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Dans quelques jours, l’édition 2019 de notre chère et tendre ligue NBA ouvrira ses portes pour de nouvelles aventures. Pour le moment, les trente rosters continuent de peaufiner leurs systèmes et rotations au cours de cette pré-saison. Avec le départ de Stan Van Gundy, le propriétaire Tom Gores se devait de reconstruire la franchise dans son intégralité ou presque.

UNE FONDATION STABLE AVEC DWANE CASEY

Suite à une énième saison décevante, Tom Gores a pris la décision difficile certes, mais nécessaire de renvoyer Stan Van Gundy de la franchise. Il fallait donc trouver un nouveau coach mais également un nouveau président des opérations de basket. Quelques jours plus tard, la logique a forcé le propriétaire des Pistons à se séparer du bras droit de Van Gundy, le general manager Jeff Bower. Néanmoins, la stratégie de recherches était claire : plus de double-casquette, Gores voulait au contraire une nouvelle structure profonde et polyvalente.

Limogé par Masai Ujiri et fraîchement nommé coach de l’année, Dwane Casey a paraphé un contrat de cinq saisons dans le Michigan. Difficile de ressentir quelconque regret par rapport au choix de Tom Gores et Arn Tellem. Quand on connaît le manque d’attractivité de la ville, la flexibilité financière faible, les problèmes d’affluence à la Little Caesars Arena ou encore le challenge Griffin-Drummond, cela paraissait presque utopique de se retrouver avec le COY 2018. Même si Casey a été vivement critiqué ces dernières années, il faut reconnaître que son travail de développement à Toronto durant ces sept saisons a été fabuleux. Il était donc normal d’offrir le poste de coach à Casey pour qu’il puisse entamer le même processus à Detroit, au sein d’une franchise qui rêve de stabilité et régularité depuis dix ans. En espérant qu’il parvienne à amener de la constance à ces Pistons.

UNE MISSION DÉVELOPPEMENT POUR LE STAFF

Stanley Johnson, Henry Ellenson, Spencer Dinwiddie ou encore Luke Kennard. La gestion des jeunes joueurs n’a jamais été très stable sous la houlette de Stan Van Gundy. Alors même si ce n’est pas entièrement de la faute de l’ancien coach de Detroit, il faut reconnaître qu’il ne donnait pas souvent des responsabilités importantes aux jeunes et que son processus de développement n’était pas forcément efficace sur le long-terme. A Toronto, la liste des jeunes ayant progressé sous Casey est plutôt longue : Fred VanVleet, Pascal Siakam, O.G. Anunoby, Norman Powell, Deleon Wright, Jakob Poetl… Cela semble donc cohérent de construire un nouveau roster autour d’un coach qui possède les méthodes pour exploiter au maximum le potentiel de certains talents frustrés.

Afin d’apporter les méthodes adéquates pour développer le jeu de certains joueurs, le senior advisor des Pistons Ed Stefanski a recruté avec les conseils de Dwane Casey de nombreux assistants coachs basé sur une idée principale de player development. Ainsi, on retrouve sur le banc : Sidney Lowe dans le rôle d’assistant head coach entouré du jeune Sean Sweeney qui était le coach personnel de Giannis Antetokounmpo à Milwaukee depuis 2013, la légende Tim Grgurich qui est réputé comme étant l’un des meilleurs assistants coachs de l’histoire de la ligue mais aussi Micah Nori qui fut chargé du développement des intérieurs à Denver et D.J. Bakker qui faisait partie du staff de Casey aux Raptors. En conclusion, l’objectif principal des Pistons est précis, il faut développer les joueurs présents dans le roster actuel qui ne risque pas de changer énormément étant donné les finances de la franchise.

UNE PHILOSOPHIE INTERNE MODERNE

Dans les bureaux, il y a également eu de nombreux mouvements et c’est d’ailleurs sur cet aspect que la reconstruction estivale des Pistons est la plus intéressante et cohérente. En effet, durant ces quatre dernières années, Stan Van Gundy possédait (quasiment) les plein pouvoirs décisionnelles à Detroit, avec son bras droit et ami Jeff Bower. Dorénavant, la direction des Pistons est vaste et surtout remplie de conseillers et assistants qui ont tous un rôle attitré par le general manager et président officieux Ed Stefanski (officiellement senior advisor).

Comme l’avait souligné Stefanski lors d’une conférence de presse, l’aspect analytique, statistique et mathématique du jeu NBA prend une place prépondérante de nos jours. C’est dans cette optique que les Pistons ont recruté de véritables petits génies des chiffres à commencer par Sammy Gelfand, celui qui a initié, crée et fait évoluer de toutes pièces le jeu des Warriors pendant cinq ans et enfin Sachin Gupta, un physicien-statisticien de Stanford qui travaillait pour ESPN. Ensuite, Ed Stefanski a recruté l’ancien joueur NBA Malik Rose qui est considéré comme l’un des plus gros potentiels de la ligue en termes de management. Nommé GM de l’année en G-League, il sera chargé du player development pour Detroit. Enfin, le scouting department a également été reconstruit et sera dirigé par Gregg Polinsky qui travaillait avec Sean Marks et Kenny Atkinson aux Nets. Et pour finir, il fallait bien quelques hommes expérimentés pour encadrer cette jeunesse, ainsi Stefanski a appelé ses amis Bernie Bickerstaff et Jim Lynam, deux légendes respectées dans le milieu qui seront de simples conseillers. Même si cette reconstruction peut paraître étrange, elle semble tout à fait correspondre au basket et management moderne en NBA. Une nouvelle page commence dans le Michigan et la préface paraît très éloignée de la philosophie précédente qui était de donner le pouvoir qu’à un seul et unique homme. 

source image : Getty Images

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