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A l’approche de la Draft, les Pistons vont prochainement organiser des workouts afin de tester certains prospects. Il est donc l’heure de présenter les possibles cibles visées par Detroit avec leur quarante-deuxième choix.

CARTE IDENTITÉ

  • Nom : Grayson Allen
  • Date / Lieu de naissance : 08/10/1995 à Jacksonville (Floride)
  • Taille : 1,96m
  • Poids : 93kg
  • Nationalité : américaine
  • Université : Duke
  • Poste : SG
  • Stats 2017-2018 : 
    • Mn : 35.6
    • Pts : 15.5
    • Rebs : 3.3
    • Ass : 4.6
    • Stls : 1.7
    • FG: 41.8%
    • 3pt : 37.0% (102-276)
    • FT : 85.0%
  • Comparaison : J.J. Redick

DESCRIPTION DU JOUEUR

L’enfant terrible du College basketball, celui qui se fait siffler à chaque sortie à l’extérieur, celui que l’on qualifie de joueur truqueur voire méchant et que l’on compare aux anciens « dirty » Blue Devils tels que JJ Redick ou Christian Laettner arrive enfin en NBA. Grayson Allen a toujours voulu jouer à Duke, l’équipe qu’il supporte depuis tout petit mais il a mis du temps à s’imposer dans l’armada impressionnante de coach K championne NCAA en 2015. Pourtant cité parmi les meilleurs prospects lycéens de sa génération et même McDonald’s All American, événement au cours duquel il remporte le concours de dunks en sautant notamment au-dessus d’un certain Jahlil Okafor, Allen est cependant barré par un backcourt exceptionnel autour du capitaine Quinn Cook et de Tyus Jones lors de sa saison freshman. Ce n’est qu’après le renvoi de l’équipe du caractériel Rasheed Sulaimon que Grayson Allen obtient du temps de jeu cette saison là. Petit à petit, le combo guard floridien fait son trou dans l’effectif XXL de coach K (il marque davantage de points en mars et avril que de novembre à février). Jusqu’à la finale NCAA. Alors que son équipe est en difficulté face au Wisconsin de Frank « The Tank » Kaminksy, en milieu de seconde période, Grayson Allen décide de prendre les choses en main, inscrit 16 points et, bien aidé par Tyus Jones, offre à coach K son 5e titre universitaire. Une belle histoire pour celui qui cumulait 30 minutes de jeu en 9 matchs au cœur de la saison et une magnifique exposition médiatique pour l’un des oubliés de la promotion freshman 2014 extraordinaire de Duke. Sur sa lancée, le désormais sosie officiel du sénateur Ted Cruz se mue en patron des Blue Devils lors de sa saison sophomore, score plus de 20 points de moyenne et est, par la même occasion, nominé dans la Third Team All-American malgré un bilan collectif moyen et malgré surtout deux incidents puisque le 8 février face à Louisville, il est vivement critiqué pour avoir crocheté un joueur adverse, Ray Spalding, avant de réitérer un geste similaire le 25 février face à Florida State. Annoncé en fin de premier tour de la draft mais vexé d’une saison somme toute médiocre et galvanisé par les arrivées conjuguées de deux des meilleurs prospects lycéens, Jayson Tatum et Harry Giles, Grayson Allen décide de revenir à l’université pour jouer sa saison junior, prouvant ainsi son attachement à Duke et à coach K. Preseason Player of the Year, Allen est attendu comme la star NCAA et celui qui peut mener un effectif extraordinaire vers un second titre en trois saisons. Sauf que Grayson Allen va vite retomber dans ses travers de compétiteur impulsif et le tournant de la saison intervient le 21 décembre 2016 lors d’un match pourtant plutôt maîtrisé par Duke face à Elon : frustré d’avoir commis une faute, le Dukie fait un croche pied violent à un adversaire après le coup de sifflet, reçoit logiquement une faute technique et craque complètement sur le banc puisqu’il doit être retenu par John Scheyer, l’un des assistants de coach K, alors qu’il fond en larmes. Suspendu pour cet incident, Allen tente de revenir plus fort mais une blessure au pied contractée en début de saison et dont il ne s’est jamais vraiment remis, l’empêche d’être au moins aussi performant que l’an passé, laissant notamment le leadership et le scoring au futur Piston, Luke Kennard. Cette saison là, Grayson Allen est alors devenu l’ennemi public numéro 1 du College basketball et, a fortiori, la cible privilégiée tant des bouillants publics universitaires que de ses adversaires. Sa réputation mise à mal et après une saison sportivement compliquée, Grayson Allen refuse une nouvelle fois de succomber aux sirènes de la NBA et s’engage pour une quatrième et dernière saison à Duke, afin également d’obtenir son diplôme universitaire, un élément fondamental tant pour lui que pour ses parents. Capitaine d’un effectif jeune et talentueux, il réussit une saison plutôt solide quoique peu clinquante et surtout sans titre. Grayson Allen est-il méchant ? Non. Est-il un joueur « dirty » ou un « cheater » ? Même pas. Grayson Allen est juste un compétiteur ultime, un garçon né pour la gagne et dont l’amour infini du basket le pousse parfois à outrepasser les limites antisportives. Intelligent et réfléchi en dehors des parquets, il a beaucoup travaillé mentalement pour ne plus afficher cette impulsivité néfaste, à l’origine de ces fameux « tripping incidents« . Se concentrer sur ses soucis extra-sportifs c’est non seulement ne pas comprendre la personnalité complexe mais brillante de Grayson Allen mais, plus encore, c’est occulter à quel point le Blue Devil est un formidable joueur. Le relais médiatique sans précédent du « Dark Grayson Allen » a malheureusement fait oublier le Grayson Allen joueur, celui qui était All-American et meilleur marqueur de l’une des conférences les plus relevées du pays. Athlète musculeux et puissant doté d’un physique tout à fait dans la norme quoiqu’assez quelconque pour un combo guard (1m96 – 93 kilos – 1m99 d’envergure) Grayson Allen est avant tout un pur scoreur dont l’adresse à 3 points (38% à plus de 6 tentatives par match de moyenne en carrière) et l’agressivité près du cercle (les highlights de ses dunks spectaculaires sont légion mais ma préférence va à celui contre UNLV en début de saison junior) sont les points forts. Ayant beaucoup progressé en terme de création et de handle et appréciant avoir la balle en main, Allen a beaucoup évolué en meneur à Duke. Son jeu « off the ball » et plus généralement sa capacité à exister aux côtés d’un meneur distributeur assez avare du ballon est d’ailleurs l’une des grandes interrogations qui entoure le joueur. Peu explosif sur le premier pas, peu rapide et pêchant sévèrement dans la concentration défensive, Grayson Allen n’en reste pas moins un formidable spot-up shooteur, son catch and shoot à distance NBA étant une arme redoutable au niveau universitaire. Athlète plutôt moyen et défenseur assez médiocre, Grayson Allen, qui compense avec une énergie, une agressivité et une intensité de tous les instants dès qu’il est sur un parquet, a su, et du en raison des circonstances car Duke a évolué pendant trois saisons sans véritable meneur titulaire indiscutable, développer une panoplie offensive de pur combo guard : presque 5 passes de moyenne l’an dernier et un ratio assists/turnovers en progrès et assez positif (4.6/2.1). Le chemin fut tortueux mais la voie de la NBA s’ouvre enfin à Grayson Allen dont le talent indéniable doit rencontrer la confiance d’un coach qui lui donnera du temps de jeu et surtout des responsabilités offensives à ce bourreau de travail débordant d’énergie et de QI basket.

Points forts:

  • Pur scoreur capable de prendre les choses en mains et d’avoir des responsabilités offensives.
  • Shooteur complet que ce soit extérieur, mid-range 
  • Bon manieur de balle, avec une vision de jeu non-négligeable
  • Gros QI basket
  • Une agressivité et intensité débordantes

Points faibles:

  • Qualités athlétiques moyennes
  • Mauvais défenseur
  • Besoin d’être encadré et compris 
  • Un casier de suspensions pour mauvais comportement ou coup bas

SON APPORT POSSIBLE CHEZ LES PISTONS

Dans une NBA qui évolue de plus en plus vers les lignes extérieures, accumuler des shooteurs ne sera jamais une mauvaise idée. Grayson Allen est un artilleur efficace mais surtout complet capable de marquer dans n’importe quelles positions. De plus, sa progression fulgurante dans la création lui permet désormais de créer son shoot, ce qui n’est pas négligeable. Du fait de ses sauts de concentrations et suspensions, Allen devra tomber dans une franchise avec de solides repères afin de faciliter sa transition. Qui a-t-il de mieux que partager la ligne arrière avec son ancien coéquipier de Duke Luke Kennard ? Avec un coach offensif comme Dwane Casey, il pourra faire parler son intelligence de jeu en attaque, qui plus est avec un véritable meneur en la personne de Ish Smith à ses côtés dans la second unit. L’avenir incertain de Langston Galloway renforce peut-être la possible sélection de Grayson Allen à la quarante-deuxième position.

Avec la précieuse participation de MaxDC, CM du compte @DukeMBBFr

source image : Boston Herald

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