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Si la question du roster reste l’élément principal et important de la reconstruction des Pistons, le renouveau peut aussi parfois passer par une révolution sur le banc de touche, ou pas. Alors faut-il continuer à faire confiance à Dwane Casey ? Son entourage ? Y a-t-il des ajustements à faire ? Si oui lesquels ?

Casey encore d’actualité ?

On en parle presque trop peu mais quoi de plus essentiel et important que le coach dans une franchise qui décide d’entamer un nouveau cycle. Hormis si on s’appelle Philadelphie et qu’on décide de troller la régulière en attendant des cadeaux à la Draft, les franchises courageuses elles, s’efforcent de retrouver un élan par le développement de joueurs, la réinvention d’un style de jeu et aussi il faut bien l’avouer, les talents émanant de la Draft. Et dans ce processus, le coaching prend une place prépondérante. La question est donc de savoir si Dwane Casey a les épaules pour assumer une reconstruction pénible d’une franchise comme les Detroit Pistons qui est encore dans un flou assez épais. À première vue, l’expérience de l’ancien des Raptors et sa réputation de coach formateur proche de ses joueurs fait de lui un client très intéressant pour guider les Pistons des années à venir. Certes, les limites de son approche tactique souvent trop stéréotypée et prévisible peut être un frein dans la progression des joueurs sur le terrain. Mais dans le même temps, Casey a prouvé qu’il n’avait pas peur de chambouler ses cinq majeurs, donner des responsabilités à des joueurs selon le déroulement d’un match et de faire du mentorat en créant des liens forts avec certains, comme avec Christian Wood notamment. De plus, il semblerait risqué de remercier un coach dans une période aussi délicate que celle que vit Detroit aujourd’hui. En effet, l’arrivée d’un nouveau coach ne garantirait en aucun cas une amélioration significative dès la saison prochaine compte tenu du roster très plafonné en terme de talent. Du coup, pourquoi se séparer d’un coach qui connaît les qualités et le défauts de son groupe et qui a derrière lui une expérience de deux saisons avec son staff ? En fait, sauf occasion à ne pas manquer en cas de recrutement d’un nouveau coach, il est difficile d’identifier réellement un profil plus intéressant que Dwane Casey dans le contexte actuel des Pistons. Parfois, reconstruction peur rimer avec continuité sur certains aspects. Et pour ce qui est du coach, la continuité semble être la voie la plus raisonnée et sécurisée pour l’avenir de la franchise étant donné le profil de Casey, ce qu’il a montré en terme de développement de joueurs et ce qu’il pourrait apporter à son roster d’un point de vue mental, autrement dit de la stabilité.

Un staff pas assez qualitatif ?

Si la présence rassurante et essentielle de Dwane Casey n’est pas à remettre en question, on pourrait tout de même se demander si le staff de ce dernier ne manquerait pas un peu de qualité compte tenu de la jeunesse du roster. Même si on a tendance à balayer d’une main le travail des assistants coachs de NBA, la présence de ces derniers est souvent importante dans les situations de reconstruction. En effet, lorsque de jeunes prospects sont à la recherche de réponses quant à leur potentiel et se demandent où ils doivent appuyer pour se faire une place en NBA, le staff dans son entièreté a un rôle important a jouer. Et aujourd’hui, on peut se demander si les assistants de Casey ne sont pas un peu trop justes pour assurer un parfait encadrement de la jeunesse Pistons. Sean Sweeney, l’un des assistants de Casey, a montré des qualités déjà à Milwaukee (proche de Giannis) mais semble trop peu expérimenté pour guider un effectif si plafonné en terme de talent. Sidney Lowe quant à lui, peut amener son expérience de vieux briscard des bancs NBA mais n’est pas réputé pour être un grand assistant coach. Or, le staff se doit de tourner à plein régime afin de pouvoir développer au maximum les talents de l’équipe. Le dernier assistant Coach Micah Nori semble en revanche être un bon élément étant donné son passage intéressant chez les Nuggets de Mike Malone où il a pu aider à développer les jeunes joueurs de Denver que l’on peut admirer aujourd’hui. Mais maintenant, il faut qu’en relai de Dwane Casey, Detroit trouve un assistant reconnu pour son travail avec les jeunes. Un nom qui paraît tout trouvé est celui de Lloyd Pierce. Plus tellement en odeur de sainteté à Atlanta, il a tout de même su faire s’exprimer les minots d’Atlanta sur le terrain de manière très intéressante. Les résultats ont été très moyens mais ce serait une aubaine si les Pistons parvenaient à le convaincre de revenir à un poste d’assistant après son expérience de head coach en demi-teinte. En effet, son bon feeling avec les jeunes joueurs ainsi que son expérience dans le coaching engrangée chez les Hawks pourrait mettre Detroit dans les meilleures conditions pour sa reconstruction. Bien entendu, cet exemple reste très hypothétique et inventé, mais l’idée est de dire que Detroit ne peut pas se permettre de se lancer dans du développement de joueurs sans s’entourer d’un staff solide, compétent et qui sait où aller. Après, Dwane Casey sera de toutes façons l’homme providentiel mais plusieurs cerveaux sont toujours mieux qu’un seul lorsqu’il s’agit de dicter la voie à suivre pour des jeunes joueurs comme Sekou Doumbouya, Bruce Brown, ou encore Christian Wood. À suivre mais le travail sera ardu pour le staff de l’ancien coach des Raptors.

Un bouleversement à prévoir ?

Ceci dit, la vérité du terrain finira par balayer ou non nos analyses faites au préalable. Après tout, si Casey et son staff ne parviennent pas à imaginer un style de jeu adapté et que les jeunes ne se développent pas du tout, il ne faudra pas exclure un bouleversement à ce niveau. Si l’actuel coach des Pistons est pour l’instant un profil intéressant, il n’est pas le seul à avoir des qualités de coach de jeunes joueurs. En effet, des noms comme Kenny Atkinson ou encore Dave Joerger pourrait vite devenir des cibles potentielles en cas d’échec de Casey. Ces derniers ont prouvé qu’ils avaient l’étoffe pour guider des équipes peu expérimentées à Brooklyn et à Sacramento. Certes, Detroit ne compte pas à ce jour de joueurs comme De’Aaron Fox ou D’Angelo Russell mais les prochaines Draft pourraient amener du talent dans le roster et c’est là qu’il faudra être vigilant si Casey ne répond pas aux attentes. En fait, si le staff actuel est encore en place à ce jour, c’est davantage dû au flou qui entoure le futur de la franchise et qui bloque le front office à prendre des décisions trop lourdes. Autrement dit, si on laisse Casey à son poste, c’est parce que le contexte actuel difficile fait que Stefanski ne voit pas qui il pourrait prendre d’autre vu l’état du roster, et non pas parce qu’il voue spécialement une grosse confiance à Casey. Du coup, le staff actuel bénéficie de cette situation bancale pour l’instant, mais reste tout de même sur un siège éjectable. Les Pistons sont à un moment charnière de leur histoire avec cette énorme reconstruction entamée et on sait à quel point le staff peut avoir une incidence déterminante sur la réussite d’une équipe qui veut retrouver les sommets. Récupérer de bons joueurs à la Draft ne suffira pas pour revoir Detroit sur le devant de la scène. La décision de coach et de son entourage est souvent aussi importante que le reste. Un documentaire Netflix nous l’a montré tout récemment : il n’y a pas de Bulls sans Phil Jackson et Tex Winter. Du coup, Ed Stefanski sait que la question du staff reste secondaire par rapport au coach en chef ou aux prochaines Draft, mais il doit garder en tête qu’un staff performant et novateur peut accélérer à tout moment un processus de reconstruction si le courant passe bien avec les joueurs qui viendront garnir le roster. Pas de panique pour le moment concernant le staff, mais attention à ne pas faire de bourdes qui pourraient coûter plus cher qu’on ne le pense.

source image : Création de JeffreyBelve

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