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Troisième et dernière analyse de nos trois principales recrues en vue de la saison 2019-20. Après Tony Snell et Markieff Morris, finissons donc en beauté avec un MVP, une icône de sa génération sous le maillot des Bulls désormais prêt à défendre les couleurs de Detroit. Oui, tout est possible en NBA. Autant de hype que d’interrogation autour de ce joueur. Mesdames et messieurs, Derrick Rose.

Profil du joueur :

  • Prénom/Nom : Derrick Martell Rose Sr
  • Date de naissance : 04/11/1988
  • Poste : Meneur de jeu
  • Taille/Poids : 1m91 – 91kg

En voilà une arrivée qui peut redonner un peu d’allant à une franchise comme les Pistons que peu de gens suivent ces dernières années. Avant tout, Derrick Rose est un joueur qui amène de la hype, peu importe où il passe et son niveau de jeu. Nous parlons ici d’un joueur dominant de NBA qui a vu sa carrière chuter à cause de blessures à répétitions. Or, le talent et la renommée, eux, ne sont jamais redescendus. Mais à part de la visibilité et de la hype, que peut-il réellement apporter aux Pistons ?

Un franchise player à sa manière

Précisons directement le fond de notre pensée avec ce titre : Derrick Rose n’est plus un franchise player dans le sens propre du terme. Il n’est plus le joueur qui prend l’équipe sur ses épaules, amène la franchise en Playoffs et dont tous les fans se reposent pour espérer voir leur équipe gagner. Non, cette époque-là de Derrick Rose est révolue. En revanche, il est un franchise player dans le mental, dans le respect qu’il inspire chez ses coéquipiers comme chez ses adversaires. À Detroit, il y a beau y avoir Blake Griffin ou Andre Drummond, le joueur le plus populaire est sans aucun doute Derrick Rose. Aujourd’hui, ce dernier, n’est plus seulement un vétéran en perte de vitesse qui tente de se refaire une santé en fin de carrière. Non, le nom est là, les exploits sont inoubliables et la célébrité qu’il a acquise est impérissable. Dans ce sens, on peut dire que Detroit a mis la main sur un joueur au talent intrinsèque hors norme mais également sur un homme qui saura parler à ses coéquipiers, les conseiller, les aider, leur apprendre. Il sera donc un franchise player dans le sens où son rôle dans le vestiaire – si tant est que tout se passe normalement – sera bénéfique sur tout le groupe et qu’il pourrait faire progresser la franchise, comme le fait Blake Griffin actuellement en tant que joueur-franchise dans le sens noble du terme. Oui, Derrick Rose a cela en lui. Comment ne pas se réjouir de la signature d’un joueur qui a tutoyé les sommets de la NBA individuellement et collectivement avec ses Bulls du début des années 2010 ? Comment ne pas imaginer à quel point il pourrait être utile au quotidien pour des joueurs extérieurs comme Reggie Jackson, Luke Kennard voire même Bruce Brown ? En dehors de ce qu’il pourrait donner sur le terrain, l’ancien des Wolves semble avoir tellement à donner en coulisses, lui qui a tout vécu dans sa carrière. Même les tauliers du vestiaire comme Blake ou Andre ont de quoi apprendre d’un joueur comme lui. Il pourrait par exemple discuter genou avec Blake et donner quelques tips à Drummond pour être plus régulier dans ses performances et plus exigeant à l’entraînement. Bref, vous l’aurez compris, dans la vie d’un groupe qui vient seulement de retrouver les Playoffs, assez jeune et sans réelle expérience du haut niveau, Derrick Rose pourrait être un réel atout, un peu comme l’était un Zaza Pachulia la saison passée. Seulement, l’ancien des Bulls pourrait, à l’inverse du Géorgien, apporter beaucoup plus dans le jeu des Pistons.

Du talent à revendre : mais comment l’utiliser ?

Derrick Rose a un don pour le basket, c’est clair. Mais ça ne suffit pas pour être performant en NBA. Aujourd’hui, le meneur est à un moment assez particulier de sa carrière. En effet, lorsque tout le monde le donnait pour fini, il vient justement de sortir d’une courte saison très convaincante du côté de Minnesota. Miné une fois de plus par les blessures, il n’a participé qu’à 51 matchs de la régulière, compilant 18 points, plus de 4 passes et presque 3 rebonds de moyenne en 27 minutes de jeu, à des pourcentages plus ou moins corrects. Sous la houlette de Tom Thibodeau, le MVP 2011 a retrouvé son basket et son amour pour le jeu qui semblaient perdus depuis son départ des Bulls. Aujourd’hui, il arrive aux Pistons avec l’étiquette d’un joueur retrouvé et affûté. Maintenant, reste à savoir comment Dwane Casey va le responsabiliser dans l’équipe mais aussi et surtout comment le corps de Derrick Rose va répondre. L’année dernière, beaucoup se sont arrêtés sur son bon début de saison et sa pointe à 50 points face au Jazz, mais il ne faut pas oublier que les blessures ont comme toujours mis un frein à sa progression et que cette épée de Damoclès est encore au dessus de la tête du joueur, malheureusement. Cela dit, lorsqu’il tient sur ses deux jambes, Derrick Rose est redevenu une menace offensive, un créateur et un finisseur hors pair, un diamant brut sur le parquet. Et cela, il faut à tout prix que le coach s’en serve. Pour être tout à fait honnête, Derrick Rose n’est pas réellement le profil de joueur dont les Pistons avaient besoin. Pas forcément un joueur de pick and roll qui plairait à Drummond, pas forcément un passeur extraordinaire ni un gestionnaire dans l’âme, des qualités qui manquent pourtant à l’effectif. Or, il serait dommage de sous-utiliser un joueur de ce talent sous prétexte qu’il ne se prête pas forcément aux idées de Dwane Casey. L’arrivée de Rose doit dans tous les cas améliorer le jeu des Pistons, peu importe son rôle et son statut dans l’équipe. Ce sera un beau test pour le coach qui devra prouver qu’il est capable d’intégrer le joueur pour y apporter une valeur ajoutée même si les caractéristiques de ce dernier ne sont pas idéales pour son basket. La mission du coaching staff sera de le mettre dans les meilleures dispositions pour l’équipe, le reste ne tiendra qu’au joueur.

Et son rôle ?

Justement, on y vient. Déjà, disons deux choses : Rose a 31 ans, ce qui n’est pas vieux mais pas tout jeune non plus. De plus, il a signé fin juin un contrat de 15 millions de dollars sur 2 ans aux Pistons, un salaire correct mais pas mirobolant. Cela signifie que tout talentueux soit-il, Rose ne doit pas devenir le meneur titulaire des Pistons day one. N’en déplaise aux fans du joueur, l’ancienne star de Chicago est désormais contraint d’être limité en temps de jeu et responsabilisé correctement pour pouvoir continuer d’être performant et de nous offrir ses coups d’éclats dont tout le monde est encore friand aujourd’hui. D’un autre côté, le talent intrinsèque du joueur ne doit pas être brimé, sous-utilisé. Du coup, son rôle semble tout trouvé en tant que sixième homme. Les Detroit Pistons version 2019-20 auront Derrick Rose comme sixth man, la phrase est belle non ? Pourquoi ne pas imaginer le numéro 25 en sortie de banc avec un temps de jeu conséquent autour des 20-25 minutes pour corriger les inconstances répétées de Reggie Jackson ? Cela paraît tout à fait intéressant. De plus, avec le départ d’Ish Smith vers Washington, les Pistons pourraient pallier le départ de ce dernier dans ce rôle avec l’avènement de Derrick Rose en tant que premier remplaçant. Le rôle semble lui aller, le contexte et la responsabilité aussi. Pour nous c’est un grand oui. Dans cette configuration, il aura le temps de jeu nécessaire pour être utile à l’équipe, il pourra exploiter un maximum de ballons sans pour autant abuser et risquer de se retrouver à l’infirmerie au bout de dix matchs. En outre, il pourra avoir une réelle légitimité sur le terrain avec ses coéquipiers. En effet, il est toujours plus facile d’élever la voix ou en tout cas de se faire entendre lorsqu’on est sixième homme que lorsqu’on joue 5 minutes par match en bout de banc. En tout cas, le talent et le nom du joueur en NBA ne feront que du bien à un effectif des Pistons en quête constante de progrès. La hype vient d’elle même, mais l’important, c’est le terrain, et il est certain que les conditions sont réunies pour voir Derrick Rose s’éclater sous le maillot de Detroit. On a déjà hâte, pas vous ?

source image : Zone Coverage

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