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Auteurs d’un très bon début de saison, les Pistons pointent leur nez à la 3ème position de la Conférence Est. Cependant, la seule déception réside sur cette nouvelle salle totalement vide de fans. En effet, après avoir quitté le mythique Palace of Auburn Hills, Detroit voulait redynamiser le quartier Downtown en ramenant leur équipe de basket dans le centre-ville.

THÉORIE DES PRIX (40%)

Premièrement, nous allons commencer par expliquer la théorie qui paraît être la plus probable et acceptable, concernant le prix des tickets. Outre le simple montant à payer pour observer un match de basket, c’est avant tout la politique tarifaire qui semble poser problèmes, car elle n’est pas construite de manière logique. En effet, la Little Caesars Arena est séparée en quatre catégories : Upper Level, Mezzanine, Lower Level et Floor. Cependant, au sein même de ces divisions, il subsiste certaines incompréhensions. Par exemple, une place dans la Lower Level (right) coûte plus chère que la même place située sur la tribune opposée Lower Level (left), ce qui provoque ainsi un déséquilibre dans le placement des spectateurs, d’où cette impression de vide au milieu. En réalité, les fans sont dispatchés sur l’ensemble de la surface créant plusieurs petits groupes de dix/douze personnes. De plus, quel fan naïf serait prêt à payer $64 dollars en Upper Level alors que pour seulement $22 il pourrait être assis sur les derniers rangs de la tribune observable à la télévision ?

  • Upper Level (les rangs les plus élevés) : $13 – $64
  • Mezzanine : $36 – $96
  • Lower Level (les rangs observables à la TV) : $22 – $182
  • Floor (les rangs VIP situés sur le parquet) : $431 – $1.521

Par ailleurs, les prix des consommations sont aussi à souligner, faisant partie des plus chères de toute la ligue :

  • Bouteille d’eau : $5.0 dollars
  • Canette de soda : $9.0 dollars
  • Canette de soda premium : $10.0 dollars
  • Cocktail : $10.5 dollars
  • Verre de vin : $10.50 dollars
  • Bière à la pression : $11.0 dollars
  • Grand cocktail : $11.50 dollars
  • Verre de vin premium : $11.50 dollars
  • Daiquiri (rhum) : $13.0 dollars

Et dernier aspect susceptible de faire chauffer la MasterCard vient des tarifs liés au parking, ce qui représentent un réel handicap pour les américains, qui plus est dans la ville de l’automobile :

  • Parking de Little Caesars Arena : $35.0 dollars
  • Parkings dans les alentours : ~$20.0 dollars

THÉORIE DES RÉSULTATS (40%) 

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Avec celle des prix, c’est forcément l’une des théories les plus probables. En effet, en seulement dix ans, les Pistons sont passés de l’une des meilleures franchises de la ligue enchaînant les finales de conférence, à une équipe lambda incapable de retrouver les Playoffs de manière régulière. Malheureusement, une atmosphère négative se faisait déjà ressentir dans les tribunes de ce bon vieux Palace of Auburn Hills qui peinait à remplir ses fauteuils. Néanmoins, la situation actuelle de cette triste Little Caesars Arena est bien plus alarmante. Suite aux nombreuses désillusions de la saison passée, il est fort possible que cette jeune équipe bâtie par Stan Van Gundy ait perdu ce je-ne-sais-quoi qui commençait à attirer les caméras de la NBA après ce premier tour de Playoffs rempli de promesses et d’espoirs face aux Cavaliers en 2016. Contrairement au Heat, aux Warriors, aux Knicks ou aux Lakers, la fanbase du Michigan est guère remplie de nombreux supporteurs, il est donc difficile de remplir une Arena aussi grande que la LCA (21 000 places de capacité) avec une équipe dont les résultats sont incertains. Cependant, cette théorie peut être remise en question par les résultats de la franchise de hockey qui partage cette nouvelle salle avec les Pistons. Cette saison, le bilan de Detroit Red Wings est assez mitigé contrairement à leurs habitudes avec seulement dix victoires en dix-huit matches. Pourtant, ils possèdent la troisième meilleure affluence avec 19 515 fans en moyenne (sur 20 000 possible).

THÉORIE D’AUBURN HILLS (15%) 

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Autre idée probable pour expliquer les résonances de cette Little Caesars Arena : le départ d’Auburn Hills. Plusieurs médias ont eu tendance à passer sous silence le débat local autour de ce déménagement. En effet, même si certains se réjouissaient de voir les Pistons revenir au centre-ville avec l’objectif de reconstruire et redynamiser un quartier capital de Motor City, d’autres restaient fidèles à leur légendaire Palace, qu’ils considéraient comme leur seconde maison. Quitter ce lieu de basket mythique qui a accueilli pendant près de trente ans les Pistons n’était pas facile à accepter, mais cela a malheureusement engendré un refus de venir à la Little Caesars Arena par nostalgie du Palace mais surtout par regret. De plus, la construction de cette salle a coûté pas moins de $862.0 millions (au lieu des $450.0 millions prévus), ce qui soulève ainsi un problème dépassant le simple cadre du sport : la logique de cette décision marketing. Les dépenses ont été assez exorbitantes pour une équipe de basket qui ne parvenait pas à remplir leur précédente enceinte. Sans oublier qu’une partie de l’argent provient de la ville (taxes, impôts…), ce qui a provoqué un véritable scandale chez des habitants se remettant petit à petit d’une importante crise économique.

THÉORIE DONALD TRUMP (5%)

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Cela peut vous paraître étrange de voir cet énergumène orangé apparaître dans un article supposé porter sur la NBA, mais aux Etats-Unis il n’y a qu’un pas entre la politique et le sport. D’ailleurs, ce lien se fortifie depuis que l’ancien quarterback des 49ers de San Francisco s’est agenouillé pendant l’hymne national américain afin de protester contre l’oppression raciale malheureusement omniprésente dans ce grand pays. Depuis l’élection de Donald Trump, un nombre incalculable de sportifs lutte contre les idées du président des Etats-Unis, à commencer par Stan Van Gundy. En effet, le coach des Pistons se place (avec Gregg Popovich et Steve Kerr) parmi les figures de la NBA qui n’hésitent pas à parler des sujets socio-politiques qui touchent leur pays. Récemment, Van Gundy a publié une tribune dans le journal Time où il souligne la patriotisme que démontrent ces sportifs. Quels rapports pouvons-nous faire avec la faible affluence à la LCA ? Lors des dernières élections, l’Etat du Michigan faisait partie des trois importants états ayant fait basculer les votes en faveur du candidat républicain. Depuis 1988, le Michigan avait toujours voté pour le représentant démocrate sauf en 2016 où les habitants ont décidé d’élire en majorité Donald Trump. Certaines personnes peuvent donc observer les propos de Stan Van Gundy comme un frein, refusant ainsi de se déplacer pour voir jouer une équipe coachée par un opposant au président. Bien évidemment, cette théorie reste peu probable mais surtout invérifiable. Néanmoins, de nos jours, le sport et la politique sont deux sujets liés et peuvent avoir des conséquences l’un sur l’autre.

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