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Dans le flou depuis déjà plusieurs semaines, les franchises NBA ont encore du mal à appréhender leur propre futur. A Detroit, l’exercice 2019-2020 a d’ailleurs été le théâtre de l’amorce d’une reconstruction totale. Mais quand tout sera revenu à la normale, avec quelle approche de jeu les Pistons devront revenir sur le terrain dès la saison prochaine ? En fonction du roster, quelle identité la franchise du Michigan devra tenter d’afficher ? La réponse ici en détails.

L’inconnue Blake Griffin

Comment parler d’identité de jeu à Detroit sans parler de l’ailier fort ? En 2018-2019, Quake avait pris les rennes de l’équipe en la portant sur ses épaules jusqu’en Playoffs. Aujourd’hui, même s’il est blessé et que ses dernières sorties sous le maillot des Pistons étaient loin d’être flamboyantes, il demeure sans contestation possible le joueur le plus fort et le plus talentueux du roster intrinsèquement. De ce fait, sa présence ou non sur le parquet lorsque Detroit joue est un facteur fondamental quant à l’identité de jeu prônée par l’équipe. Au moment où nous écrivons ces lignes, l’ancien Clipper est en pleine convalescence et compte avant tout retrouver une forme physique décente avant de pouvoir revenir sur les parquets. Du coup, en terme de réflexion vis-à-vis de l’identité, la franchise reste encore accrochée au dilemme sur le retour ou non de Griffin au plus haut niveau. L’équation est simple, si le numéro 23 se remet correctement de sa blessure, les Pistons auront tout intérêt à développer un jeu autour de lui. Et ce pour deux raisons : la première car tout simplement il sera le meilleur joueur et que toute équipe normalement constituée s’appuie sur son élément le plus dominant pour tenter de gagner, et la deuxième car comme dit plus haut, Detroit est en pleine reconstruction, ce qui signifie que si Griffin revient en forme, il faudra tout faire pour qu’il évolue à un haut niveau dans le but de trouver ensuite un trade avantageux pour les Pistons qui pourront éventuellement récupérer des assets importants en cédant un Griffin performant. Dans ce cas de figure, l’identité de jeu est donc quasiment toute trouvée : beaucoup de systèmes pour Griffin, beaucoup d’isolations, de post-up etc.. En gros, ballon à Griffin et poussez-vous. Bien entendu, si ceci devait se produire, ce serait le scénario parfait car Detroit pourrait s’appuyer sur un joueur dominant pour la saison 2020-2021 pour tenter de gagner un minimum de matchs mais pourrait en plus de cela envisager une reconstruction facilitée par un Blake Griffin performant et donc intéressant sur le marché. Une épreuve de pile ou face en somme. Reste à savoir comment Blake Griffin reviendra de son énième blessure en carrière et si son genou désormais usé presque meurtri pourra ou non répondre positivement aux joutes de plus en plus intenses de NBA. En effet, si son propre corps a définitivement raison de lui, Dwane Casey devra davantage se creuser la tête pour trouver une nouvelle identité viable et séduisante pour Detroit la saison prochaine.

Wood, Sekou, Kennard : comment faire jouer tout ça ?

Comme dans tout nouveau cycle d’une franchise, une identité de jeu claire et assumée doit être mise en place pour faire évoluer les jeunes de l’équipe tout en essayant de produire un basket qui tient la route durant toute une saison. Cette année, Detroit a pu observer l’éclosion certaine de Christian Wood, l’une des seules vraies satisfaction de 2018-2019. Même si la question de sa prolongation n’est pas encore réglée, nul doute que le front-office ainsi que le coach avec qui il a noué un vrai lien de confiance et d’affection voudront le voir de nouveau dans le Michigan la saison prochaine. Si c’était le cas, l’identité de jeu devra tourner autour de lui mais également autour des autres jeunes joueurs à développer, notamment Brown, Kennard et Doumbouya. Si on devait imaginer une nouvelle culture à adopter, il faudrait trouver le point de rencontre basketballistique qui lie tous ces joueurs. Pour nous, il semble clair : le jeu rapide. En effet, Christian, Luke, Bruce et Sekou ont chacun des qualités différentes mais se retrouvent tous autour d’un élément : le jeu rapide. En effet, Kennard sait se placer rapidement en transition ainsi que lancer des contre-attaques rapides grâce à son QI élevé et sa qualité de passes. Bruce quant à lui, si son tir n’est pas encore fiable, a démontré plus d’une fois son goût pour les remontées de balle rapide et son agressivité au cercle. Le Français s’épanouit également depuis le début de sa jeune carrière dans le jeu rapide, la vitesse, la puissance, la polyvalence et la dimension athlétique. Enfin, Wood s’inscrit parfaitement dans la lignée des intérieurs modernes avec une mobilité au dessus de la moyenne et où ses qualités de rim runner pourraient faire le plus grand bien à son équipe. Avec tout cela, il ne faut pas omettre que les Pistons accueilleront un nouveau joueur lors de la Draft 2021, et avec un peu de chance dans le top 5. LaMelo Ball ? Obi Toppin ? Deni Avidja ? Aucun moyen de savoir aujourd’hui qui ira garnir les rangs de la franchise du Michigan, mais il faudra en tout cas faire le maximum pour lui donner un espace dans lequel il pourra s’exprimer. Dans tous les cas, le reste du roster, peu importe de qui il sera composé, devra s’adapter au style de jeu fait pour la jeunesse de la franchise. Bien sûr, cette identité de jeu rapide en transition ne se fera pas sans une rigueur défensive obligatoire, et rien ne prouve encore que ce sera cette façon de voir le basket-ball qui verra le jour dès le début de la saison prochaine, mais c’est une idée comme une autre. Reste à savoir maintenant comment Casey et son staff réfléchira sur ce sujet, mais nous savons en tout cas combien l’ancien coach des Raptors est doué pour faire briller les équipes en reconstruction.

Défendre coûte que coûte

Non pas que l’on veuille jouer les nostalgiques en parlant de la défense en tant que fans de Detroit, mais le constat est clair. Peu importe la composition du roster pour la saison prochaine, il sera plafonné niveau talent par rapport à celui des autres équipes. Du coup, au basket, quand on est as capable de marquer plus de points que l’adversaire, il faut faire en sorte d’en encaisser moins. Oui, Detroit devra obligatoirement se remuer en défense pour tenter de gagner des matchs. A première vue, cela semble déjà très compliqué. En effet, à part Brown qui est un spécialiste du domaine, les autres devront redoubler d’efforts pour proposer une adversité honnête face aux mutants qui se présentent chaque soir sur les parquets NBA. De plus, les Pistons devront pour la première fois depuis huit ans commencer la saison régulière sans la présence de Andre Drummond dans la raquette, autrement dit sans sécurité au rebond ni dissuasion dans la raquette, ni protection de cercle. Dur. De ce fait, Casey aura la lourde tâche avant même de réfléchir à un jeu offensif viable, de mettre en place une assise défensive collective tactiquemennt et physiquement. Bien sûr, comme chaque année et pour chaque franchise, certaines matchups seront insurmontables pour les Pistons en fonction de l’équipe en face, mais il faudra en revanche être capable de jouer efficacement de ce côté du terrain face aux équipes contre lesquelles ils seront en mesure de défendre. A défaut de compter sur le QI défensif et l’expérience, Detroit pourra miser sur l’énergie et la dimension athlétique pour tenter de poser des problèmes aux équipes adverses. Si les hommes de Casey parviennent alors à défendre de manière correcte, l’identité de jeu proposée plus haut semble presque logique : défendre dur, et courir en transition à chaque fois que cela sera possible. En effet, aucun joueur du roster hormis Griffin et Derrick Rose n’est capable de créer pour lui-même ou de marquer efficacement en situation de un contre un. Du coup, il faudra tout faire en équipe, en défense comme en attaque. En effet, il est aujourd’hui difficile d’imaginer un joueur au-dessus des 20 points par match l’année prochaine. Le sens du collectif et de l’entraide devra être au centre des entraînements. Et après tout, retrouver de la dureté, de la rigueur et du jeu collectif à Detroit qui permettrait de gagner un minimum de matchs malgré la faiblesse du roster, cela ne pourra qu’attirer enfin un peu de monde à une Little Caesars Arena qui sonne toujours aussi creux. Joueurs, coach, staff et front office, il y a du pain sur la planche, mais Detroit sera dans tous les cas obligée de repartir de l’avant en retrouvant une identité nouvelle !

source image : Création de JeffreyBelve

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