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Le premier du mois, Pistons France postait un article d’analyse en se demandant si Detroit pouvait continuer sur sa bonne cadence à l’approche d’un mois de décembre infernal au niveau du calendrier. Aujourd’hui, 31 décembre, toute la rédaction de Pistons France et les observateurs ont la réponse : Non. Surpassés par leurs concurrents mieux armés collectivement sur le papier, les Pistons ont très vite montré leurs limites. Au niveau du jeu, les certitudes apportées par le bon début de saison se sont effondrées. Au niveau du coaching, Casey, qui a pourtant fait bonne impression à son arrivée, semble complètement dépassé par les événements. De quoi se demander si Detroit n’entre pas lentement dans un marasme assez inquiétant, à la limite de la crise, le mot est prononcé.

Blake Griffin : trop esseulé ?

Avant d’émettre toute critique qui paraîtrait gratuite ou subjective, il est important de préciser plusieurs choses. Oui, Griffin est un joueur qui, depuis le poste d’ailier fort, tourne à 25 points, 9 rebonds et 5 passes de moyenne à des pourcentages tout à fait honnêtes. Oui, il a permis aux Pistons de gagner des matchs qui semblaient mal embarqués, oui c’est une star de la NBA et oui c’est le joueur le plus talentueux de l’effectif. Tout ceci ne fait pas l’ombre d’un doute. Malheureusement, ce n’est pas ce Blake Griffin dont les Pistons ont besoin. 90% du temps, le nouveau franchise player désigné de Detroit est derrière la ligne à trois points. Maintes et maintes fois sur les possessions offensives, l’ailier fort se retrouve côté faible dans le corner comme un simple arrière shooteur à attendre que l’action se déroule et que le ballon vienne à lui. Le tout en laissant donc Andre Drummond se démener comme un malheureux, seul dans la peinture. Lorsqu’il se retrouve à la création, son jeu en isolation est loin d’être incisif sur la longueur tellement son impact physique n’est plus le même qu’à une époque. Au niveau des choix offensifs, et ceci n’est pas une surprise, Griffin se trompe, rate trop souvent ses transmissions ou force la décision en prenant des shoots beaucoup trop compliqués. Cette année, il perd quatre ballons par match, le plus haut total derrière les intouchables Antetokounmpo, Harden et Westbrook qui jouent toutes les possessions offensives de leurs équipes. À l’heure actuelle, les Pistons n’ont pas seulement besoin de talent, mais de quelqu’un qui sait tenir le ballon, créer pour de bon et faire jouer ses coéquipiers. Or, Griffin en est pour l’instant incapable de manière régulière. Souvent, il ne fait que rattraper ses propres erreurs et son jeu, si il permet parfois de peser dans le match, n’amène aucune structure sur laquelle construire. Le semblant de duo qui commençait à émerger avec Drummond s’est envolé en fumée en ce mois de décembre. Les deux hommes ne parviennent pas à se trouver, du fait que Griffin s’écarte du panier sans arrêt tandis que Drummond est un joueur in the paint. Dire aujourd’hui que Griffin est mauvais serait se méprendre, mais ce qui est certain, c’est qu’il ne parvient pas à être suffisament valuable pour permettre aux Pistons de rivaliser avec les meilleures équipes.

Reggie Jackson : la der des der ?

Que dire du meneur des Pistons en ce mois de décembre. Pourtant en jambes au début de saison, les gros rendez-vous du mois de décembre ont remis en lumière les trop grandes limites de l’ancien joueur du Thunder. Un problème majeur : le QI basket. En attaque, le meneur fait très rarement le bon choix, presque jamais en fait, ce qui provoque perte de balle sur perte de balle et des points en transition faciles pour l’adversaire. Cette année, les Pistons auraient bien eu besoin d’un solide gestionnaire à la mène pour accompagner sa doublette intérieure, et une chose est sûre, Reggie Jackson n’est pas le bon profil pour assumer ce rôle. Ce dernier a pourtant eu ses chances au fil ses années, mais n’a jamais prouvé qu’il pouvait devenir pour de bon le meneur titulaire des Pistons. Certes, l’effectif a été chamboulé, un nouveau coach est arrivé, son rôle et son importance au sein de l’effectif a changé, mais la constante est qu’il ne parvient pas à s’affirmer en tant qu’indiscutable ou encore en lieutenant. Assistons-nous alors à la fin du cycle Reggie Jackson à Detroit ? Au vue de la situation actuelle, il est celui qui devrait faire les frais d’un éventuel remaniement d’effectif d’ici février car mine de rien, son rendement statistique reste honnête (15,2 points, 2,7 rebonds 4,4 passes,). La question sera de savoir qui voudra d’un meneur à l’intelligence de jeu très limitée avec un shoot à la fiabilité très fluctuante. Si Detroit veut bonifier l’investissement réalisé dans la paire Griffin-Drummond, il faudra trouver un meneur digne d’emmener l’équipe avec lui en offrant à l’équipe un véritable jeu collectif, comme on l’aime du côté de Detroit. Le rendement de Reggie Jackson est parfois si terrible que son back-up Ish Smith voire le troisième meneur José Calderon s’avèrent plus utiles que lui dans les matchs ou en tout cas sur certaines séquences où les Pistons ont besoin de poser le jeu et d’apporter davantage de sérénité sur les possessions offensives. Le côté imprévisible de Reggie Jackson aura su pendant toutes ses années de vaches maigres faire lever la salle sur une des actions dont lui seul a le secret. Malheureusement, Detroit aspire aujourd’hui à devenir une équipe de Playoffs à l’Est et à retrouver un temps soit peu sa gloire d’antan, et ceci passera malheureusement pour Reggie Jackson par un autre meneur que lui.

Dwayne Casey : un meneur d’hommes, et quoi d’autre ?

Au début de la saison, la rédaction de Pistons France s’enhardissait de l’état d’esprit que le coach avait su apporter à ses joueurs dans l’approche des matchs et dans la mentalité. Souvent, les Pistons étaient menés dans les matchs mais parvenaient à revenir notamment grâce à la responsabilisation des joueurs de banc par Dwane Casey. Detroit semblait avoir retrouvé un fighting spirit qui s’était évaporé sous l’ère Van Gundy. L’esprit d’équipe et la bonne mentalité affichée par les joueurs sur le parquet présageait de belles choses pour les Pistons version Dwane Casey. Malheureusement, le mois de décembre est venu tout mettre en ruines. Avec un bilan de 11 défaites pour 4 victoires, Detroit a chuté lourdement face à des équipes bien plus fortes. Face au Thunder, l’équipe a déjoué. Face aux Bucks, l’équipe a déchanté. Face aux Sixers, l’équipe a peiné. Face aux Pacers, elle s’est écroulée. Certes, il serait facile de mettre tout sur le dos du coach comme on le fait souvent dans d’autres sports, il est important de préciser que cet effectif est l’oeuvre de son prédécesseur Stan Van Gundy. Casey a dû reprendre ce roster là et n’a sûrement encore pas eu le temps de le connaître assez pour pouvoir en tirer quelque chose de bon. Néanmoins, l’effectif actuel n’y est pour rien dans la pauvreté du jeu offensif et dans les largesses défensives. En attaque, c’est simple, soit on cherche à tirer à 3 points, soit on tente quelque chose au hasard. Malheureusement, mise à part Bullock, aucun joueur du cinq de départ n’est réellement fiable de loin. Cette année, Detroit est dans le top 5 des équipes qui tirent le plus derrière l’arc (34 tirs en moyenne par match) derrière Atlanta, Milwaukee, Boston et bien sûr Houston. Certes, le fait de miser sur le tir de loin était le projet initial et annoncé par le nouveau coach, mais lorsque au bout de 34 matchs, Detroit affiche le pire pourcentage de toute la Ligue (32,6%), il serait sûrement plus judicieux de varier le jeu. Pourquoi ne pas utiliser davantage Drummond en attaque ? Pour l’instant, le pivot ne sert qu’à poser des écrans et à prendre des rebonds offensifs étant donné que ses coéquipiers sont condamnés à shooter (mal) à trois points. Le coach de l’année en titre doit avoir en tête que les joueurs qu’il a à disposition actuellement ne sont pas du même profil que ceux qu’il avait à Toronto. A lui de redoubler d’inventivité ou alors de discuter avec son front office d’un éventuel remaniement d’effectif afin de récupérer des joueurs qui se prêteraient davantage à sa vision du basket-ball.

Le remaniement d’effectif, justement parlons-en !

Les prestations pitoyables (c’est le mot) des Pistons sur ce mois de décembre ont fait vivement réagir les fans sur la Twittosphère en demandant que l’effectif soit remanié significativement. Chez les fans, tout s’accordent à peu près pour dire que Reggie Jackson doit s’en aller étant donné son rendement et son salaire exorbitant. Le désaccord se trouve davantage sur Andre Drummond. À l’heure actuelle, il est le seul à montrer de l’envie et à peser sur les matchs. Certes, il reste frustre en attaque et son incapacité à shooter est un réel problème, mais il est le seul à défendre correctement et avec agressivité. Au début des matchs, il est celui qui donne le ton en apportant son impact physique dès les premières minutes. Sa capacité à gober les rebonds est aujourd’hui un atout indispensable pour n’importe quelle équipe tellement la fréquence de shoots a augmenté. Aujourd’hui, Drummond est un joueur qui connaît son rôle et ses propres limites, au contraire par exemple de Blake Griffin. Le pivot donne la sensation d’être un véritable lieutenant en NBA et qu’il suffirait d’une star capable de marier son jeu au sien pour pouvoir aller loin. De ce fait, l’hypothèse d’un trade incluant Andre Drummond serait une erreur, sauf si bien sûr le nouveau front office décide de tout recommencer à zéro. Ce qui est certain en tout cas, c’est que le back-court de Detroit est bien trop faible pour espérer quoi que ce soit. Malheureusement, la flexibilité financière quasi nulle ne permet pas l’arrivée d’un autre gros joueur. Néanmoins, si les Pistons sont disposés à céder leurs tours de draft, Reggie Jackson et Jon Leuer qui sont les plus gros salaires derrière le duo intérieur, il serait possible d’être attractif sur la prochaine free agency. À suivre, mais les Pistons n’ont plus le choix, si l’équipe veut viser plus haut, elle doit d’une manière ou d’une autre se renforcer sur les lignes arrières.

Parler de crise serait sûrement trop tôt, mais le fait est que Detroit est en fâcheuse posture avant d’aborder la nouvelle année. Avec un bilan de 16 victoires pour 18 défaites, Detroit doit absolument relever la tête. Les mauvaises prestations récentes ont dû certainement apporter le doute dans la tête des joueurs et la trade deadline approche à grands pas, de quoi se poser encore plus de questions. Motor City n’est pas en crise, mais doit maintenant prouver à ses fans et à ses concurrents qu’elle en a encore sous le capot.

source image : USA Today

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