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Cela fait désormais quatre jours que Stan Van Gundy est officiellement au chômage. Victime des mauvais résultats, du salary cap bloqué et du développement stérile des jeunes, il a cordialement été invité à s’éloigner du Michigan. Une nouvelle preuve que les doubles-casquettes NBA ne fonctionnent pas…

CRÉER N’EST PAS COACHER

Lorsqu’une personne prend les rênes d’une franchise à la fois sur le banc et dans les bureaux, la première observation courante est généralement positive, car laisser la construction d’une équipe à la personne qui l’entraîne semble être une bonne idée sur le papier. Cependant, si le projet ne fonctionne pas, les limites de ce type de management apparaissent rapidement parce que bâtir un groupe n’a rien à voir avec entraîner une équipe, et inversement.

La planète NBA tend à oublier que ces deux statuts sont diamétralement opposés et qu’ils ne demandent pas les mêmes compétences. De plus, il est difficile de se consacrer pleinement à ces deux rôles si capitaux dans le fonctionnement d’une organisation sportive : le cas de Mike Budenholzer exemplifie parfaitement ce constat. Formé par Gregg Popovich pendant dix-huit saisons avant de faire le bonheur des Atlanta Hawks où il a été élu coach de l’année en 2015, il a décidé de laisser, en 2017, le rôle de président des opérations de basket à un vrai dirigeant. En somme, on peut être l’un des meilleurs coachs de la NBA sans être un président excellent.

PANNE DE SOLUTION

Un autre problème majeur fait son apparition quand cette méthode est mise en place : les solutions estivales lors des Free Agency et des Draft. En NBA, de manière générale, une équipe décevante impose des changements dans le groupe du coach à travers des décisions prises par une tierce personne nommée président. Néanmoins, quand ces choix sont dirigés par la même et unique personne, alors c’est tout un système qui s’écroule. Paradoxalement, le coach n’est pas le mieux placé pour corriger les défauts de son équipe, parce qu’il possède certaines attaches à des joueurs précis, des systèmes particuliers ou des idées personnelles. Ainsi, la remise en question n’est jamais chose aisée, qui plus est pour des caractères rudes comme Stan Van Gundy ou Tom Thibodeau (également en double-casquette aux Wolves).

A cause de cette double-casquette, une franchise en difficultés est condamnée à être enfermée dans une boucle stagnante où un coach-président souhaite réaliser quelques changements sans voir la réalité en face. A défaut de comprendre les faiblesses de son équipe, un coach est plus enclin à laisser « une second chance » aux joueurs avec qui il passe son quotidien, contrairement à un président qui observe cela de l’extérieur.

DÉPART PEU PROBABLE

Globalement, en NBA, une situation bancale est souvent résolue par une mise à jour complète du banc, qui se fond sur un renvoi définitif du coach en place et de ses assistants. Or, telle une roue de secours, le pouvoir de la double-casquette protège l’organigramme du staff technique pendant plusieurs saisons, jusqu’au jour où tous les jokers ont été grillé, ce qui force le propriétaire à intervenir. Alors certes, ce dernier peut renvoyer un coach-président bien avant qu’une situation devienne alarmante, mais il faudrait que la franchise soit dirigée par un propriétaire réellement impliquée dans les opérations de basket comme Mark Cuban à Dallas par exemple, ce qui n’est pas commun à vrai dire.

Contrairement à Doc Rivers et Mike Budenholzer en 2017 (rétrogradés au seul poste de coach), Stan Van Gundy a perdu ses deux jobs en une seule inter-saison. Et la question du lien existentiel entre mauvaises décisions et double-casquette peut largement se poser. Cette idée farfelue va-t-elle disparaître de la ligue ? En tout cas, Gregg Popovich et Tom Thibodeau résistent encore et toujours à l’envahisseur…

source image : WWMT

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