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Grand favori pour le poste depuis un mois, Dwane Casey a logiquement été nommé nouveau head coach des Detroit Pistons. Il s’engage avec la franchise du Michigan pour cinq saisons avec le but de ramener cette équipe en Playoffs.

L’homme de la régularité

Lors des quatre saisons sous la houlette de Stan Van Gundy, la régularité de l’équipe a été vivement critiquée. Après une campagne de Playoffs remplie d’espoirs en 2016, les Pistons n’ont pas cessé de régresser que ce soit dans le jeu ou dans les résultats finaux. Au delà des éléments globaux, les joueurs de Detroit ne parvenaient pas à puiser dans leur mental pour sortir d’une série de défaites, ou à l’inverse d’enchaîner les victoires.

En sept années dans le Canada, Dwane Casey a emmené ses Raptors en post-season à cinq reprises, en transformant considérablement l’image et le statut de cette franchise. A son arrivée en 2011, Toronto était loin d’avoir un roster attrayant mais il a su fixer les priorités tactiques selon les joueurs qu’il avait, tout en profitant des bonnes décisions de son front office pour s’adapter. Alors certes, certains diront que Casey ne peut pas faire gagner son équipe en Playoffs mais il est important de se poser la question suivante : quel est l’objectif principal des Pistons à l’heure actuelle ? Aller en finales de conférence ou revenir en Playoffs de manière régulière et consécutive ? La deuxième option semble tout de même plus réaliste mais surtout plus d’actualité pour Detroit. Step by step.

Une longue expérience récente

En mai 2014, la direction des Pistons décide d’engager Stan Van Gundy pour cinq saisons. Cette info avait logiquement été prise avec une réelle satisfaction de part le très bon passé de « SVG » en Floride (Miami et Orlando). Cependant, deux longues années séparaient son licenciement du Magic de son arrivée à Detroit, et cela tombait qui plus est pendant les années où la NBA a subi de sérieuses mutations dans le jeu. Durant son aventure aux Pistons, Van Gundy a souvent été pointé du doigt pour un plan tactique offensif simpliste et inefficace par rapport au jeu moderne.

L’avantage avec Dwane Casey est qu’il sort de sept années avec Toronto, dont cinq campagnes de Playoffs, donc il connaît et comprend d’ores et déjà plusieurs choses capitales pour assurer une adaptation parfaite avec son nouveau roster : la connaissance des joueurs de la ligue et les clefs tactiques souvent utilisées par certains autres coachs. La transition apparaît donc plus aisée pour Casey puisqu’il reprendrait en soit ses mêmes habitudes laissées aux Raptors il y a encore quelques mois seulement.

Un solide développement des jeunes

C’est peut-être le point fatal qui a poussé le propriétaire Tom Gores à démettre Stan Van Gundy de ses postes de coach et président des opérations de basket : la capacité à développer et à utiliser les rookies. Sous sa patte, les Pistons ont bénéficié de trois premiers tours de Draft convertis en Stanley Johnson (2015), Henry Ellenson (2016) et Luke Kennard (2017). Stan Van Gundy n’a pas réussi à intégrer l’ailier-fort dans la rotation lors des deux premières saisons, « Stanimal » peine à montrer des signes de progression après trois années complètes, alors que le shooteur de Duke a mis du temps à acquérir la confiance nécessaire en attaque. Certes, l’ancien coach de Detroit n’était pas le seul fautif, notamment sur le dossier Stanley Johnson où l’ailier ne semble absolument pas motivé à l’idée de travailler sa panoplie offensive. Mais il est vrai qu’au cours de ses années dans le Michigan, les Pistons n’ont jamais pu compter sur un diamant à polir car les jeunes prodiges étaient soit mal utilisés, soit exclus de la rotation.

En revanche, Dwane Casey a prouvé un grand nombre de fois à quel point il maîtrisait parfaitement l’évolution de ses jeunes joueurs. Sa gestion est en grande partie basée sur une connexion quotidienne avec son staff en G-League dirigée auparavant par le nouvel assistant des Grizzlies Jerry Stackhouse. A son palmarès des développements intéressants, nous pouvons retrouver récemment O.G. Anunoby, Norman Powell, Pascal Siakam, Fred VanVleet, Delon Wright ou Jakob Poeltl. Et cela devrait énormément compter pour Stanley Johnson, Henry Ellenson et Luke Kennard, voire même le futur rookie sélectionné à la prochaine 42ème place.

Un faux-paradoxe de son plan tactique

Lorsque la rumeur « Dwane Casey à Detroit ? » a faite son apparition, quelques doutes se mettaient en place notamment sur sa capacité à entraîner une équipe construite autour d’une raquette dominante formée de Blake Griffin et Andre Drummond. En effet, cela semble être à l’opposé complet des forces présentes aux Toronto Raptors à savoir un backcourt doublement all-stars avec Kyle Lowry et DeMar DeRozan. De plus, Casey a parfois été critiqué pour sous-utiliser sa raquette, en particulier Jonas Valancinuas.

Cependant, une autre lecture peut être proposée vis-à-vis de cette remarque trop souvent utilisée, sans être relativisée d’une manière cohérente. Si les intérieurs de Toronto sont si peu utilisés, c’est parce qu’ils ont une mauvaise vision du jeu et ne sont pas capables de bien ressortir le ballon, qui plus est pour le backcourt qui représente leur force principale. Une statistique souligne cette observation : le ratio Assists/Turnovers. Au cours de la saison 2018, la paire Valanciunas/Ibaka a 143 assists pour 205 turnovers, soit un ratio de 0.70. Alors que le duo Griffin/Drummond a 571 assists pour 365 turnovers soit un ratio de 1.56. Ainsi, nous pouvons en conclure que les intérieurs des Raptors ont eu moins de ballons car ils ont des difficultés à créer et cela pourrait être différent avec la paire des Pistons.


… featuring Etienne Bouillot (@_John_M_Clane) de Raptors France (@Raptors_FR)

« L’annonce est désormais officielle : Dwane Casey sera le prochain coach des Pistons. Quel plaisir pour nous, fans des Raptors, de voir notre coach depuis sept saisons trouver un nouveau poste si rapidement, dans une franchise si renommée. Et c’est amplement mérité pour le coach All-Star de l’exercice 2017-2018, grand habitué des hauteurs de la conférence Est. Casey est tout simplement un bon coach. Souvent critiqué pour ses campagnes en post-season, il est une valeur sûre pour arracher un des huit spots permettant l’accès aux playoffs, le souhait de Détroit. Dwane n’est pas forcément un tacticien hors pair, comme peuvent l’être Pop ou Stevens, mais il est capable de s’adapter, en témoigne le renouveau dans le jeu des Raptors la saison passée (1ère place de la conférence). On peut lui attribuer deux caractéristiques principales : une grande importance accordée aux stars et un rôle important donné aux jeunes pousses. Cela s’est vu sur le parquet : une belle saison pour DeRozan, un rookie performant intégré dans le cinq (OG Anunoby), un banc incroyable composé principalement de jeunes et un jeu beaucoup moins basé sur l’isolation.

Le choix Casey semble être une évidence pour le Front Office des Pistons : un objectif affiché de jouer les playoffs, deux joueurs calibre All-Star et un meneur avec du potentiel. Depuis l’arrivée de Griffin, le roster des Pistons est, sans aucun débat, un des huit meilleurs dans une conférence Est bien triste. Cet effectif solide avait besoin d’un coach offrant des garanties : c’est le cas de Casey. Je ne serai, personnellement, pas surpris de voir Reggie réaliser une belle saison, dans le sillage d’une raquette très forte. Griffin fera partie des meilleurs joueurs de la conférence, il est certain que Casey lui accordera une grande confiance et lui donnera les clés de la franchise. Seul ombre au tableau, Drummond. Casey n’a pas pour habitude de faire participer les pivots au jeu de l’équipe. Il ne pourra s’en passer à Détroit, il devra utiliser un pivot qui n’a, physiquement, aucune concurrence sérieuse à l’Est. Le choix de Casey est le bon pour les Pistons, votre saison sera solide. On se revoit en Playoffs ! »

source image : USA Today

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