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Chef d’orchestre du jeu et architecte des transferts, Stan Van Gundy est celui qui bâtit et fait fonctionner l’équipe depuis mai 2014. Forcément, si le système est grippé, il devient la cible prioritaire de toutes les critiques.
Le propriétaire des Pistons Tom Gores a annoncé qu’il avait l’intention de rencontrer le coach-président de Detroit cette semaine (finalement reportée à la semaine prochaine), afin de discuter de l’avenir de la franchise. L’occasion pour nous de présenter les différentes situations possibles.

RIEN NE CHANGE, LA CONFIANCE RÈGNE

Malgré un début de saison sur les chapeaux de roue, les Pistons sont trop rapidement retombés dans leurs travers avec une longue série de sept défaites consécutives. Cette irrégularité habituelle a forcé le front office à réaliser un blockbuster trade en accueillant Blake Griffin dans le Michigan. Néanmoins, ce panic move n’a pas eu les effets escomptés et c’est paradoxalement pour cette raison que Stan Van Gundy pourrait conserver les deux postes.

En effet, laisser le développement de ce nouveau groupe à la personne qui l’a construit est une idée loin d’être désastreuse car un nouveau coach et/ou président signifierait qu’un temps d’adaptation est nécessaire pour que les joueurs apprennent à connaître le successeur. Certes les Pistons ont une nouvelle fois manqué les Playoffs mais il fallait s’attendre à ce que la greffe de Griffin prenne du temps. Ainsi, la logique voudrait que l’homme le plus enclin à corriger les défauts de ce groupe soit celui qui l’observe depuis des mois. Peut-être qu’avec un training camp et une pré-saison passés ensemble, Van Gundy trouvera les réponses à toutes les interrogations qui planent autour des Pistons. Mais peut-il tirer ce groupe vers le haut s’il reste aux commandes complètes de la franchise ?

L’HEURE EST AU CHANGEMENT

« Nous devons quand même faire des changements, car nous ne gagnons pas. C’est aussi simple que ça. Peu importe les erreurs que nous avons faites ou les raisons pour lesquelles nous ne gagnons pas, nous devons évaluer ça ». Les propos de Tom Gores laissent tout de même sous-entendre que des changements seraient les bienvenus à Detroit. Actuellement, président et coach, Van Gundy pourrait se voir retirer l’une de ses deux casquettes afin de le maintenir que sur un poste . D’ailleurs, c’est probablement ce qui se passera dans les jours à venir. Les rumeurs autour de Arn Tellem et Chauncey Billups font échos d’un changement dans les bureaux et cela peut se comprendre pour différentes raisons.

Lors des dernières inter-saisons, Stan Van Gundy s’est senti obliger de surpayer certains joueurs en raison de l’attractivité faible de Detroit : Jon Leuer (contrat de $42.0 millions sur quatre années en juillet 2016) et Langston Galloway (contrat de $21.0 millions sur trois années en juillet 2017). Ces deux contrats prennent beaucoup de place dans un salary cap déjà bien rempli et sont l’oeuvre du président de Detroit. Quand on observe la saison de Anthony Tolliver pour seulement $3.2 millions, on est autorisé à penser que Leuer n’a plus sa place aux Pistons – surtout que le poste 4 a vu l’arrivée du meilleur joueur (et plus gros contrat) dans le roster. Quel est l’intérêt de cumuler autant sur le même poste ? Malgré un contrat dégressif et un profil d’intérieur moderne, le transférer paraît infaisable car il sort d’une saison blanche à cause d’une blessure à la cheville. La complexité de la situation financière des Pistons pourrait pousser Tom Gores à engager un président (ou general manager) expérimenté dans le domaine, afin que Stan Van Gundy ne se concentre plus que sur les tâches de coach où il possède une expérience de douze années en NBA. En revanche, bien que cela soit une possibilité, il est difficile de l’imaginer rester avec seulement les pouvoirs décisionnels parce que Detroit a avant tout besoin d’une nouvelle structure de management pour sortir de cette impasse.

IL FAUT TOURNER LA PAGE

Certains diront que c’est radical, d’autres que c’est mérité, mais la solution de mettre à termes à l’aventure de Stan Van Gundy dans le Michigan est envisageable. Même si le trade de Blake Griffin demandait une patience extrême, force est de constater que le coach de Detroit ne parvenait pas à faire jouer son groupe autour de l’ailier-fort. Son playbook était porté disparu et le jeu offensif des Pistons manquait de diversité et efficacité, cela se résumait quasiment qu’aux isolations de Griffin, aux shoots extérieurs des artilleurs et aux putbacks de Drummond.

Arrivé en 2014, Van Gundy a emmené les Pistons en Playoffs qu’à une seule reprise en quatre saisons et le groupe ne semble pas connaître de réelle progression. De plus, sa gestion des rookies et le développement des jeunes joueurs demeurent assez critiques : Stanley Johnson (2015) peine à améliorer sa panoplie offensive et Henry Ellenson (2016) enchaîne les voyages entre la G-League et le fond du banc de Detroit. Seul Luke Kennard (2017) évite plus ou moins ce fléau pour le moment. En quatre saisons, la franchise du Michigan a conservé les mêmes soucis et n’apprennent à première vue rien de leurs erreurs : des joueurs irréguliers incapables de relever la tête après une série de défaites. Autre problème majeur, les Pistons souffrent d’une absence d’identité claire, ce qui rend le jeu encore plus brouillon.

Avec une année restante dans son contrat, il serait peut-être judicieux de mettre fin d’un commun accord à cette page frustrante et pleine de regrets. Désormais, Detroit a un objectif précis : entourer la paire intérieure Andre Drummond – Blake Griffin. Même si ce duo est verrouillé jusqu’en 2020, l’ailier-fort a déjà 29 ans et son physique est loin d’être éternel. Le projet vise le moyen-terme donc il faut trouver rapidement un esprit tactique capable de creuser pour tirer les avantages de cette équipe intéressante.

Source image : ABC

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