17 minutes 3 ans

Quatre victoires pour neuf défaites. Après treize matchs de saison régulière, les Pistons ne répondent pas aux attentes et sont plus que jamais dos au mur. La faute aux trop nombreuses absences ? Il y a forcément un peu de ça, mais Dwane Casey est loin d’être étranger à ce mauvais début de saison de Detroit.

Malgré le fait que les attentes étaient revues à la hausse côté Pistons pour la saison 2019/2020, les hommes de Dwane Casey sont pour l’instant dans le flou total et ne réussissent pas à proposer du contenu cohérent. Le coach est désormais plus que remis en question, et dans plusieurs domaines :

Une attaque stéréotypée et sans idée

Beaucoup d’éléments sont à revoir pour Dwane Casey en ce début de saison. Or si il y en a bien un à rectifier et au plus vite, c’est sans aucun doute l’animation offensive de l’équipe. Déjà, comme la saison dernière, l’ancien coach des Raptors est fidèle à ses convictions et s’entête à mettre le tir extérieur comme arme principale en attaque. Dans l’absolu pourquoi pas puisque les Pistons ne sont que 24èmes de la Ligue concernant le nombre de tirs du parking tentés par match cette année avec 29.8 et se classent premiers de toute la Ligue au pourcentage de réussite avec 40.5%. Pourquoi critiquer Dwane Casey me direz vous? Car ce pourcentage de réussite est biaisé puisque dès lors que l’adversaire a pris la mesure de Detroit dans la défense du tir extérieur, les hommes de Dwane Casey sont complètement déboussolés. Nous l’avons constaté à Miami, contre Minnesota, à Chicago ou encore à Washington. Encore heureux que Detroit est adroit jusqu’à maintenant car si ce n’était pas le cas, peut-être que l’équipe aurait un bilan encore plus négatif qu’il ne l’est déjà. En effet, la variété de jeu est inexistante et surtout, les deux monstres dans la peinture sont mal utilisés, aussi bien l’un que l’autre. Griffin doit se contenter de faire de l’isolation en face up ou post-up tandis que Drummond n’a plus reçu de ballons sur pick and roll depuis belle lurette, ses écrans servant uniquement à libérer un shooteur ou créer un décalage. Comment négliger autant deux joueurs ? D’autant plus que ce sont les deux plus talentueux du roster. Certes le duo a sa part de responsabilité dans ce naufrage, mais les systèmes offensifs sont du ressort du coach et n’importe quel joueur, aussi fort soit-il, ne peut performer convenablement si le jeu n’est pas fait par et autour de lui. Et c’est malheureusement ce qui se passe actuellement chez les Pistons de Casey. Un jeu d’une pauvreté abyssale qui donne beaucoup trop de responsabilités à des joueurs censés être des role players et qui permet à l’adversaire de s’adapter très rapidement en cours de match. Pas étonnant de voir combien de fois la franchise du Michigan a mené dans un match pour au final se faire remonter. Faute à un fond de jeu prôné par la vision unidimensionnelle de son coach qui fait que l’adversaire n’a que très peu de difficultés pour défendre et contrecarrer les plans des Pistons. Mais si il n’y avait que ça. La saison passée déjà, Casey avait mis le tir de loin comme base de son jeu, une base qui avait déjà ses limites mais qui était compensée par une défense plutôt en place et concentrée. Mais qu’en est-il cette saison ?

Une défense en friche

C’est l’une des malheureuses nouveautés des Pistons de Dwane Casey. Une défense catastrophique, sans envie et sans réelle intelligence censée être menée par un Drummond qui passe son temps à faire des fautes plutôt qu’à défendre efficacement son cercle. En ce début de saison, les Pistons présentent le 27ème defensive rating de la Ligue. Une stat à faire pâlir toute la Pistons Nation. Déjà, le fait de voir cette difficulté à défendre est un coup porté à une institution comme celle de Motor City qui a toujours historiquement été réputée comme une équipe dure, pas facile à manœuvrer. Et cette année? Open bar tous les soirs. En moyenne, Detroit encaisse 112.2 points par match et n’a réussi à contenir qu’une seule fois son adversaire sous les 100 points, face à Indiana lors d’une victoire 96-94. Sinon, on est proche du néant en terme de solidité et de rigueur défensives. Un aspect que Casey a d’ailleurs tout récemment pointé du doigt. Et il fait bien puisque vu la pauvreté offensive, il va falloir absolument se remettre à défendre si l’équipe ne veut pas continuer à creuser encore un peu plus vers le fond du classement. D’ailleurs, le travail à fournir semble être partout. Sur les extérieurs, seul Bruce Brown est à peu près capable de défendre de manière régulière et efficace. Luke Kennard est en souffrance sur presque tout type de joueur, Tony Snell quant à lui est plutôt correct mais n’a pas réellement le profil all-around capable de défendre sur plusieurs postes. Sans compter Galloway et Rose qui sont des attaquants exclusifs. À l’intérieur, Markieff Morris censé apporter du hustle et de la défense contribue pour l’instant davantage en attaque qu’ailleurs. Enfin Andre Drummond, attendu comme un pilier défensif cette année est incapable de défendre sans faire trois fautes au bout de 10 minutes. Tout cela mis bout à bout fait que la défense globale est mauvaise et que Dwane Casey n’arrive plus à inculquer cette envie et cette détermination dont aurait besoin l’équipe. Or, le technicien des Pistons y est pour beaucoup car au final, c’est aussi lui qui a décidé du roster et il savait pertinemment que les profils présents dans l’équipe actuellement allaient beaucoup plus servir en attaque qu’en défense. Du coup, les Pistons sont aussi mauvais en attaque qu’ils sont démunis et mal coachés en défense. Cette impuissance des deux côtés du terrain nuit autant aux résultats qu’au lien entre les joueurs et le coach. En effet, l’impression qui s’en dégage est que l’harmonie n’y est plus. Casey ne tient plus ses hommes et ces derniers semblent souvent perdus, sans guide, livrés à eux-mêmes. Et d’ailleurs, lorsqu’on est nul en défense et en attaque, il faut bien des rotations dramatiques pour couronner ce funeste spectacle. On en parle ?

Des rotations qui interrogent

Allez, c’est le dernier aspect à traiter et ton procès sera terminé Dwane. Que dire des rotations de Casey en ce début de saison? Pour sa défense, il est vrai que de devoir composer avec autant d’absents et sans meneur pendant quatre matchs est très difficile. Or, trouver un équilibre et s’y tenir ne doit pas non plus être aussi compliqué pour un coach NBA digne de ce nom. Que de décisions prises avant ou en cours de match qui ont plombé l’équipe. On se souvient par exemple de la titularisation de Rose face à Minnesota alors que ce dernier avait trouvé un superbe rythme de croisière en sortie de banc. En outre, le cas Christian Wood – Thon Maker est également à relever. L’ailier fort originaire de Long Beach est à chaque fois impactant et utile dès qu’il rentre. Pourtant, Casey insiste avec le soudano-australien qui est pourtant en grande difficulté depuis le début de la saison. C’est parfois à croire qu’il ne voit pas les matchs de la même façon que nous autres. En dehors des rotations, les temps morts sont d’ailleurs à souligner. En effet, Detroit doit être l’une des seules équipes à être encore moins bonne après un temps mort qu’avant. Lorsque les Pistons encaissent un run, le timeout de Casey n’y change rien puisque le run continue de plus belle. Un aspect qui paraît être symptomatique d’une équipe malade qui ne parvient même plus à suivre les consignes du coach, comme si eux-mêmes n’y croyaient plus ou n’étaient tout simplement pas convaincus par les idées prônées. Tout paraît fait au hasard, le COY 2018 semble avoir décidé des rotations en septembre dernier, s’y tient contre vents et marées et semble incapable de lire un match et de s’y adapter en faisant des rotations mieux senties. Et même lorsque cela arrive, on a l’impression que c’est juste de la chance. À aucun moment Casey tente de surprendre son adversaire en proposant un cinq plus osé. Il ne tente rien, n’impose rien à l’adversaire, se contente de faire souffler ses joueurs et d’en mettre d’autres, mécaniquement. Espérons qu’avec le retour de Blake Griffin puis des autres dans les semaines à venir, il saura trouver non seulement un équilibre à sa rotation mais également de proposer des remplacements capables de provoquer un déséquilibre chez l’adversaire. Le travail à fournir semble titanesque et les bases sur lesquelles les Pistons sont partis sont plus que bancales. Au coach de remonter la pente pour remettre son équipe dans le droit chemin.

En tout cas, les Pistons sont dans un marasme sans nom et Dwane Casey est clairement dans l’oeil du cyclone. Est-il l’entraîneur idoine pour les Pistons? Sur ce qu’on a pu voir jusqu’à présent, non. L’idéal serait de profiter d’un playbook offensif plus varié mettant davantage en valeur les qualités du duo Griffin-Drummond tout en proposant une défense d’équipe cohérente. Deux choses que l’ancien technicien des Raptors est totalement incapable de faire. Le temps commence à presser et les Pistons ne peuvent plus se permettre autant de faux pas et de contre-performances. Casey a encore la confiance du front office pour l’instant, mais pour combien de temps ?

source image : sportsnet.ca

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