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La pré-saison est désormais terminée et si les conclusions hâtives n’ont absolument leur place chez Pistons France. Certaines observations méritent d’être analysées, du moins mises en avant. L’heure de revenir sur des clefs, des points à retenir à quelques jours de la saison régulière. 

Le duo Derrick Rose – Luke Kennard annonce la couleur

Signé pour deux saisons cet été, Derrick Rose a débarqué à Detroit sa valise remplie d’excitation et de hype. Assez logique pour ce qu’il représente dans la Ligue, mais aussi pour son style de jeu toujours aussi agressif et rapide. Si  l’utilité de Ish Smith était évidente, force est de reconnaître que le MVP 2011 est plus talentueux et expérimenté, bien qu’il soit plus fragile. La pré-saison avait surtout comme but principal d’observer l’intégration de Rose dans le système des Pistons et surtout son niveau affiché.

Durant la préparation, une chose a sauté aux yeux : les prémices d’une belle relation semble naître avec Luke Kennard. Le match face à Dallas où la paire a combiné 39 points en sortie de banc en est la parfaite illustration. Le potentiel offensif qu’ils ont affiché, à la fois sur le plan collectif comme individuel tend à nous faire pense que ce duo pourrait bien devenir une arme bien létale de la second unit. La rapidité et la capacité à drive de Derrick Rose, mélangées à l’efficacité au shooting ainsi qu’aux capacités au playmaking de Luke Kennard rendent le potentiel de ce banc très intéressant.

Christian Wood, la belle surprise de la pré-saison

Presque devenu une tradition sur la planète NBA, la pré-saison reste une période où des jeunes joueurs sans contrat garanti explosent durant les matchs de préparation au point de faire hésiter certains dirigeants. C’est exactement le scénario que vit actuellement Christian Wood à Detroit. Alors que le dernier spot du roster était quasiment assuré au vétéran Joe Johnson. La tendance s’est renversée de manière surprenante mais plutôt logique si on observe les prestations du pivot lors des dernières semaines.

Tournant à 13.2 points 7.2 rebonds en seulement 17 minutes de moyenne, Christian Wood a fait preuve d’une efficacité insolente derrière Andre Drummond. Il a montré toute l’étendue de sa panoplie offensive : des coast to coast, des dunks explosifs, des putbacks et même des trois points ouverts à des spots différents. Défensivement, sa large envergure lui a permis de réaliser des gros contres à plusieurs reprises tout en sécurisant les rebonds défensifs. Sur le papier, avec les impressions laissées durant cette pré-saison, Wood semble être un backup tout à fait solide (bien plus que Zaza Pachulia, Boban Marjanovic ou Eric Moreland) dans un secteur bien vide où Andre Drummond apparaît comme le seul véritable pivot. Une good story qui pourrait bien faire le bonheur de Detroit.

Tim Frazier rassure dans un rôle à ne pas sous-estimer

Arrivé à Detroit pour le minimum, Tim Frazier a le profil parfait de la recrue discrète qui ne fait pas énormément de bruit estival dans une free agency toujours très mouvementée et concentrée logiquement sur les stars et les grosses écuries. Cependant, a posteriori, en analysant le roster des Pistons, tout paraît plus logique.

Dans une NBA moderne, le poste de meneur n’est plus seulement important mais indispensable, surtout à Detroit avec deux meneurs sujets aux blessures comme Reggie Jackson et Derrick Rose. Durant la pré-saison, Dwane Casey a offert beaucoup de minutes à Tim Frazier, notamment lors du dernier match lorsqu’il fut titulaire face à Charlotte : une grande réussite avec 15 points et 12 passes. Il a confirmé les bonnes impressions en prouvant qu’il pouvait avoir un impact rassurante en cas de grosses blessures de ses coéquipiers. Hormis Beno Udrih, difficile de trouver un troisième meneur de cette qualité dans l’histoire récente des Pistons (José Calderon, Steve Blake, John Lucas III, Lorenzo Brown, Jameer Nelson…) 

Une adresse extérieure qui soulève des interrogations 

Avec une réussite de 34.8% derrière l’arc, les Pistons possédaient la saison passée une réussite honorable mais jugée encore trop friable par Dwane Casey qui attend un plus grand échantillon de shoots tentés. Néanmoins, on peut encore judicieusement se demander si les Pistons ont assez d’artilleurs, de spécialistes du domaine pour espérer réaliser une grosse saison from deep.

En effet, durant la pré-saison, les mêmes impressions persistent concernant les mêmes joueurs. Langston Galloway sait tirer à trois-points mais il représente plus un pyromane irrégulier : capable d’être gelé comme brûlant. Tout dépend des soirs. Le reste est composé de shooteurs corrects et solides sans être insolents (Snell, Rose, Jackson, Morris…) Seul Luke Kennard fait figure de véritable sniper. La crainte de l’inconstance au shooting plane encore sur le Michigan. Surtout dans cette Ligue où le tir à trois-points est une religion.

Un playmaking collectif rempli de promesses

Une bonne attaque repose sur un collectif huilé par une polyvalence dans la gestion du ballon. D’ailleurs, Dwane Casey a mis l’accent sur ce point durant tout le training camp : stop au « all in Blake Griffin » de la saison passée qui fatiguait la star des Pistons, obligée de se coltiner des prises à deux, voire à trois durant les matchs serrés. Pour l’aider dans la gestion, le coach de Detroit pourra compter sur de nouveaux éléments.

A l’issue de cette pré-saison, nous pouvons décemment dire que les Pistons ont bien plus de playmakers dans leur roster. Il faut souligner la progression de Bruce Brown dans ce domaine que nous avons pu observer en Summer League mais aussi ces dernières semaines. Auquel il faut ajouter Derrick Rose et la responsabilisation de Luke Kennard qui s’est chargé d’initier des systèmes lors de certains matchs récents. Sans oublier, Andre Drummond qui reste un intérieur capable de ressortir le ballon efficacement pour de précieuses relations intérieur-extérieur.

Deux role players à l’impact capital ?

Dans un cinq majeur, il faut savoir entourer ses cadres de solides role players réguliers et polyvalents. Si Blake Griffin et Andre Drummond risquent, chacun dans leur domaine de prédilection, réaliser leurs chantiers individuels, certains éléments devront parfaitement les compléter. Lors de la préparation, Tony Snell a prouvé, de par son profil de long ailier assez inédit ces dernières saisons à Detroit, que les Pistons pourront compter sur lui pour shooter à trois-points, driver efficacement vers le panier ou encore utiliser son envergure en défense. Un couteau suisse utile à souhait.

S’il ne devrait pas être titulaire, Markieff Morris jouera le rôle plus ou moins similaire que celui de Tony Snell mais dans la second unit afin de simplifier la tâche de Derrick Rose et Luke Kennard qui auront les plus grandes responsabilités offensives. Le frère Morris représente dans cette optique l’engrenage discret mais indispensable et complet de ce banc pour maximiser leur apport. Agressivité, efficacité au poste, shoot extérieur solide, attitude de guerrier… Tous les ingrédients d’une recette explosive.

source image : AP

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