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C’est désormais officiel : Stan Van Gundy ne sera plus dans le Michigan la saison prochaine. Le propriétaire des Pistons Tom Gores a décidé de le licencier de ses postes de coach et président. Il est donc l’heure de revenir sur ces quatre dernières années afin de trouver les raisons de l’échec de ce projet.

LE DÉVELOPPEMENT DES JEUNES

C’est peut-être le point le plus critiqué ces derniers temps : la Draft et la capacité à développer et à utiliser les rookies. Sous la patte de Stan Van Gundy, les Pistons ont bénéficié de trois premiers tours de Draft convertis en Stanley Johnson (2015), Henry Ellenson (2016) et Luke Kennard (2017). Nous n’allons pas perdre notre temps dans des « What If » inutiles en essayant d’analyser ce que les Pistons seraient aujourd’hui avec Devin Booker ou Donovan Mitchell – cela n’a pas lieu d’être. Les situations des Suns et du Jazz restent différentes, donc l’explosion de ces deux joueurs n’auraient pas forcément été assurées à Detroit. Les facteurs du coaching, du jeu offensif et des résultats sont si capitaux dans la progression d’un joueur que personne peut affirmer haut et fort que ces choix représentent de véritables erreurs.

En revanche, l’utilisation des jeunes joueurs peut être largement critiquée parce que Stan Van Gundy n’a pas réussi à intégrer Henry Ellenson dans la rotation lors des deux premières saisons, Stanley Johnson peine à montrer des signes de progression après trois années complètes et Luke Kennard a mis du temps à acquérir la confiance nécessaire en attaque. Alors certes, l’ancien coach de Detroit n’est pas le seul fautif, notamment sur le dossier Stanley Johnson où l’ailier ne semble absolument pas motivé à l’idée de travailler sa panoplie offensive. Mais il est vrai qu’au cours de son aventure dans le Michigan, les Pistons n’ont jamais pu compter sur un diamant à polir car les jeunes prodiges étaient soit mal utilisés, soit exclus de la rotation.

LA SITUATION FINANCIÈRE BLOQUÉE

Les Pistons disposent actuellement du huitième plus gros salary cap pour la saison 2019 (c’est-à-dire sans prendre en compte les prochaines arrivées estivales). La marge de manœuvre reste donc assez faible pour permettre aux successeurs de Stan Van Gundy d’élaborer de solides changements sans toucher à des éléments intéressants. Mais comment les Pistons ont-ils réussi l’exploit de ne plus avoir de flexibilité financière alors que l’équipe est loin d’être compétitive ?

Tout a basculé lors deux dernières Free Agency lorsqu’il a proposé deux contrats énormes à des joueurs qui ne les valaient pas : Jon Leuer et Langston Galloway qui combinent plus de $17.0 millions la saison prochaine pour des contrats s’écoulant jusqu’en 2020. Une nouvelle fois c’est la gestion douteuse de Van Gundy qui est pointée du doigt : quel est l’intérêt d’avoir proposé ce contrat à Galloway pour le faire jouer que 863 minutes cette saison ? L’arrivée de Blake Griffin vient ajouter l’un des plus lourds contrats de la NBA mais celui-ci reste débattable, étant donné le statut et le niveau de l’ailier-fort all-star. En conclusion, l’ancien président des Pistons a su réaliser des échanges intéressants (Tobias Harris, Marcus Morris, Reggie Bullock, Anthony Tolliver, Reggie Jackson…) mais quand il s’agit de parler de finances, il a trop souvent surpayé des joueurs afin d’être le moins pénalisé possible par le manque d’attractivité estival des Pistons. (Jon Leuer, Boban Marjanovic, Langston Galloway…)

LA RÉGRESSION D’UN GROUPE PROMETTEUR

Arrivé en mai 2014, Stan Van Gundy a utilisé sa première saison à Motor City comme transition pour mettre en place les fondations de son projet. Ainsi, il en a profité pour implanter ses idées principales. Sur ce processus en découle, le renvoi de Josh Smith, la responsabilisation de Kentavious Caldwell-Pope et la progression du jeune Andre Drummond. Au bout de deux ans et quelques arrivées supplémentaires pour encadrer le tout, les Pistons retrouvent les Playoffs avec un Drummond all-star. Malgré une bonne combativité face aux futurs champions de Cleveland, les hommes de LeBron James ont passé le balais sur Motown. Et c’est à partir de ce moment que le projet n’a pas cessé de s’écrouler…

Les deux dernières années à Detroit se ressemblent avec notamment les blessures de Reggie Jackson, les faux-espoirs de Playoffs, l’inconstance du comportement des joueurs, l’irrégularité des résultats, le jeu offensif brouillon et l’absence d’identité de jeu. Si Tom Gores est venu à prendre cette drastique décision, c’est avant tout parce que « SVG » n’a pas su trouver les réponses et les solutions aux problèmes de son équipe suite à un exercice 2017 trop décevant. En somme, le groupe ne progressait pas en stagnant dans l’irrégularité. L’effet répétitif de mauvais résultats a conduit le troisième coach le plus victorieux de l’histoire de la franchise (derrière Chuck Daly et Flip Saunders) à prendre la porte cordialement. 

source image : AOL

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