10 minutes 1 an

Ce soir marque la reprise de la célèbre émission de survie Koh-Lanta. Contexte parfait pour analyser la situation du roster des Pistons à un peu plus d’un mois des training camps. 16 joueurs sont sous contrat garanti pour 15 places. Un joueur devra inévitablement partir et explorer d’autres terres. Et parmi eux, trois sont sur la sélecte : Jahil Okafor, Sekou Doumbouya et Josh Jackson. Qui survivra à cette épreuve là ? Au départ, ils étaient seize, à la fin, il n’en restera que quinze !

Une élimination au mérite

Le jour se lève sur cette deuxième saison de Koh-Weaver. Les aventuriers ont faim. Faim de travail et de victoire. Après une première aventure au contenu satisfaisant, la volonté d’évoluer est présente. Weaver le premier l’a déclaré. Une saison comme celle passée ne se reproduira pas.

Il y aura de la sueur, des larmes et du sang. Une saison à vingt victoires n’est plus acceptable. Faire mieux sera la mentalité principale du groupe. On va beaucoup travailler pour honorer le maillot des Pistons.

Troy Weaver

Même si l’objectif ne sera surement pas d’accrocher les playoffs, l’aspect sportif montera d’un étage. Il est raisonnable d’attendre de cette équipe une trentaine de bons résultats sur les 82 matchs qui constitueront cette saison. Dans cette optique là, monter la meilleure équipe possible est nécessaire. Et si ce paramètre est prioritaire, Jahil Okafor devrait en toute logique se voir indiquer la porte de sortie. Tout d’abord pour alléger les rotations. Sa présence risque de freiner les développements de Stewart et Garza, qui devraient eux déjà être encadrés par Kelly Olynyk qui partagera ses minutes entre les postes 4 et 5. Sachant que Stew et Garza sont des purs pivots au même titre qu’Okafor, en avoir trois dans le même roster serait contre-productif. Alors que Josh Jackson représente une vraie solution aux postes 2/3. De même pour Sekou aux postes 3/4. Outre les minutes, Jahil Okafor représente clairement le moins bon potentiel des trois, et également le moins talentueux. Bientôt âgé de 26 ans, le numéro 3 de la draft 2015 est très familiarisé aux blessures, qui impactent logiquement son jeu. Il finira la saison passée avec 5 points et 2 rebonds de moyenne en 27 matchs. Même si il est capable de beaux mouvements au poste, son apport est nettement négatif avec une moyenne de -10 en netrating, allant même jusqu’à -15 lors des matchs en back-to-back.

Une épreuve de confort qui peut être bien négociée

Si la priorité n’était que sportive, ce dilemme n’aurait même pas lieu d’être. Mais il est important de rappeler que les Pistons sont en phase de restauration. Ce qui veut dire que le futur à moyen terme est la priorité du front office. Avec ce détail là en tête, les cartes sont vite redistribuées. Si d’un côté se trouve un Jahil Okafor, avec un niveau inférieur aux autres oui, mais une très faible valeur marchante, en face de lui se trouve son opposée. Josh Jackson peut attirer son monde et rapporter une contre-partie intéressante. Auteur de sa meilleure saison au sein de la NBA l’année dernière avec 13 points par match, Josh Jackson présente également un beau potentiel et peut encore être peaufiné et intéresser une équipe dont la construction est avancée. Unrestricted free agent à l’issue de l’exercice 2022, il serait regrettable de voir Jackson signer chez une autre équipe alors qu’il aurait pu rapporter des assets intéressants. Même si son talent peut déjà apporter un plus à l’équipe dans l’immédiat, il serait invraisemblable de voir Weaver refuser son départ contre des tours de draft alléchants. Alors que Okafor de son côté lui partira quoi qu’il arrive à la fin de son contrat auquel il ne reste qu’une année. Un choix qui, au final, serait celui qui arrangerait tout le monde dans un certain sens.

Un entre-deux fatal pour Doumbouya

La question est : qu’est ce qui doit être privilégié ? Et la réponse pourrait être un départ de Sékou Doumbouya. Le français représente un entre-deux parfait entre le sportif et le business. Sa jeunesse et son potentiel peut permettre de récupérer des picks de draft, et son talent ne s’est pas encore assez développé pour regretter un départ. Mais le cas Doumbouya est plus complexe que ça. D’autres éléments jouent en sa faveur, et défaveur. Son argument le plus fort est son âge, seulement 20 ans. Et à l’aube de sa (déjà) troisième saison NBA, il propose déjà de très bonnes choses. Son potentiel athlétique et son QI en défense sont ses principales armes pour convaincre son GM de le conserver. Il est également ancré dans le vestiaire et très apprécié de par sa bonne humeur constante. Mais d’un autre côté, certains peuvent aussi être agacés par Sékou. Il présente pas l’hygiène de vie la plus irréprochable de l’équipe, et a été suspect dans sa communication quelques fois, notamment sur les réseaux sociaux. S’ajoute à cela certaines contre-performances qui émettent des doutes quant à sa progression et son plafond. Mais surtout, Troy Weaver aime tout contrôler, et bâtir son projet de A à Z. Et Doumbouya lui est le seul joueur de l’équipe à ne pas avoir été choisi par le front office actuel. Un détail oui, mais qui pourrait avoir des conséquences..

Une décision devra être prise quoi qu’il arrive. Au dépit de l’envie de tous de rester, un joueur actuel du roster devra prendre son sac, son flambeau, et voir sa flamme s’étouffer devant tous ses camarades. Troy Weaver fera son choix, et sa sentence sera irrévocable.

Source image : création originale de Ben Coulon pour Pistons France

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