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Depuis plusieurs jours, la rédaction de Pistons France se démène en coulisses pour vous proposer un dossier très large sur la reconstruction entamée à Detroit. Et s’il y a beaucoup de choses à traiter au sujet du jeu et du roster, il existe d’autres paramètres extérieurs sur lesquels Ed Stefanski et ses dirigeants auront du boulot, à commencer par la salle. La Little Caesars Arena écume de nombreuses moqueries depuis son ouverture en septembre 2017. 

Zoom sur la situation

  • 2018 : 82.9% (29/30)
  • 2019 : 78.5% (30/30)
  • 2020 : 75.9% (30/30)

Ci-dessus les taux de remplissage de la Little Caesars Arena depuis sa construction et son ouverture en septembre 2017. Une baisse qui ne risque pas de s’arrêter aujourd’hui étant donné les probables futurs résultats des Pistons lors des prochaines saisons. Si nous avons pu avoir quelques bons souvenirs malgré tout (les deux matchs de Playoffs face aux Bucks, la rencontre face aux Sixers ou aux Rockets l’année passée…), la plupart du temps la franchise du Michigan encaisse – à juste titre – de nombreuses moqueries et autres trolls sur les réseaux sociaux. En même temps, il faut dire que les Pistons l’ont quand même bien cherché pour se ridiculiser publiquement : ils ont décidé de changer la couleur rouge vive des sièges en noir sombre pour que la misère soit moins flagrante à la télévision, ils ont passé une cassette vidéo mimant des applaudissements sur les enceintes de la salle… Des solutions plus ridicules les unes que les autres pour cacher le véritable problème à défaut de s’y attaquer.

Pourtant, le salle est l’une des plus modernes, propres, confortables et grandes de toute la NBA (selon un sondage auprès des médias nationaux de sports) qui a coûté presque un milliard de dollars à construire. Située en plein centre-ville, elle permet de ramener du monde, de redynamiser un quartier capital et de créer des emplois, ce qui est économiquement très bien pour Motor City. Malheureusement, les soirs de matchs NBA, les fans ne sont pas au rendez-vous – assez regrettable quand on voit le potentiel de l’enceinte complète (des dizaines de boutiques, restaurants, bars placés à l’intérieur…)

Les raisons de ce marasme

Quand une situation devient à ce point désastreuse, les raisons sont logiquement nombreuses. Dans un premier temps et la plus évidente, les résultats de l’équipe depuis trois ans ne sont pas excellents malgré une qualification en Playoffs et ce ne sont ni Blake Griffin, ni Derrick Rose ou Andre Drummond qui sont parvenus à changer la donne. Ensuite, même si Detroit a baissé ses prix (3ème moins chers de la NBA), les consommations et les places de parking restent excessifs pour une ville aussi pauvre que Detroit. Sans oublier la politique tarifaire qui est toujours aussi illogique dans sa construction : il peut y avoir jusqu’à quinze ou vingt dollars d’écart pour deux places côte à côte sur la même rangée ou face à face d’une autre tribune). Cela créé de nombreux trous vides dans les gradins avec cette impression de « petits clans » formés de part et d’autre. Et enfin, la Little Caesars Arena peut accueillir pas moins de 21 000 personnes pour un match de basket faisant de cette salle la plus vaste de la ligue avec l’United Center des Bulls. Difficile de remplir autant de places dans une ville si peu attractive que ce soit en termes d’habitants (672  662 en 2018) ou de touristes annuels.

Néanmoins, un espoir subsiste : les taux de remplissage des Detroit Red Wings (équipe de hockey qui partage la LCA avec les Pistons) sont plutôt corrects, bien que les résultats ne soient pas non plus au rendez-vous. Cependant, pour des raisons techniques, la salle réduit sa capacité à 19 515 places pour le hockey, ce qui est donc plus facile à remplir. Les fans des Pistons ont juste besoin de retrouver des ingrédients excitants qui les forceront à venir mais lesquels ?

  • 2017 : 100.0% (11/31)
  • 2018 : 98.0% (17/31)
  • 2019 : 95.9% (17/31) 

Des solutions possibles ?

En soit, il est difficile d’énumérer de véritables solutions concrètes, déjà parce que l’aspect du marketing sportif est un domaine bien plus complexe à comprendre et à maîtriser qu’on ne pourrait le croire. Et l’autre raison est avant tout pragmatique car tout le monde s’accorde à dire qu’il n’y a pour le moment rien de positif et possible pour corriger ce problème. En effet, la ville de Detroit est loin d’être la plus peuplée et riche des Etats-Unis (seulement 672  662 habitants en 2018 et 3.8 millions banlieues comprises), le basket-ball n’est pas le sport favori à Detroit (le hockey restant le plus suivi) et la situation économique de la ville, bien qu’en progression, n’est pas encore stable. Un vilain cercle vicieux, des sables mouvants dans lesquels sont engouffrés les Pistons depuis plusieurs années. Baisser les prix ? Mettre en vente plus de packs familiaux ? Donner plus d’invitations aux associations ?

Une seule solution paraît aujourd’hui possible : la création d’un projet de reconstruction alléchant basée sur les valeurs et l’identité de la ville. Les fans de Detroit font probablement partie des plus attachés à leur histoire, qui ne viennent voir leur équipe que si elle représente ce qu’ils sont : une équipe au statut d’underdogs qui se bat et joue ensemble. Est-ce suffisant pour retrouver les sommets rapidement dans cette NBA en 2020 ? Peut-être pas mais au moins cela aiderait à réconcilier la fanbase et l’équipe. Prenez l’exemple des Grizzlies récemment ou même des Kings avec leur projet de Young Super Team imaginé par Vlade Divac : certes les résultats ne sont pas encore réguliers mais l’excitation du projet a ramené une médiatisation et un intérêt grandissant des fans. Voilà peut-être la clef d’une légère progression mais pour cela il ne va pas falloir se rater lors des prochaines Drafts.

source image : Création de JeffreyBelve

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