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Cela fait désormais plus d’une semaine que Blake Griffin est un joueur des Detroit Pistons. Arrivé de Los Angeles en échange de Tobias Harris, Boban Marjanovic, Avery Bradley et deux picks de Draft, l’ailier-fort de 28 ans a été accueilli en laissant planer derrière lui certains doutes. Maintenant que nous disposons d’un échantillon analytique de quelques matches, il est l’heure de dresser un premier bilan, en tentant d’expliquer les raisons qui montrent que cette arrivée est fatalement un bon choix.

UN FRANCHISE PLAYER ATTENDU

Si cette transaction a choqué la planète NBA, c’est avant tout parce qu’aucune personne prévoyait un départ de Blake Griffin étant donné qu’il venait de signer un contrat de cinq saisons pour $174.0 millions à l’ouverture de la dernière Free Agency. Cependant, ce qui est d’autant plus surprenant, c’est la destination en question : Detroit, une ville qui n’attire plus de part son cadre social et économique instable, tout comme sa franchise de basket vivant dans une situation bloquée depuis dix ans désormais. En effet, en refusant catégoriquement de tanker, les Pistons se sont trop souvent retrouvés dans le ventre mou de la conférence Est – trop faibles pour viser mieux qu’une huitième place et trop armés pour terminer dans les bas-fonds de la ligue (synonyme d’un choix TOP 3 à la Draft). Le manque d’attractivité évident des Pistons les empechaient d’attirer un franchise player ou un leader offensif durant le marché estival car rivaliser avec la plage de Miami ou les palmiers de la Californie apparaissait comme une mission impossible. Ainsi avec Blake Griffin dans ses rangs, la franchise du Michigan s’attache un joueur capable de porter l’équipe offensivement mais surtout un visage qui pourrait la mettre enfin sous les projecteurs. L’aspect commercial n’est pas à négliger car le nouveau numéro 23 de Detroit va permettre de vendre des maillots et de remplir une Little Caesars Arena vide depuis le début de saison.

UNE RAQUETTE DOMINANTE

Les Pistons souffrent à établir un projet de reconstruction cohérent et efficace. Depuis 2008 et le départ de Chauncey Billups, le front office mise tous leurs espoirs futurs sur les valeurs historiques de la franchise à savoir un collectif bien huilé avec cinq role players. Même si cela a fonctionné lors de la saison 2016 où Detroit a décroché un billet pour les Playoffs, il faut reconnaître que dans cette NBA moderne où les grandes écuries préfèrent monter des Big Three voire des superteams pour gagner, une équipe sans véritable star ne peut guère espérer des résultats sur le long-terme. Avec l’arrivée de Blake Griffin, la franchise du Michigan base leur reconstruction sur une raquette dominante – probablement la meilleure à l’Est – composée de Andre Drummond et de leur nouvelle recrue. En conclusion, Detroit gagne enfin une identité de jeu, ce qui permet d’aborder les off-seasons avec les idées plus claires.

UN CONTRAT LOURD MAIS VERROUILLE

En posant ses valises à Detroit, Blake Griffin ramène également son contrat conséquent de $174.0 millions sur cinq saisons, qui vient se greffer au salary cap déjà bien rempli avec les contrats signés par Andre Drummond et Reggie Jackson. Néanmoins, cet aspect peut être lu d’une différente manière, car même si la flexibilité financière des Pistons est très faible, la paire intérieure est verrouillée jusqu’en 2021 (date où le pivot deviendra free agent). Cela laisse donc un certain temps aux dirigeants de Detroit pour construire une équipe cohérente autour de leur raquette puisque les lignes extérieures des Pistons demandent tout de même à être reconstruites. En effet, Stanley Johnson est encore trop tendre pour prétendre à un solide statut de titulaire indiscutable, Luke Kennard n’est qu’un rookie qui aura besoin de patienter avant de devenir ce fameux titulaire de complément, alors que Reggie Bullock semble plus correspondre à un rôle en sortie de banc.

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