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Avec un bilan de 22 victoires pour 23 défaites, les Pistons se positionnent à la neuvième place de la Conférence Est. Même si nous observons de nombreux progrès dans le jeu de Andre Drummond, force est de constater que les mêmes problèmes persistent dans le projet mis en place par Stan Van Gundy. La rédaction de PISTONS FRANCE vous propose une analyse de la situation actuelle, à la mi-saison.

UN DÉBUT SUR LES CHAPEAUX DE ROUE (octobre/novembre)

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Les spécialistes NBA ne s’attendaient sûrement pas à inclure les Pistons dans le groupe des « équipes surprenantes à surveiller sur la longueur ». Toutefois, ils ont commencé les deux premiers mois de compétition très fort avec d’ores et déjà plusieurs succès impressionnants : victoires contre les Clippers au Staples Center (lorsqu’ils étaient encore invaincus), les Warriors à l’Oracle Arena, le Thunder à la Chesapeake Energy Arena, les Timberwolves à deux reprises, les Celtics au TD Garden…

La clef de cette réussite surprenante vient premièrement des progrès inattendus de Andre Drummond qui a fait grimper sa moyenne aux lancers-francs à 62.9% de réussite (pour 38.6% la saison passée), qui s’est mué en véritable passeur décisive avec de 3.9 offrandes en moyenne (pour 1.1 passes l’année dernière) et qui se montre beaucoup plus concentré et impliqué en défense.

Puis, Tobias Harris (élu joueur de la semaine pour la première fois de sa carrière en novembre) s’est transformé en réelle valeur sûre, notamment en attaque où il apporte quasiment à chaque rencontre sa vingtaine de points avec des pourcentages insolents, attention en revanche à sa défense qui est loin d’être décente. 

Concernant la production collective, Detroit apparaissait comme une équipe pas facile à jouer où le danger offensif pouvait venir de n’importe quel secteur de jeu. Le banc avait un solide apport avec notamment le vétéran Anthony Tolliver souvent capital pour calmer le jeu des Pistons, le rookie Luke Kennard très efficace en terme de shooting et le chef d’orchestre Ish Smith qui amenait le tempo nécessaire pour rythmer les possessions offensives de la second unit.

LE RETOUR DES VIEUX DÉMONS (décembre/janvier)

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Malheureusement, des signes de relâchements ont commencé à apparaître au début du mois de décembre où les Pistons (14-6 à cette période) se sont mis à enchaîner sept défaites de suite : Washington, Philadelphie, San Antonio, Milwaukee, Golden State, Boston et Denver. Néanmoins, sur cette série, Detroit se déplaçait à quatre reprises donc les hommes du Michigan peuvent être excusés tant que nous savons les difficultés de cette longue et harassante saison NBA. Surtout que les Pistons ont très bien réagi en remportant cinq des six matches qui ont suivi dont une large victoire face aux Pacers 107-83, marquée par la blessure à la cheville de Reggie Jackson qui devrait probablement l’écarter des parquets jusqu’à la fin de la saison. A partir de ce moment, Detroit a perdu neuf des douze rencontres suivant la victoire contre Indiana. La blessure de Jackson a clairement déséquilibrer une rotation fragile puisque le staff était dans l’obligation de titulariser Ish Smith – un rôle qui ne correspond pas à son style de jeu. Le two-way contract Dwight Buycks a vu son contrat se garantir totalement et même s’il montre des choses encourageantes, cela reste un backup faible dans la rotation d’un supposé candidat pour les Playoffs.

Cependant, se cacher derrière les blessures serait un raccourci simpliste car l’attitude et le jeu produit par Detroit sont clairement les raisons principales qui expliquent la chute de l’équipe. En effet, depuis les fêtes de Noël, les Pistons semblent avoir perdu la maturité acquise observée en début de saison mais surtout l’état d’esprit revanchard d’un groupe qui vient chaque soir pour se battre. Généralement, une défaite n’atteignait pas négativement la forme des joueurs – pourtant ces derniers temps un revers est synonyme d’une série de deux ou trois défaites consécutives, là où les victoires ont plus de mal à s’enchaîner. Sur le plan individuel, Tobias Harris est moins régulier dans son apport au scoring, le banc souffre à maintenir un impact constant à tous les matches, l’adresse fuit Avery Bradley depuis son retour de blessure… Sinon, le jeu offensif reste brouillon et stéréotypé alors que la défense cherche l’intensité, l’énergie et l’agressivité qui faisaient la force des Pistons lors des deux premiers mois.

DES TRADES EN PERSPECTIVE ?

NBA: Detroit Pistons at Toronto Raptors

Si les Pistons ne sont pas parvenus à maintenir les bonnes premières impressions, c’est que l’équipe manque cruellement de maturité et de régularité. La presse américaine s’est empressée de sortir plusieurs rumeurs mentionnant Detroit : Evan Fournier dans un premier temps, suivi de Nikola Mirotic et plus récemment Kemba Walker. Tout cela paraît amplement logique car même si Andre Drummond a progressé de manière inespérée sur de nombreux aspects de son jeu, la liste des fragilités qui composent le projet des Pistons semble toujours interminable.

En effet, l’absence de franchise player (ou leader offensif) figure parmi les plus gros problèmes et cela se ressent au cours des rencontres serrées où les hommes de Stan Van Gundy peine à trouver les solutions offensives. Cependant, l’attractivité faible de la franchise et les tours de Draft récents ne permettent pas à Detroit de décrocher enfin ce joueur qui fera basculer l’équipe dans une autre dimension. Profiter des rumeurs similaires à celles de Kemba Walker présente le seul moyen fiable pour accueillir ce leader à Motor City.

Par ailleurs, le salary cap surchauffe encore et toujours avec des contrats inutiles par rapport au temps de jeu réel des joueurs en question, c’est le cas de Boban Marjanovic ($7.0 millions / an – 2019), Josh Smith ($5.4 millions / an – 2021), Jon Leuer ($10.4 millions / an – 2020) ou Reggie Jackson ($16.0 / an – 2020).

Ensuite, la faiblesse du roster réside en particulier sur son manque de profondeur, ce qui a posé des difficultés d’adaptation à l’équipe avec les multiples blessures (Stanley Johnson, Avery Bradley, Jon Leuer, Andre Drummond, Reggie Jackson…). Le poste 5 symbolise ce souci majeur où ni Eric Moreland, ni Boban Marjanovic sont capables de seconder efficacement le pivot titulaire.

De plus, si les fondations de la reconstruction menée depuis mai 2014 apparaissent inefficaces, c’est aussi à cause des jeunes potentiels qui n’explosent pas. Si le deuil du Andre Drummond franchise player a été fait depuis un moment à Detroit, la régression de Stanley Johnson inquiète. Ce dernier peut avoir un impact considérable en défense mais ses lacunes offensives sont trop importantes pour un joueur entamant sa troisième saison NBA.

En conclusion, les Pistons avancent perdus, bloqués dans un brouillard sans fin et attendent patiemment l’été 2019 qui sera marqué par les fins de contrats de Tobias Harris, Stanley Johnson, Ish Smith, Boban Marjanovic, Reggie Bullock mais surtout du coach/président Stan Van Gundy. Pour l’instant, l’objectif est de se qualifier pour les Playoffs en pensant au futur projet.

Source images : Getty Images, Boston Herald, Detroit Free Press, Detroit Sports Nation

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