11 minutes 2 ans

Le moment que nous attendions tous est enfin arrivé, les premières minutes du rookie français Killian Hayes en NBA. Entre timidité et bribes d’un talent certain, le meneur a oscillé. Mais comme le dit le bon proverbe, patience est mère de sûreté, hein Dwane ?

Débarquer chez les Pistons en 2020 n’est pas chose aisée pour un rookie. Avec la reconstruction totale du sol au plancher au programme, Killian est censé être l’un des fers de lance de la nouvelle génération dans le Michigan. Après une présaison intéressante mais jamais très parlante, le saut dans le grand bain de la NBA était le début officiel de la carrière du jeune joueur de 19 ans à peine. Avec son statut de top 10 de Draft ayant déjà étrenné des terrains professionnels en Europe, l’attente était mine de rien un peu présente autour de lui. Et comme toujours, la NBA est une Ligue aussi belle qu’impitoyable où les joueurs doivent performer rapidement pour espérer se faire une place pérenne. Parmi les plus fragiles dans ce contexte viennent en premier lieu les rookies. En effet, arriver avec peu d’expérience dans un monde d’adultes est très difficile pour celui qui veut prouver en NBA, c’est pour cela que le fait de tomber au bon moment au bon endroit avec le bon entourage est souvent plus important que le talent en lui-même. Pour Killian Hayes, si on en croit les propos de Casey relayés par MLive, il semble que le Français aura la chance de profiter d’une organisation qui lui laissera le temps de se développer, ce qui implique de lui laisser de quoi s’exprimer tout en acceptant ses erreurs, dans un premier temps bien sûr.

« Ça va être dur, mais cela fait partie de son développement. Il va devoir traverser ses moments, c’est normal. Mais il est en avance car il a joué en Europe où il jouait déjà contre des hommes. Il ne sera pas dépassé. Nous l’avons vu lors des quatre matchs de présaison avec la décroissance de ces pertes de balle match après match.

Ne lui mettons pas de pression, faisons en sorte qu’il s’amuse et qu’il soit compétitif. Et s’il tombe, relevons-le. Nous allons être patients avec lui pour qu’il se développe. Il a du talent mais il vivra des moments durs comme beaucoup de rookies, mais il arrivera à progresser s’il joue dur. » Dwane Casey

Des paroles plutôt rassurantes donc. Hayes sait qu’il aura une fenêtre de tir assez large pour montrer de quoi il est capable. Bien sûr, celle-ci retrécira au fur et à mesure des semaines et des mois mais les Pistons comptent faire le maximum pour le développer. Le coach lui attribue du temps de jeu depuis le début de la saison régulière, le ballon lui est confié de manière plutôt fréquente lorsqu’il est sur le terrain et surtout, la franchise à tenu à conserver Derrick Rose dans le roster afin d’être le mentor de Hayes pour sa première année. Honnêtement, à part le contexte sportif un peu pourri, difficile de trouver meilleur endroit pour se développer pour le Français. D’ailleurs, le MVP 2011 a multiplié les bons conseils à l’entraînement et les compliments à son égard en conférence de presse, comme pour donner confiance au joueur en étant également une béquille émotionnelle pour lui. Et ce qui est sûr, c’est que le septième choix de la Draft 2020 ne s’en prive pas. Il s’abreuve des conseils de son coéquipier vétéran et tente de les appliquer une fois sur le terrain de part son implication et sa concentration visibles depuis le début de la saison.

« Il écoute, c’est le plus important. Il me rappelle moi-même à son âge. Il est toujours prêt à travailler plus. Non seulement il écoute, mais il tente de l’appliquer à son jeu. Il prend à cœur toutes les petites choses que je peux lui transmettre en tant que meneur de jeu. Et il est vraiment intelligent, son QI basket est élevé.

Il s’agit juste maintenant de jouer les matchs et de s’habituer au rythme NBA. Son jeu est fait pour la Ligue. Il peut tirer, il a la bonne taille. Il doit simplement apprendre à mieux gérer les impacts lorsqu’il va dans la raquette. Cela lui rendra la vie plus facile. » Derrick Rose

En voilà une belle citation. Il n’y a aucun doute, Hayes est tombé à bonne école, il ne tient qu’à lui de se donner les moyens de réussir. Bien évidemment, il faudra être patient et il risque de passer à côté d’un paquet de matchs avant de trouver les qualités de jeu qui feront de lui un joueur à part entière, mais c’est une étape normale. Ça prendra peut-être toute la saison, peut-être plus, peut-être moins qui sait ? Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra lui laisser du temps pour qu’il se développe. Mais attention, sous l’égide de Casey, pas question que les Pistons soient un centre aéré où tout est permis, non non non. En bon général, qu’il est, l’ancien technicien des Raptors demande toujours des comptes à ses joueurs et si il compte donner des cartouches a Hayes pour qu’il se développe, il n’aura pas non plus carte blanche et les erreurs se paieront cash. Voilà de quoi remettre d’équerre un rookie comme il faut. En tout cas, ce mélange entre mentorat, confiance et rigueur ne pourra que former une mixture intéressante pour Killian si toutefois il saura la digérer. À voir, mais Dwane Casey le gardera à l’œil, comme toujours.

« Mon message c’est pour lui c’est que si son tir ne rentre pas et qu’il fait des erreurs, alors ne le refais pas plusieurs fois. Ce qui est certain, c’est que défendre est toujours possible. Tu peux aller sur le terrain, faire les efforts, prendre des charges, participer au rebond comme un big guard et tout simplement laisser le jeu venir à toi. » Dwane Casey

C’est tout le mal qu’on te souhaite Kiki !

source image : Photo by Scott Cunningham/NBAE via Getty Images

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