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Cela fait désormais un mois que la saison régulière des Pistons est terminée, il est donc l’heure de revenir sur cette nouvelle désillusion collective : la troisième en quatre années sous la houlette de Stan Van Gundy. La pause psychologique a été prise, on passe l’équipe à la loupe.

UNE JOIE ÉPHÉMÈRE

Et pourtant, cela avait si bien commencé ! En effet, au début de saison, peu de personnes s’attendaient à voir les Pistons si performants et réguliers. Les hommes de Stan Van Gundy débutent le premier mois de compétition avec plusieurs succès impressionnants : victoires contre les Clippers au Staples Center (lorsqu’ils étaient encore invaincus), les Warriors à l’Oracle Arena, le Thunder à la Chesapeake Energy Arena, les Timberwolves à deux reprises, les Celtics au TD Garden… Portés par un Andre Drummond méconnaissable et un Tobias Harris dans le rôle du leader offensif, les Pistons affichent un bilan de 14 victoires pour seulement 6 défaites à la fin du mois de novembre. A cette période, Detroit apparaissait comme une équipe dont il faut se méfier de part leur défense. Le banc avait un solide apport avec notamment le vétéran Anthony Tolliver souvent capital pour calmer le jeu des Pistons, le rookie Luke Kennard très efficace en terme de shooting et le chef d’orchestre Ish Smith qui amenait le tempo nécessaire pour rythmer les possessions offensives de la second unit.

Cependant, la joie fut de courte de durée car s’en suit la première longue série de défaites composée de sept revers consécutifs mais cela n’effaçait pas réellement le bon départ des Pistons, car les adversaires rencontrés sur cette série étaient coriaces : Boston, Washington, Denver, Milwaukee, San Antonio, Golden State et Philadelphie. En somme, même si les défaites s’enchaînaient, le jeu n’était pas si inquiétant au vu de l’adversité de l’époque. De plus, sur cette série, l’équipe se déplaçait à quatre reprises donc les hommes du Michigan peuvent être excusés tant que nous savons les difficultés de cette longue et harassante saison NBA.

LE CRASH DE L’EQUIPE

Comme dans un mauvais téléfilm, la saison de Detroit a basculé face aux meilleurs ennemis de l’Indiana. Après avoir parfaitement rebondi aux sept défaites avec quatre victoires en cinq rencontres, les Pistons se débarrassent des Pacers assez facilement dans un match dominé. En revanche, la franchise du Michigan perd Reggie Jackson par la même occasion. Le lendemain, le résultat tombe : tendinite sérieuse au genou équivaut à deux mois et demi d’absence. A partir de ce moment, Detroit a perdu neuf des douze rencontres suivant la victoire contre Indiana. La blessure de Jackson a clairement déséquilibré une rotation fragile puisque le staff était dans l’obligation de titulariser Ish Smith – un rôle qui ne correspond pas à son style de jeu. Le two-way contract Dwight Buycks a vu son contrat se garantir totalement et même s’il montrait des choses encourageantes, cela restait un backup faible dans la rotation d’un supposé candidat pour les Playoffs.

Cependant, se cacher derrière les blessures aurait été un raccourci simpliste car l’attitude et le jeu produit par Detroit étaient clairement les raisons principales qui expliquaient la chute de l’équipe. En effet, les Pistons semblaient avoir perdu la maturité acquise observée en début de saison mais aussi leur état d’esprit revanchard. Généralement, une défaite n’atteignait pas négativement la forme des joueurs – pourtant un revers est devenu synonyme d’une série de deux ou trois défaites consécutives, là où les victoires avaient plus de mal à s’enchaîner. Sur le plan individuel, Tobias Harris était moins régulier dans son apport au scoring, le banc souffrait à maintenir un impact constant à tous les matches et l’adresse fuyait Avery Bradley. Sinon, le jeu offensif restait brouillon et stéréotypé alors que la défense cherchait l’intensité, l’énergie et l’agressivité qui faisaient la force des Pistons lors des deux premiers mois.

UNE WOJ BOMB INEFFICACE

29 janvier 2018. Date à laquelle le projet de Detroit prit un virage inattendu. Adrian Wojnarowski d’ESPN bombarde le Michigan avec l’officialisation d’un trade plus que surprenant. Les Pistons envoient Avery Bradley, Boban Marjanovic et Tobias Harris (et deux picks de Draft) pour accueillir le multiple all-star Blake Griffin. Rapidement, la franchise du Michigan, boostée par cette arrivée, gagne les cinq premiers matches avec leur nouvel intérieur. Cependant, la lune de miel n’aura duré que deux semaines car les Pistons perdent par la suite dix des douze rencontres suivantes. Les quelques petites séries de trois victoires ne suffiront pas pour remonter le retard pris avant le trade et le retour tardif de Reggie Jackson n’y changera rien. Certes, ne pas faire les Playoffs n’est pas dramatique puisque les objectifs du projet sont désormais tournés vers 2019 mais il faut reconnaître que l’absence des systèmes cohérents ou d’un jeu offensif logique inquiètent tout de même et c’est pour cette raison que Stan Van Gundy est aujourd’hui sur la sellette.

Frustrant. Regrettable. Incompréhensible. La liste des adjectifs pour qualifier la saison des Pistons est longue mais le plus alarmant concerne le futur de l’équipe qui reste pour l’instant illisible : la fragilité physique de Jackson et Griffin, la faible flexibilité financière, le banc manquant de profondeur, des dirigeants et coachs en danger… En conclusion, malgré certains doutes présents, le duo Blake Griffin – Andre Drummond porte à lui seul les espoirs maigres pour la saison prochaine, surtout que cette nouvelle paire intérieure est verrouillée jusqu’en 2021.

source image : Getty Images

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