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Désormais à la tête des Pistons, Troy Weaver n’a pas simplement été choisi pour ses hautes compétences et son expérience acquise à Oklahoma. Du moins, pas selon Tom Gores.

En effet, interrogé à ce sujet par la presse locale notamment le Michigan Live, le propriétaire des Pistons a affirmé qu’il était ravi qu’une personne afro-américaine avec de nombreuses qualités puisse prendre la tête d’une franchise NBA. Depuis la mort de George Floyd à Minneapolis, les mouvements sociaux Black Lives Matter se développent dans le monde entier et se battent contre la discrimination, les violences policières, le racisme, les inégalités sociales… C’est dans ce contexte que la nomination de Troy Weaver à Detroit prend donc aussi une ampleur sociale :

« Je pense que c’est une grande victoire pour la communauté afro-américaine et pour toute notre communauté noire, que Troy devienne un chef de file. Mais en même temps, je vais aussi vous dire simplement que nous avons cherché tout type de personnes dans le but de trouver qui était la meilleure personne pour ce travail. Et Troy l’était. »

Avec son arrivée à Detroit, Troy Weaver devient le huitième GM afro-américain de la NBA. Il rejoint ainsi Koby Altman (Cavaliers), Elton Brand (Sixers), Marc Eversley (Bulls), James Jones (Suns), Trajan Langdon (Pelicans), Scott Perry (Knicks) et Brian Wright (Spurs) et bien évidemment, Masai Ujiri (Raptors). Sous la houlette du duo Casey-Weaver, les Pistons sont également l’une des quatre seules équipes à la fois dirigées et coachées par une personne afro-américaine.

Néanmoins, la couleur de peau n’était pas l’unique élément analysé par Ed Stefanski, Dwane Casey et Arn Tellem. Le propriétaire des Pistons précise que Weaver était tout simplement le meilleur candidat sur le marché avec le plus de qualités et que la franchise du Michigan le pistait depuis les départs de Stan Van Gundy et Jeff Bower en juin 2018 :

« Alors est-ce que nous avons mis l’accent dessus et en avons-nous fait une priorité ? Oui, car nous voulons nous en assurer. Mais d’une certaine manière, je ne peux pas retirer une once du talent et du profil de Troy. Il est la meilleure personne au monde pour ce job. »

Pour les Detroit Pistons, avoir un groupe diversifié qui dirige l’équipe était une chose importante pour le front office. Le propriétaire Tom Gores a souligné que tous les candidats devaient être examinés judicieusement. Il voulait également s’assurer que les personnes de couleur compétentes ne tombent pas entre les mailles du filet :

« Nous pensions que la chose la plus importante était de s’assurer que nous évaluions tout le monde sans discrimination ou différence – même ceux qui n’avaient pas retenu notre attention à l’origine. Nous ciblons Troy depuis quelques années (ndlr. en 2018) mais nous en comprenons aussi l’importance et la portée sociale. C’est excitant que Troy soit devenu le meilleur candidat. »

Avoir quelqu’un qui représente la ville : ses valeurs, sa culture, son histoire a toujours été un objectif pour Tom Gores depuis son rachat de la franchise en 2008. Selon l’U.S. Census Bureau (recensement officiel), la ville de Detroit est peuplée de 670 031 personnes dont 78.9% d’afro-américains. 

On le sait Gores veut que ses joueurs, coachs, préparateurs et dirigeants se montrent proches des habitants. Il veut que sa franchise soit aussi sociale. Et le principal intéressé se réjouit de prendre part à l’activité et à la renaissance de Motor City. Troy Weaver se dit prêt à œuvrer avec sa famille pour la communauté de Detroit :

« Je suis vraiment excité à l’idée de déménager ici en raison de la riche histoire de la ville. Pour moi, étant afro-américain, Detroit est une ville formidable avec une culture incroyable. Il y a tellement de choses à faire pour s’impliquer dans la communauté, impliquer moi-même et ma famille. J’ai donc hâte de me rendre à Detroit et de profiter de tout ce qu’il y a à faire. Je suis ravi de vivre à Motor City. »

Coup double donc pour Detroit qui s’offre le luxe d’engager une personne a priori compétente et demandée, tout en voulant changer les mentalités de certains américains sur le plan social. A l’approche des élections présidentielles, cela ne peut faire que du bien aux Etats-Unis de retourner les idées reçues clamées par les fervents supporteurs de Donald Trump et consorts. 

source image : USA Today

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