Detroit en 1995 et spécialisée dans la fabrication de pièces relatives au monde automobile.

pistongroupJohnson a employé pas moins de 200 personnes à la création de son entreprise, aujourd’hui ce nombre a augmenté jusqu’à 1 500, sans oublier de développer son entreprise en installant plusieurs usines aux Etats-Unis. En tant que président et fondateur de Piston Group, l’ancien joueur NBA a conduit son entreprise à des ventes records dépassant les $90.0 millions. De plus, il est devenu membre de la Detroit Chamber of Commerce et de la Michigan Minority Business Development Council le permettant d’être – à travers un rôle minoritaire décisionnaire. – un acteur majeur de l’organisation de la vie commune au sein même de la ville. Le « Microwave » participe donc activement à la renaissance de Motor City qui a connu une crise sans précédent à partir de 2008.

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