10 minutes 4 ans

Cette nuit, Detroit fera face aux Warriors en guise de premier obstacle du chemin tumultueux qui l’attend sur ce mois de décembre. Par la suite, en l’espace de 16 jours, les Pistons affronteront dans l’ordre le Thunder, les Bucks, les Sixers, les Pelicans, de nouveau les Sixers, les Hornets, les Celtics, une deuxième fois les Bucks puis les Wolves. L’occasion de faire le bilan du début de saison des hommes de Casey et d’identifier les atouts sur lesquels les Pistons pourront s’appuyer avant de commencer ce marathon infernal.

Un duo Griffin-Drummond qui fonctionne

Le début de saison de Detroit est sans aucun doute marqué par la proéminence de sa paire d’intérieurs dominante. L’apport statistique et le jeu de Blake Griffin et d’Andre Drummond sont à l’origine du bon démarrage des Pistons. L’ancien Clipper a retrouvé le niveau et le standing qui étaient les siens il y a quelques années et Drummond quant à lui arrive à maturité cette saison avec une domination sans pareille au rebond et une nette progression générale dans tous les secteurs de jeu. Le pivot banalise le 20-20 (au moins 20 points 20 rebonds) et se décide enfin à peser en défense. Bien que les deux joueurs ne se distinguent pas forcement par une énorme complémentarité dans le jeu, ce qu’ils apportent individuellement permet aux Pistons de faire trembler n’importe quelle équipe de la Ligue. Le mois à venir sera donc un bon test pour le duo qui devra prouver qu’il peut rivaliser avec d’autres équipes composées également de deux stars voire plus. L’avantage que présente Griffin et Drummond est la relation très amicale qu’ils entretiennent. Nul doute que cet enchaînement de gros matchs les poussera à se motiver mutuellement sur le terrain et de propager leurs ondes positives à l’ensemble du groupe. Cela ne suffira évidemment pas à gagner tous les matchs, mais réaliser un coup contre une grosse équipe de la Ligue pourrait souder encore davantage le lien entre l’ailier fort et le pivot des Pistons.

Une second-unit déterminante

Autre que le duo intérieur, les Pistons doivent leurs bonnes prestations actuelles à la contribution de son banc. En effet, pour le moment, hormis le poste d’ailier fort occupé par Blake Griffin, tous les autres postes sont doublés de manière efficace. Zaza Pachulia permet de pallier au manque de justesse et d’expérience de Drummond, Ish Smith apporte fraîcheur et tonicité à la place de Reggie Jackson. Quant au rookie Bruce Brown, son profil défensif et athlétique lui permet de grappiller efficacement quelques minutes au shooteur Reggie Bullock. Enfin, Stanley Johnson s’affirme de plus en plus comme le nouveau sixième homme de l’équipe en remplaçant Glenn Robinson III très tôt dans les matchs. L’ailier drafté en 2015 par les Pistons s’épanouit enfin dans le collectif et parvient à apporter toute sa contribution en terme d’énergie, de défense et de drive vers le cercle, le tout avec une nette progression au tir par rapport aux années précédentes (42% cette année contre 36% en moyenne sur ses trois premières saisons). Bien entendu, Dwane Casey n’est pas innocent à tout cela. En effet, le Coach of the Year en titre se distingue par des rotations de mieux en mieux gérées et sa capacité à responsabiliser chacun de ses joueurs. À l’image des Raptors de l’année dernière, les Pistons parviennent à tenir la cadence des matchs avec sa second-unit sur le terrain, ce qui constitue un véritable atout. À noter que les Pistons attendent impatiemment le retour de blessure de leur sophomore Luke Kennard qui représente également une pièce importante du banc. L’importance des remplaçants à Detroit pourrait alors s’avérer être une solution pour les gros rendez-vous à venir. Si Drummond et Griffin perdent leurs match-up, la second-unit sera capable à coup sûr de tenir tête aux remplaçants adverses.

Le Detroit Spirit, une arme de plus

Certes, la bonne forme des Pistons est liée aux performances de son duo et à l’apport significatif du banc, mais certains matchs gagnés dans le money time ont mis en lumière un état d’esprit, une solidarité et un sens du sacrifice qui caractérisent l’équipe depuis le début de la saison. Plusieurs fois les Pistons ont été menés de 10, 15, 20 points mais ne cessent jamais pour autant de croire en une remontée, de se battre les uns pour les autres et de se faire confiance mutuellement. Un état d’esprit exemplaire qui s’était clairement éclipsé sous l’ère Stan Van Gundy mais que le nouveau coach Dwane Casey a su réinsuffler à son équipe et à cette franchise. Cette facette des Pistons 2018-2019 permet non seulement à l’équipe de former un véritable groupe qui vit bien ensemble mais aussi de recréer un engouement autour d’une franchise qui en a cruellement besoin. En effet, une institution légendaire comme les Detroit Pistons se doit de redevenir cette équipe crainte de par son collectif d’hommes, son sens du dévouement et la ferveur de son public. Oui, le Detroit Spirit est une composante de l’histoire de la franchise, et ce début de saison est marqué par cet état d’esprit retrouvé qui permet aux joueurs de tenir la dragée haute aux équipes pourtant mieux armées sur le papier. Ce mois de décembre sera donc l’occasion d’évaluer à quel point la force du groupe à Detroit est importante face aux grosses cylindrées de la Ligue.

Certes, cet enchaînement de matchs difficiles mettra en péril les certitudes du début de saison de Detroit, mais les joueurs peuvent néanmoins avoir confiance en ce qu’ils ont accompli jusqu’à présent. Les Pistons peuvent-ils alors continuer sur cette cadence? Cela paraît compliqué à première vue, mais ils ont dans tous les cas les capacités pour limiter la casse un maximum. À suivre.

source image : Getty Images

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