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Ça y est, le compte à rebours est lancé. D’ici moins de deux mois, la NBA reprendra enfin ses droits au plus grand bonheur des fans. L’occasion pour la rédaction de Pistons France de faire le point sur les principales recrues et ce qu’elles pourront apporter de plus à Detroit par rapport à la saison dernière. Premier client : Tony Snell.

Profil du joueur :

  • Prénom/Nom : Tony Snell
  • Date de naissance : 10/11/1991
  • Poste : Arrière-Ailier
  • Taille/Poids : 2m01 – 97 kg

Commençons donc par un abonné de la Central Division. En effet, après trois saisons à Chicago puis trois autres à Milwaukee, Snell va donc poursuivre sa carrière à Detroit. Arrivé en échange de Jon Leuer, que peut-on espérer alors de ce role player confirmé de NBA et quel rôle aura-t-il dans la rotation des Pistons ? La réponse dans notre analyse.

Pas un crack, mais une valeur sûre

L’avantage d’avoir Tony Snell dans ses rangs, c’est de pouvoir compter sur un joueur qui fera ce qu’on lui demande sans faire de chichi. En effet, au fur et à mesure de sa carrière, le natif de Watts en Californie, conscient de ses qualités et de ses limites sur un terrain de NBA, a su adapter son jeu et son apport pour le bien de son équipe. En ce sens, il entre tout à fait dans les plans du management de Detroit qui est sans cesse à la recherche de joueurs coachables et travailleurs. C’est tout à fait le profil de Tony Snell. Chez les Bucks, ses deux premières saisons ont été très importantes pour lui puisqu’il a été très souvent titularisé, ses caractéristiques plaisant beaucoup au coach d’alors, Jason Kidd. À cette époque donc, Tony Snell avait le mérite d’être un titulaire dans une équipe non pas rôdée comme les Bucks d’aujourd’hui, mais dans une équipe de Playoffs tout de même. Ce n’est qu’avec l’arrivée de Mike Budenholzer sur le banc des Daims que Tony Snell verra son rôle changer. En effet, il sort du cinq majeur et devient un élément important du banc des Bucks. Un changement assez compliqué à gérer pour un joueur en général. Passer de titulaire à septième voire huitième homme est parfois difficile à encaisser car le temps de jeu diminue forcément et le rôle attribué est souvent moins valorisant. Pourtant, pour Tony Snell, tout s’est passé comme sur des roulettes. Bon certes, il est toujours plus facile de performer dans un effectif pléthorique coaché par Bud et mené par un MVP comme Giannis Antetokounmpo que dans une équipe plus faible, mais force est de constater que l’ancien Bull a accepté sans broncher son rôle en sortie de banc et a contribué comme tous ses coéquipiers au succès des Bucks sur la dernière saison régulière. En effet, Tony Snell a participé à 74 matchs de son équipe (seulement 12 dans le cinq majeur) et a compilé des statistiques tout à fait honorables d’un remplaçant d’une bonne équipe de NBA : 6 points, 2 rebonds, 1 passe à 45% au tir dont un joli 40% derrière l’arc. Typiquement des stats de bon sniper en sortie de banc. Sans compter évidemment son apport défensif régulier qui ne se voit pas dans les chiffres mais qui a contribué à l’assise défensive des Bucks tout au long de la saison 2018-19. En somme, Detroit vient de mettre le grappin sur un arrière-ailier bon shooter, conscient de ses qualités et réguliers dans ses prestations, que ce soit en tant que titulaire ou en tant que remplaçant. Et croyez-nous, du shooting, de la défense et de la régularité, c’est une denrée rare chez les Pistons aujourd’hui.

Des qualités utiles day one

Effectivement, les Detroit Pistons version 2018-19 manquaient cruellement de constance au shoot et de régularité dans les performances, et le recrutement de Tony Snell est censé venir combler aussi bien qu’il le peut ces manquements. Sur le back-court, la faible adresse des joueurs du roster s’est trop faite sentir la saison dernière, du fait de l’arrivée de Dwane Casey et de son affection pour le tir longue distance. L’année dernière, Detroit se classait sixième de toute la NBA en terme de tirs à trois points tentés. Le problème, c’est que la franchise du Michigan a terminé la saison à une pauvre 22ème place en terme de pourcentage de réussite. Un écart qu’il faut absolument réduire dès la saison prochaine. Pour avoir scrupuleusement regardé une bonne partie des matchs des Pistons la saison dernière, nous pouvons vous affirmer que cette maladresse chronique de loin a été un des éléments les plus frustrants dans le jeu des Pistons imposé par Dwane Casey. Tellement frustrant pour les fans que rien que le fait de voir Reggie Bullock partir à la deadline a été perçu comme une perte considérable tellement ce dernier était le seul de l’effectif capable de trouver un tant soit peu son rythme de loin. En effet, sur les postes extérieurs, aucun n’a réellement su tirer son épingle du jeu au shoot : Reggie Jackson est capable d’étincelles mais reste encore aujourd’hui un streaky shooter, Bruce Brown a énormément de progrès à faire là-dessus et reste à l’heure actuelle un défenseur agresseur de cercle tandis que Glenn Robinson III n’était pas du tout un shooter, c’est le moins que l’on puisse dire. Il aura fallu attendre l’arrivée du placardisé du Heat Wayne Ellington et d’un sursaut d’orgueil de Kennard à quelques encablures de la fin de saison pour retrouver un semblant de régularité sur le tir extérieur. De ce fait, Tony Snell semble être non pas la recrue idéale (n’exagérons rien) mais en tout cas un joueur qui saura faire progresser à minima l’équipe dans ce secteur de jeu. De plus, avec Luke Kennard qui semble avoir désormais pris ses aises dans l’effectif, les Pistons pourront alors compter sur deux shooters naturels sur le postes 2 et 3, une phrase qu’il nous était impossible de prononcer depuis pas mal d’années à Detroit. Tony Snell s’inscrit donc dans la grande lignée des 3-and-D role player de NBA. Une mission certes limitée mais nécessaire voire indispensable dans la NBA moderne. Detroit n’avait pas ce profil et a su saisir l’occasion offerte par les Bucks. Tout reste désormais à prouver pour le joueur dans le Michigan.

Titulaire ou remplaçant ?

La question que l’on se pose après tous ces arguments est la suivante : Tony Snell doit avoir sa place dans le cinq majeur ou doit-il continuer à performer en sortie de banc ? Tout va dépendre des choix de Casey bien entendu, mais est-ce que le joueur peut prétendre être titulaire ? La réponse est oui et l’argument principal peut être le suivant : l’apport défensif. En effet, si Snell maintient sa bonne adresse au tir et qu’il est capable de fournir des efforts continus en défense, on ne voit pas qui pourrait lui faire réellement concurrence sur le poste 3, à moins d’une adaptation express de Sekou Doumbouya dès la reprise. Le joueur doit d’autant plus être conscient de l’opportunité qui s’offre à lui à Detroit puisqu’il arrive dans une équipe qui manque de joueurs de son profil. Nul doute qu’il saura mettre en oeuvre son hygiène de travail irréprochable et son expérience à l’entraînement pour taper dans l’oeil de Dwane Casey et décrocher rapidement une place de titulaire. De plus, Snelly va sur ses 28 ans et entre donc gentiment dans son prime. Le moment est donc venu pour lui de démontrer qu’il a les épaules pour assumer un rôle important dans une équipe qui vise la postseason. C’est en tout cas ce qu’on lui souhaite, à lui et à Detroit plus généralement. Maintenant, il faut tout de même garder en tête que l’ancien des Bucks reste un joueur limité et un peu juste pour un titulaire inamovible. Pourquoi pas alors l’intégrer au cinq majeur pour le sortir rapidement dans le match au profit d’un Sekou Doumbouya afin de limiter un trop plein de minutes pour Snell et à la fois développer le rookie ? Cela semble être une solution envisageable. Non pas que le 20ème choix de la Draft 2013 soit un point faible dans une équipe, mais le voir jouer plus de 25 minutes me semble tout de même excessif dans une équipe qui vise les Playoffs. En résumé : titulaire oui, indiscutable non. Il faudra au cours de la saison mettre en place une rotation solide sur le poste 3 afin d’être le plus performant possible sans devoir nécessairement établir de hiérarchie trop importante. Dans tous les cas, la signature de Tony Snell ne pourra faire que du bien aux Pistons étant données les qualités du joueur et les besoins de la franchise. Ne reste maintenant qu’à lui attribuer un rôle précis pour que le joueur puisse s’éclater dans la Motown. Mais ça, ce sera à Casey et à son staff de s’en charger. Quant à nous, le mieux que l’on puisse faire, c’est l’encourager et espérer qu’il nous régale. Sans oublier le petit détail qui tue, Tony Snell sera potentiellement agent libre l’été prochain s’il décide de décliner son option joueur à 12 millions de dollars. Un détail certes, mais on sait par expérience que les joueurs sont toujours un poil plus motivés quand il s’agit d’aller chercher un beau contrat à la fin de l’année. C’est pas son nouveau coéquipier au numéro 1 qui lui dira le contraire, hein Reggie ?

Source image : USA Today

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