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A quelques jours de l’ouverture de la Free Agency, il serait judicieux de présenter les objectifs de recrutement des Pistons à travers une analyse détaillée de la situation financière assez complexe dans laquelle la franchise du Michigan se retrouve.

Avant de débuter la longue analyse des différentes parties capitales liées à l’été des Pistons, voici ci-dessous quelques informations ou données à retenir pour comprendre parfaitement les enjeux de cette situation :

  • Salary cap NBA : $101.000.000
  • Luxury Tax NBA : $123.000.000
  • Apron Luxury Tax NBA : $129.000.000
  • Salary cap Pistons : $118,000,000
  • Neuf contrats garantis aux Pistons (probablement douze avec les deux rookies et l’option de Bullock)
  • Deux contrats non-garantis : Eric Moreland ($1,826,300) et Dwight Buycks ($1,600,520) qui seront conservés ou coupés avant début juillet.
  • Les Pistons payent encore Josh Smith (coupé en décembre 2014) $5,331,729 jusqu’en juillet 2020
  • Les Free agents des Pistons : Anthony Tolliver (UFA) ; James Ennis (UFA) ; Jameer Nelson (UFA)
  • La Team Option de Reggie Bullock devrait être activée dans les prochains jours ($2.500.000)

« The Red Penguin » aux sommets du salary cap

Parmi les risques encourus du trade de Blake Griffin, son contrat astronomique représente l’un des plus importants avec son état physique instable. Voilà maintenant un an que les Los Angeles Clippers ont offert un pont d’or au meilleur joueur de l’histoire de leur franchise : $173.0 millions sur cinq années, que les Pistons ont accepté d’adsorber quelques mois plus tard afin de former une raquette alléchante avec Andre Drummond.

Mais un duo all-star n’est pas gratuit et la franchise du Michigan s’en rend particulièrement compte ces derniers temps. En effet, à eux deux, ils prennent $57.3 millions soit 49% du salary cap. Cependant, l’avantage principal est que leurs contrats soient verrouillés jusqu’en 2021 et 2022, ce qui laisse donc assez de temps pour rentabiliser le projet. Alors certes, cela peut paraître exorbitant de monopoliser autant de billets sur deux joueurs seulement, mais ce n’est pas en soit avec cette paire que Detroit s’est bloqué financièrement car les deux intérieurs méritent un contrat max étant donné leur statut dans la ligue et/ou dans la franchise.

Le dilemme Reggie Jackson

Souvent décrié par un grand nombre de personnes issues de la planète NBA, Reggie Jackson ne laisse pas indifférent de part sa réputation de « tête brûlée », son contrat jugée trop lourd, son style de jeu ou encore ses blessures à répétition. Malgré son salaire avoisinant les $17.0 millions annuels, les statistiques parlent pour lui : privés de leur meneur titulaire, les Pistons n’ont gagné que douze matchs en trente-sept rencontres jouées, ce qui témoigne d’un impact évident. Cependant, ce n’est pas en soit sa blessure qui inquiète, mais plutôt sa capacité à revenir à son vrai niveau sur le long-terme, et le dilemme se crée donc ici pour les dirigeants de Detroit.

Qu’est-ce que doivent faire les Pistons ? Essayer d’échanger leur meneur titulaire malgré une valeur marchande basse afin de dégraisser leur salary cap, au risque de perdre du talent dans le cinq majeur qui n’est déjà pas rempli de valeurs sûres ? Sacrifier Reggie Jackson accompagné d’un jeune joueur (Luke Kennard ou Stanley Johnson), ainsi qu’un pick de Draft pour tenter un meneur all-star comme Kemba Walker ? Ou alors croiser les doigts pour que Jackson fasse enfin une saison complète en retrouvant son niveau individuel, comme en 2016 ? En tout cas, les premières déclarations de Dwane Casey tendent à vouloir miser sur un trio 1-4-5 composé de Jackson, Griffin et Drummond. A suivre…

Deux contrats à échanger de manière urgente

Ainsi, une situation financière d’une franchise NBA devient complexe, lorsqu’elle est bloquée par des contrats bien trop lourds qui sont généralement délivrés à des role players surpayés par rapport à leur niveau ou à leur utilisation. Dans cette optique, il se dégage deux noms que les Pistons se doivent d’échanger le plus rapidement possible cet été : Jon Leuer ($19.0 millions / 2 ans) et Langston Galloway ($14.0 millions / 2 ans). Les deux seuls noms qui n’ont pour le moment jamais été mentionnés par Ed Stefanski, Dwane Casey ou Tom Gores lors des dernières conférences de presse.

Quatrième joueur le plus cher de l’équipe, Jon Leuer se doit de plier bagages afin que les Pistons puissent dégraisser comme il se le doit leur salary cap. Même s’il correspond au profil 4/5 moderne capable de strech, Leuer évolue au même poste que Blake Griffin, le franchise player et plus gros salaire de l’équipe, et de Henry Ellenson qui est un jeune potentiel inexploité que Casey souhaite développer comme il l’a annoncé. Apprécié par l’intégralité de l’organisation et auteur d’une solide saison, le free agent Anthony Tolliver pourrait prolonger pour un petit contrat, ce qui ferait ainsi trois ailiers-forts dans le roster.

Signé l’été dernier pour un contrat de $21.0 millions sur trois saisons, Langston Galloway n’a quasiment pas joué de toute l’année, puisqu’il ne rentrait pas dans les plans du coach Stan Van Gundy (pourtant recruté par le président… Stan Van Gundy). L’éclosion assez rapide et surprenante du rookie Luke Kennard n’a pas arrangé sa situation dans le Michigan. Au final, l’ancien arrière des Knicks a empoché $7.0 millions pour seulement 860 minutes jouées en 58 apparitions (sans blessure!). Avec Luke Kenard qui devrait prendre une importance capitale sous Casey ainsi que la draft de Khyri Thomas, un combo guard shooteur-défensif, jugé comme ready, Langston Galloway n’a clairement plus sa place à Detroit, qui plus est avec ce salaire.

Les exceptions, la seule arme solide des Pistons

Dans tout ce marasme financier complexe, il subsiste certaines enveloppes mineures appelées exceptions, qui peuvent sauver certaines franchises possédant très peu de flexibilité financière. A Detroit, il y en aura un grand nombre de part le blockbuster trade de Blake Griffin, qui ne pourront néanmoins pas être combinées, c’est-à-dire que les Pistons devront les utiliser séparément pour un ou plusieurs joueurs.

La MLE est utilisable qu’une fois par an afin de signer un ou plusieurs free agents pour un montant maximum de $8.5 millions, même pour les franchises ayant dépassé le salary cap. Elle concerne les franchises qui ont dépassé la Luxury Tax, tout en restant en-dessous du « Apron LT ».
La BAE est utilisable qu’une année sur deux afin de signer un ou plusieurs free agents pour un montant maximum de $3.3 millions. Elle concerne les franchises qui ont dépassé la Luxury Tax, tout en restant en-dessous du « Apron LT ».
La DPE est une enveloppe offerte par la NBA pour recruter un « joker médical », lorsqu’un joueur se blesse gravement. Elle représente 50% du salaire du joueur blessé, soit dans le cas des Pistons $5.2 millions (la moitié du salaire de Jon Leuer).
Les TE sont des enveloppes acquises lorsqu’au cours d’un échange, une équipe reçoit plus de salaires, qu’elle en envoie. Elles peuvent être utilisées pour signer un ou plusieurs joueurs mais également pour rééquilibrer un trade. Les Pistons en possèdent trois : deux petites mais surtout une grande de $7.0 millions datant du trade de Griffin.

  • Mid-Level Exception = $8.5 millions
  • Bi-Annual Exception = $3.3 millions
  • Trade Exception Boban Marjanovic (-> 29/01/19) = $7.0 millions
  • Disabled Player Exception Jon Leuer (-> 06/02/19)= $5.2 millions
  • Trade Exception Willie Reed (-> 08/02/19) = $1.4 millions
  • Trade Exception Brice Johnson (-> 08/02/19) = $1.3 millions
source image : ClutchPoints
source données / chiffres : Spotrac

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