13 minutes 3 ans

Alors que la saison NBA baigne toujours dans un certain flou, dès que l’on s’intéresse à la franchise de Detroit, une question vient rapidement en tête : Dwane Casey est il l’homme de la situation ?

Arrivé après une énième désillusion en Playoffs avec les Raptors, le coach de 62 ans a été choisi à l’été 2018 pour tenter quelque chose et faire passer un cap à l’équipe des Pistons. Bilan après 2 saisons ? Un sweep logique au premier tour face aux Bucks, et une saison plombée par les blessures et les départs, MAIS, aussi avec un coaching de piètre qualité. Alors, que faire ?

Situation la plus probable : rien ne change

Restons un tant soit peu réalistes et analysons clairement la situation. Dwane Casey a, il ne faut pas l’oublier, signé un contrat de 5 ans quand il est arrivé, chose plutôt importante quand on connaît tous les mouvements au sein de la ligue; en signant ce contrat, Detroit se voyait déjà sur le long terme avec lui. Autre chose non négligeable, le front-office a l’air de parfaitement bien s’entendre avec l’entraîneur, comme on peut le voir avec une relation, à priori, saine à tous les niveaux. Enfin, et c’est sans doute l’élément qui pèse le plus dans la balance, Dwane Casey a cette réputation pour être un excellent développeur de jeunes talents, tout cela grâce à ce qu’il a construit à Toronto, nous en parlerons plus tard. Je ne vous apprends rien, mais les Pistons sont bel et bien dans une situation de reconstruction avec énormément de jeunes joueurs (Bruce Brown, Svi Mykhailiuk, Sekou Doumbouya etc). En considérant tout cela, il y a peu de chances que l’entraîneur s’en aille cet été, après seulement deux saisons, dont une qui a vu le projet mis en place changer du jour au lendemain et ce, en pleine saison.

Situation peu probable et pourtant logique : l’entraîneur s’en va.

Commençons par dire qu’il n’y a eu aucune rumeur, en tout cas un minimum sérieuse, quant à l’hypothétique départ du coach. Néanmoins, et c’est notre rôle en tant que fans d’avoir ce regard extérieur sur la situation, quand on s’y intéresse, le fait de l’envisager n’est en aucun cas un blasphème.

Pour débuter, il faut déjà regarder sur ce qui a construit sa réputation, à savoir son long passage à Toronto. Arrivé en 2011 et limogé en 2018, Dwane Casey est l’homme derrière la franchise canadienne durant la décennie 2010. Quand on se penche de plus près sur ce qu’il a accompli, on se rend compte que, oui, il a réussi à emmener son équipe en Playoffs au bout de 3 ans et ce jusqu’à son limogeage, mais qu’en fin de compte, il possédait un groupe bon voire excellent pour ses dernières années mais qui n’a jamais réussi à passer un cap mental pour s’imposer et aller vraiment loin. Les exemples les plus criants, sont bien évidemment les deux sweeps humiliants face aux Cavs de LeBron, en demi-finales de conférence.

Deuxième point important est qu’il faut certes souligner son travail accompli avec la franchise canadienne, mais qu’il faut néanmoins nuancer sa « fameuse » aptitude de développement des jeunes joueurs. Quand le coach arrive en 2011, Lowry a déjà 5 bonnes saisons NBA dans les jambes, et DeRozan vient de terminer sa deuxième saison. Avoir un des meilleurs backcourts (en saison régulière) de la décennie aide beaucoup à construire une équipe, et l’influence du coach est certes présente, mais n’est pas absolument primordiale. Quant à Siakam (explosion sous Nurse), qui est souvent apparenté à un « bon coup » de Casey, n’oublions pas qu’il tournait à 4 et 7 points de moyenne durant les deux saisons sous les ordres du coach, et ce, en ayant de bonnes minutes tous les soirs.

Ce petit retour en arrière était essentiel pour comprendre que Casey n’est pas spécialement l’homme de la situation pour la reconstruction de la franchise, et donc un projet sur plusieurs années. L’homme, âgé pour ce poste, disons-le, a une méthode de travail « à l’ancienne » avec des entraînements très longs, qu’il prône comme étant la meilleure façon de développer des joueurs. Ce dernier parle souvent d’insuffler une mentalité propre à toute l’équipe, qui joue et défend dur, mais malgré les mots, force est de constater que la mayonnaise ne prend pas du tout si vous me permettez cette expression un peu nulle. On sent que les joueurs respectent le coach, mais on sent également qu’ils ne l’écoutent pas forcément, ce qui est problématique.

Lors de sa première saison, le coach a pu compter sur un Griffin stratosphérique, auteur de sa meilleure saison en carrière, qui a porté l’équipe sur son dos. Nous avons tous vu l’année dernière les séquences où le plan de jeu était : donner la balle à Blake et on verra après. Cette saison fut différente. Blake était blessé, avec d’autres joueurs importants comme Kennard et Jackson, et la stratégie offensive fut absolument inexistante sur beaucoup de rencontres. Cela peut se pardonner avec un coach jeune, qui vient d’arriver dans la jungle de la NBA, mais en aucun cas pour un entraîneur qui coache depuis 1980.

En cas de départ, qui choisir ?

Malheureusement c’est sans doute le point le plus délicat concernant ce possible remplacement de coach. La liste est, courte, voire inexistante. Il y a bel et bien ce doux rêve qu’est Kenny Atkinson, mais quand on connaît la non attraction que dégage cette franchise, par rapport à l’équipe mais aussi plus globalement à la ville entière et la situation économique qui est catastrophique, sans parler de toutes les offres que l’ancien coach des Nets va recevoir cet été, on comprend assez vite qu’il n’y aura aucune possibilité pour qu’il vienne. Et pourtant, ce serait exactement le profil dont Detroit a besoin. Il y a bien aussi Jerry Stackhouse, mais c’est fort peu probable qu’il quitte l’université de Vanderbilt, qu’il vient de rejoindre cette saison. Dave Joerger est un nom intéressant également, lui qui a fait un excellent travail à Memphis et Sacramento, notamment sur l’installation d’une mentalité propre à ses équipes, chose que Detroit a cruellement besoin depuis tant d’années. Difficile néanmoins d’envisager cette option…

Dans le cas où Casey reste, la prochaine saison sera essentielle et très importante pour lui comme pour la franchise. Il n’aura aucune excuse, il connaîtra le projet et son groupe dès le premier match. Si, encore une fois, le coaching n’est pas au rendez-vous, et l’identité de l’équipe n’est toujours pas trouvée, il faudra sérieusement penser à l’option d’engager un nouveau coach – peut-être plus jeune et avec d’autres façons de travailler.

source image : CTV Canada

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