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En cette période de all-star break, qui marque plus ou moins la moitié de la saison régulière, on peut enfin faire les comptes pour les Pistons. Comme toute saison, on peut trouver des arguments positifs, et d’autres négatifs. Retour donc sur une saison 2019/20 en demi-teinte, au bas mot.

La saison en elle-même, le déroulement jusqu’à maintenant

Les attentes étaient nombreuses début octobre 2019. En effet, forts d’une régulière 2018/19 soldées par des playoffs, malgré le sweep, les Pistons avaient réussi à montrer qu’ils étaient capables de faire un gros run afin d’accrocher une place qualificative pour les phases finales. De plus, le mercato estival, bien que discret, avait quand même amené un renforcement concret de l’équipe, avec les arrivées de Derrick Rose et de Markieff Morris par exemple. Malgré les problèmes de blessures des cadres Griffin et Jackson, le poste de meneur paraissait plus fort qu’auparavant, et le choix de Sekou Doumbouya plaçait encore plus d’espoir en cette équipe. Ainsi, avant le commencement, certains optimistes annonçaient les Pistons dans les places 5/6 de l’Est, mais tous les observateurs s’accordaient sur une présence en playoffs qui semblaient garantie.

Sauf que, la saison ne s’est pas déroulée ainsi. Dès le début, certains matchs sont lâchés contre des équipes inférieures, comme les Hornets ou les Bulls, entre autres. Mais le principal problème de ce début de saison fut les blessures : le retour du franchise player Blake Griffin pour quelques matchs n’avait montré que l’ombre de The Quake, rien à voir avec ce qu’on avait pu voir l’année dernière. De plus, la blessure d’un Kennard qui était un joueur clé du système a renforcé le manque de profondeur dans le Michigan. Aucune vraie série de victoires, donc des rumeurs de reconstruction, et de transfert des cadres qui sont arrivées très tôt cette saison, et qui ont donc abouti au transfert d’Andre Drummond il y a deux semaines. Après ce bref résumé des attentes, et du déroulement de la saison, il est temps de passer à une analyse plus précise.

Les bons côtés de cette année

Bon, objectivement, tout le monde sera d’accord sur la déception que représente cette saison. Néanmoins, on peut quand même développer certains aspects bénéfiques, et qui présagent du bon pour l’avenir. Tout d’abord, le développement des jeunes joueurs en général est sûrement ce qui saute le plus aux yeux (ndlr : vous trouverez un article plus complet sur les jeunes joueurs sur le site). Que ce soit Bruce Brown, Christian Wood, Svi Mykhailiuk ou Sekou Doumbouya, les jeunes sont ancrés dans l’équipe. En plus, sachant que l’heure est à la reconstruction, il ne devrait pas y avoir d’entrave à leurs progrès. Mention spéciale pour Wood, qui continue de s’affirmer depuis le départ de Dre, lui qui fut signé à la place de Joe Johnson pour le 15ème spot de l’effectif; et également un mot pour Luke Kennard, qui a montré qu’il n’était pas qu’un joueur de banc au début de saison, avant de se blesser et de manquer cruellement à l’équipe.

Mais s’il n’y avait qu’un joueur à retenir dans l’effectif, monsieur Derrick MVP 2011 Rose. Candidat all-star, meilleur marqueur de l’équipe, première option offensive indiscutable, premier créateur de l’équipe, décisif dans certaines séquences importantes, leader dans le vestiaire, mentor pour les jeunes, que dire de plus sur D-Rose. Qu’il soit associé à un meneur défenseur comme Bruce Brown, à une gâchette comme Svi ou Kennard, ou alors dans un système avec deux handlers avec Jax, Derrick a toujours, ou presque, sorti des prestations satisfaisantes. Sans lui, on peut imaginer que l’équipe pointerait à un rang encore pire que la douzième place actuelle. Sujet à des rumeurs de transfert les semaines avant la deadline, avec notamment un interêt des Lakers, l’ancien Bull est finalement resté dans le Michigan, avec encore un an et demi de contrat. A voir s’il passera l’été, ou s’il sera transféré.

Les moins bons côtés de cette année

Alors, autant les satisfactions sont peu nombreuses, autant les déceptions… Par où commencer? Oui, les attentes étaient sûrement trop hautes, oui l’effectif est encore jeune, des excuses, on peut en trouver. Mais de là à arriver à ça… L’objectif playoffs ne paraît déjà plus atteignable, et nous ne sommes qu’à la mi-février. L’effectif a clairement descendu en gamme depuis le départ de Drummond, no disrespect Brandon Knight et John Henson.

L’effectif d’ailleurs, parlons-en. Trop de lacunes sur trop de postes. A la mène, hormis Rose et Brown, rien de très satisfaisant. Les performances de Jackson sont bien trop irrégulières depuis son retour, et même s’il est un gestionnaire correct, Frazier n’apporte pas assez offensivement. Le poste d’arrière était correct avant la blessure de Kennard. Depuis, Svi fait sa part du travail, Galloway également en sortant du banc. Sur l’aile, on a vu l’émergence de Sekou, très irrégulier, mais prometteur néanmoins. A part ça, Tony Snell ne rend que rarement une copie intéressante. Et la raquette, qui était l’année passée la plus grande force des Pistons, semble aujourd’hui sa plus grande faiblesse. Même si Andre était toujours très bon avant son transfert, il semblait bien seul. Seul Wood, que nous avons évoqué plus haut, était à un niveau intéressant. Parfois, Markieff Morris sortait de sa zone et posait quelques chiffres, alors que le dernier intérieur, Thon Maker, fait une saison plus que difficile en tous points.

Hormis l’effectif, on a aussi pu constater des problèmes dans le jeu en lui-même. Le manque de créateurs purs fait cruellement défaut à l’équipe : Rose doit combler ce manque en plus d’assurer le leadership offensif. A part Rose, Frazier assure parfois, et certains joueurs peuvent parfois être utilisés comme créateurs sur certaines séquences, comme Svi ou Brown. En outre, la défense est également à remettre en question. Brown est le seul défenseur pur, Wood et Doumbouya sont solides parfois, mais il manque un vrai patron, un vrai protecteur de cercle dans la raquette. Enfin, le majeur problème de l’équipe reste sûrement cette irrégularité qui caractérise tant de joueurs de l’effectif. On peut mettre ça sur le compte de la jeunesse, mais tout n’est pas excusable. Les joueurs sont professionnels et doivent donc être plus concentrés.

Pour conclure, cette saison sera évidemment un échec pour l’équipe du Michigan. Malgré les développements prometteurs des jeunes joueurs, et la satisfaction du seul véritable cadre, l’équipe semble ne pas y croire. Seules les déclarations de Svi Mykhailiuk montrent un minimum d’esprit de compétition, mais l’équipe n’est pas au niveau des concurrents. La fin de saison risque de se poursuivre de la même manière, il faudra attendre la draft, et la saison prochaine pour voir les choses changer à Motor City.

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