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Afin de combler un mois d’août relativement stérile en terme d’actualité NBA. La rédaction de Pistons France vous propose les trois dossiers habituels estivaux. Et cette année, le joueur marquant de la franchise décrypté sera George Yardley, probablement méconnu par la plupart d’entre vous mais pourtant légendaire dans le Michigan.

L’été dernier, Pistons France vous proposait un dossier retraçant les premières années des Pistons à Fort Wayne, avant le déménagement vers Detroit. Cependant, les joueurs de cette époque n’ont pas réellement eu une place prépondérante dans ce papier. Cette erreur sera corrigée aujourd’hui avec ce long article sur George Yardley, considéré comme la première légende des Pistons, le protagoniste marquant du chapitre 1 de la franchise.

CARTE D’IDENTITÉ

  • Nom : George Harry Yardley III
  • Surnom : The Bird (trad. L’oiseau)
  • Date de naissance : 03 novembre 1928 à Hollywood (Californie)
  • Date de décès : 13 août 2004 à Newport Beach (Californie)
  • Taille : 1m96
  • Poids : 86kg
  • Poste : Ailier / Arrière
  • High-School : Newport Arbor (Californie)
  • Université : Stanford (1947-1950)
  • Draft : 1950 par Fort Wayne Pistons à la 7ème position du premier tour
  • Équipes : Fort Wayne-Detroit Pistons (1953-1959) / Syracuse Nationals (1959-1960)
  • Stats en carrière : 19.2 points 8.9 rebonds 1.7 passes en 472 matches (dont 384 à Detroit)
  • Palmarès : Premier joueur à avoir marqué 2 000 points en une saison, six fois all-stars, deux All-NBA Teams.

UN SURDOUÉ DE STANFORD PROMIS AU BASKET

george-yardley George Yardley - The Draft Review

George Yardley voit le jour en novembre 1928 dans le quartier d’Hollywood en Californie, qui commence à devenir le centre de l’industrie cinématographique américaine avec l’émergence de plusieurs sociétés de production telles que la Paramount Pictures, la Fox ou la Warner Bros. Le jeune Yardley se passionne très tôt aux sports notamment le basket-ball où il effectue ses premiers shoots à Balboa Island, une petite île près de Newport Beach en Californie lorsqu’il était au lycée de la ville. Cependant, le sport était considéré comme une simple passion, et non un réel moyen solide de gagner de l’argent. Alors George Yardley travaillait d’arrache-pied en cours pour s’assurer un avenir prospère dans l’ingénierie.

En 1947, il est accepté dans la prestige université de Stanford qui lui offre l’opportunité d’allier sports et études scientifiques. En parallèle, le futur numéro 12 des Pistons s’inscrit à des cours de volley-ball, de football (américain) et d’athlétisme dans le but de peaufiner sa détente, ses réflexes et son endurance pour le basket. Cela lui a permis d’être nommé à trois reprises consécutives dans l’équipe All-American au volley et au basket, tout en glanant deux fois le titre de College Player of the Year. A cette époque, George Yardley gagne son surnom de « The Bird » par ses camarades de la très célèbre maison de fraternité religieuse étudiante Phi Kappa Psi. Diplôme d’ingénieur en poche, il décide de s’inscrire à la Draft NBA 1950 où il est sélectionné à la septième position du premier tour par les Pistons de Fort Wayne dirigés par Fred Zollner.

ENTRE L’ARMÉE ET L’AAU

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Néanmoins, George Yardley ne foulera pas les parquets de la NBA avant 1953 car il décide de jouer trois années en AAU – une association à but non lucratif qui organisait les ligues mineures de sports amateurs. Durant ses saisons, il porte le maillot de la Stewart Chevrolet Ace où il remporte un titre en 1951 et également trois trophées de MVP. A côté de cela, Yardley passe son service militaire dans la Navy (l’armée américaine) pour renforcer « son mental et ses valeurs combatives » d’après ses dires. Face à Denver lors des finales 1951, il marque 32 points permettant à son équipe de remporter le titre si précieux. Avec une moyenne de plus de 23 points par match lors de ce tournoi, le « Bird » y gagne une véritable côte grandissante dans tout le pays de l’Oncle Sam : certains le voient comme le potentiel futur G.O.A.T du basket.

Cette expérience plutôt originale pour le talent cinq étoiles qu’il représentait (considéré à l’époque au même rang qu’un Bob Cousy, Larry Foust ou Bill Sherman) a toujours été louée par le principal intéressé, qui n’a jamais regretté d’avoir retardé son grand bond NBA pour que son leadership puisse être plus efficace et son jumpshot plus régulier.

UN DÉVELOPPEMENT A FORT WAYNE

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La première saison NBA de George Yardley est légèrement décevante puisqu’il a des difficultés à montrer ses capacités au scoring dans une équipe coachée par Paul Birch où le collectif prônait, à défaut d’avoir une option offensive centrale. Il termine avec seulement 9.0 points et 6.5 rebonds de moyenne, tout en dépassant la barre des 20 unités qu’à quatre reprises seulement sur un total de 63 matchs joués. Les Fort Wayne Pistons se qualifieront de justesse pour ce qui était l’ancêtre des Playoffs malgré un exercice 1954 laborieux. Dans les années 50, les séries éliminatoires se composaient de six équipes (trois de la division Est et trois de la division Ouest). Les franchises qualifiées d’une même division se rencontraient deux fois au premier tour – soit un total de quatre matchs joués par équipe sur ce tour. Sur la côte Est, on retrouvait alors : les New York Knicks, les Boston Celtics et les Syracuse Nationals. A l’Ouest, il y avait : les Minneapolis Lakers, les Rochester Royals et les Fort Wayne Pistons. Et ces derniers ont perdu leurs quatre rencontres (deux face aux Lakers et deux face aux Royals) et se sont donc fait sortir au premier tour. Par la suite, deux finales de division se jouaient entre les quatre équipes restantes (au meilleur des trois matchs) puis la grande finale (au meilleur des sept matchs).

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Larry Foust

Le propriétaire et general manager Fred Zollner décide lors de l’inter-saisons suivante de renvoyer Paul Birch pour engager Charles Eckman, alors simple arbitre à l’origine, qui saura responsabiliser le prodige venu de Stanford. Avec un George Yardley enfin dans un rôle de scoreur (deux matches à +30 points et seize à +20 points), aux côtés d’un Larry Foust en double-double de moyenne dans la peinture, les Pistons réalisent une saison monstrueuse en terminant premiers de leur division Ouest dans le sillage de leur duo all-stars (Yardley – Foust). Contrairement à la saison précédente, la NBA a réformé leur système de Playoffs : désormais les leaders des divisions sont automatiquement qualifiés pour les finales de division et les quatre autres équipes doivent passer par un premier tour préliminaire. Après avoir écarté les Lakers en quatre matchs, les Pistons chutent en finales NBA 1955 face au Syracuse Nationals dans une série remplie de suspense qui ira jusqu’au game seven.

« On prend les mêmes et on recommence. », voici la phrase qui collerait le mieux à la saison 1956 des Pistons. Une fois encore, le duo Foust-Yardley retrouve le All-Star Game synonyme d’une solide saison de leur part et la franchise toujours coachée par Charles Eckman termine première de la division Ouest en étant la meilleure défense de la ligue avec seulement 93.7 points encaissés par match. Bien que statistiquement il y ait peu de différences entre la saison précédente et celle-ci, George Yardley commence à prendre confiance en étant bien plus régulier au scoring avec plus de performances dépassant les 20 points et cela se ressent en Playoffs. En effet, Fort Wayne élimine les St Louis Hawks en cinq matchs avec plus de 25 points de moyenne sur la série pour le « Bird » des Pistons qui s’est livré un duel de titans face au légendaire Paul Arizin.

Lors de l’offseason, Zollner renforce son équipe avec un meneur Gene Shue et un pivot canadien Bob Houbregs. Cependant, cette saison 1957 sera particulière à analyser, car le bilan collectif diminue avec moins de victoires au compteur, mais par contre ce sera celle qui marque l’explosion de George Yardley qui endosse un véritable rôle de franchise player avec 21.5 points 10.2 rebonds de moyenne – à la fois meilleur scoreur et rebondeur de l’équipe. L’ailier des Pistons est propulsé parmi les têtes d’affiche de la NBA derrière Bob Pettit, Paul Arizin, Dolph Schayes et Bob Cousy. Fort Wayne joue tout de même les Playoffs mais ne peut guère éviter le piège Minneapolis Lakers en demi-finales.

Quelques anecdotes générales sur les Fort Wayne Pistons et cette NBA des années 50 :

  • Fort Wayne est en réalité une ville située dans l’Etat de l’Indiana qui deviendra les principaux rivaux des Pistons par la suite.
  • Les prix moyens d’un billet pour voir les Pistons de George Yardley étaient entre $1.0 et $5.0 dollars en 1955.
  • Les Pistons jouaient au War Memorial Coliseum qui avait une capacité de 10.000 places – un chiffre astronomique pour la NBA de l’époque.
  • La ligne à trois-points n’existait pas. Et les contres et interceptions n’étaient pas comptabilisés.
  • Le 22 novembre 1950, les Pistons battent les Lakers 19-18 sur un buzzer de Larry Foust (plus petit score répertorié sur un match NBA officiel de l’histoire). Cela entraînera l’installation de la shot-clock violation l’année suivante.
  • Les matchs étaient déjà retransmis à la télévision, longtemps sur une chaîne nommée DuMont (fermée en 1956) puis sur NBC.

L’EXPLOSION LORS DU DÉMÉNAGEMENT A DETROIT

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Les contraintes financières et les tailles de marché sont fréquemment citées pour justifier la relocalisation d’une franchie, et Zollner a dû y faire face alors que les années 60 arrivaient. Fort Wayne n’était pas Boston, Minneapolis ou New-York, une grande ville capable d’attirer la lumière et les fans. La NBA était trop grosse pour Fort Wayne, tout comme elle l’a été avec Rochester, puis Syracuse. Fred Zollner n’a pas eu besoin de regarder bien loin pour trouver le bon endroit. La plupart des pistons qu’il produisait étaient livrés à des entreprises basées à Detroit, à seulement 150 miles de Fort Wayne. Même le nom des Pistons collait avec le cadre de Motor City, comme si l’équipe avait toujours été là.

Pour cette grande première, les désormais Detroit Pistons recrutent le meneur all-star Dick McGuire ce qui porte le nombre de joueurs étoilés dans ce roster à trois avec George Yardley et Gene Shue. Cependant, l’équipe du Michigan doit combler le départ de Larry Foust, cadre important du groupe, parti aux Lakers. Durant cet exercice, l’ailier des Pistons connaît une année historique où il devient le premier joueur de l’histoire de la ligue à scorer +2000 points en une saison (appartenant précédemment à George Mikan). Il termine également meilleur marqueur de la NBA avec 27.8 points (également 10.7 rebonds). Le titre suprême de MVP lui échappe malheureusement à cause de résultats collectifs trop faibles (seulement 33 victoires pour 39 défaites). Detroit retrouve les finales de conférence mais les St. Louis Hawks seront encore une fois un obstacle trop grand.Résultat de recherche d'images pour

L’année suivante, les Pistons décident d’échanger George Yardley au Syracuse Nationals contre Ed Conlin. La légende de Detroit y restera seulement un an et demi avant de prendre sa retraite NBA à 31 ans. En 1961, il tente un bref come-back sur les parquets de la ABA (American Basketball Association) sous le maillot des Los Angeles Jets, une ligue professionnelle concurrente de la NBA fondée en 1971 et présidée par l’ancien joueur George Mikan. Ce championnat se distinguait notamment par des règles plus ouvertes et un jeu résolument tourné vers l’attaque. Lors de la cuvée 1996, George Yardley est introduit au Hall of Fame du basket, le Panthéon de la balle orange. Malheureusement, il nous quitte quelques années plus tard en 2004 à l’âge de 75 ans de la maladie de Charcot  attaquant le cortex cérébral.

ENTREPRENEUR DANS UNE SECONDE VIE 

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Quelques années après sa retraite, George Yardley décide de fermer officiellement son livre NBA pour mettre ses connaissances scientifiques acquises à Stanford au profit de la société. Ainsi, il crée en 1960 son entreprise d’ingénierie spécialisée dans l’amélioration de la sécurité des bâtiments californiens dans les marchés industriels, institutionnels et commerciaux. Au fil des années, Yardley a collaboré avec plusieurs fabricants afin de faciliter la vente de ses systèmes et composants de sécurité. Voilà maintenant plus de cinquante longues années que la George Yardley Company se développe dans tout l’état de la Californie, implantant leur production dans les rues de Los Angeles, Sacramento et San Francisco.

Aujourd’hui, la company emploie des centaines de scientifiques et continue de produire des projets autour de trois valeurs chères aux yeux de George Yardley : proximité, nouveauté et sûreté. En effet, ils attachent une importance capitale à adapter leurs idées et leurs systèmes selon les clients, c’est-à-dire que leurs productions peuvent être modifiées d’après les besoins spécifiques des acheteurs. Yardley voulait éviter un travail à la chaîne où des milliers de produits similaires seraient construits. De plus, les nouvelles énergies et technologies sont utilisées aujourd’hui pour que l’entreprise perdure dans l’ère moderne, tout en étant en avance sur leur temps.

sources images/vidéos : NBA.com, Getty Images, USA Today, ESPN, YouTube, George Yardley Company, Stanford Archives

 

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