10 minutes 12 mois

Dans le coeur des rumeurs de trade depuis le début de l’été, le cas Ben Simmons est surement un des dossiers les plus médiatisés de ces cinq dernières années. Le triple all-star est une énigme pour l’ensemble de la ligue. Mais malgré sa réputation de défenseur d’élite, et de playmaker plus qu’accompli, sa capacité à adapter son jeu pour sublimer une équipe fait débat. Récemment cités dans les rumeurs de trade autour de l’Australien, Ben Simmons serait-il un pari gagnant pour les Pistons ?

Un bad boy dans l’âme

La volonté de Casey cette saison est claire. Il veut mettre en place un jeu basé sur la défense, et la contre-attaque. Avec seulement une dizaine de points par match en transition la saison passée, les Pistons étaient la 25eme équipe de la ligue dans ce domaine. Le retour de Killian Hayes en avril a prouvé qu’un playmaker faisait beaucoup de bien dans ce secteur là du jeu. Les Pistons ont marqué en moyenne 12.5 points par match en transition durant le mois d’avril, contre un peu plus de 9 avant ce mois ci. Ça tombe bien, Ben Simmons excelle dans ce registre. Près de 28% de ses points proviennent de séquences rapides, bien aidé par sa capacité à lire les lignes de passes et à intercepter des ballons précieux. Son gabarit imposant, combiné à ses talents balle en main, le rendent presque indéfendable lorsqu’il se précipite vers le panier ouvert.

Très efficace en attaque, Simmons est avant tout un two-way player. Peut-être même plus valuable en défense qu’en attaque, Simmons s’est imposé comme un contender légitime au titre de DPOY en 2021. Ultra polyvalent et mobile, il peut aisément s’occuper des postes 1 à 4, voir même 5 lorsque ceux-ci sont undersized, comme Bam Adebayo. Sa capacité à défendre sur les stars de la ligue est aussi un paramètre très élogieux. Dans une mentalité de grit and grind, Simmons s’impose comme un des meilleurs de la ligue. C’est donc tout naturellement qu’il match avec le projet de jeu de Weaver et Casey.

Un joueur à l’opposé du projet actuel

Le principal soucis du cas Ben Simmons est son jeu offensif limité. Même si il a montré de très belles performances offensives, et notamment en l’absence de Joël Embiid, Simmons n’est pas le type de joueur qui peut s’adapter à un effectif. L’effectif doit être bâti autour de lui. Pour profiter au mieux de ses qualités, Simmons doit être entouré de shooter, et avoir la raquette de libre. En outre sa capacité à finir (Plus de 60% de réussite dans la peinture), Simmons peut aussi se montrer utile grâce à sa capacité à sortir la balle sur l’aile. Nécessitant souvent une prise à deux lorsqu’il se retrouve à l’intérieur, Simmons a généré 422 passes décisives vers l’extérieur sur les deux dernières saisons. Seuls Lillard, Westbrook et Doncic font mieux. Autre hic, qu’il soit positionné à la mène, ou en poste 4, Simmons doit avoir la balle pour se montrer efficace. L’ajouter au roster reviendrait à restreindre les développements des si précieux Hayes et Cunningham. Les trois ne peuvent pas cohabiter et manger le même pain. Un choix entre Cade et Killian devra forcément être fait, alors que la tendance est plutôt de créer un duo dynamique. Avoir Ben Simmons en demi-terrain avec le roster actuel reviendrait à se tirer une balle dans le pied. A l’heure actuelle dans la rotation principale, seuls Bey, F.Jackson et Cade serait susceptible d’atteindre les 40% de réussite derrière l’arc, ce qui est trop peu pour optimiser le rôle d’un joueur comme Ben Simmons. De plus, pour au mieux l’utiliser, il serait essentiel de libérer la raquette, et donc de limiter le développement offensif d’Isaiah Stewart. De par son incapacité à s’adapter au jeu moderne, les besoins qui l’entourent, et les sacrifices requis pour l’utiliser, Ben Simmons, aussi élite soit-il, ne peut pas être une pièce du puzzle en construction par Weaver et Casey.

Weaver, et son goût du risque

Si Weaver est connu pour une chose, c’est bien son amour des paris. Il n’hésite pas une seconde lorsqu’il sent qu’il y a un coup à faire, même si la côte est à 16.76. Si aujourd’hui Simmons a un prix plus que bradé, le récupérer pour redorer son blason, le mettre dans des situations idéales et le re-échanger d’ici un ou deux ans peut être un scénario intéressant. Il serait évident que pour le ramener dans le Michigan, Grant, Joseph, et peut-être même Diallo ou Saben Lee devront être sacrifiés. Mais ce sacrifice peut se montrer rentable. La présence de Simmons forcera Cade et Hayes et développer leur jeu off-ball, Bey aura donc plus d’espace pour tirer, et Stewart pourra trouver en Simmons un leader défensif, avant de pourquoi pas récupérer ce rôle plus tard. L’arrivée d’un triple all-star remettra aussitôt les Pistons sur la carte et pourrait attirer des gros poissons lors des prochaines free agency. Avec Ben Simmons dans le roster, les Pistons deviendront automatiquement un contender aux play-in, surtout dans une conférence est très ouverte. Cette opération peut paraître dangereuse, mais si elle se conclut par un succès, le projet de restoration aura pris un raccourci quasi inespéré.

Pas favoris dans la course pour acquérir Simmons, mais pas absents, les Pistons pourraient prendre un virage important de l’ère Weaver. Aussi critiqué qu’adulé qu’est Simmons, de l’encre coulera pour le meilleur comme pour le pire si le front office décide de chambouler son échiquier.

Source image : Photo by Mitchell Leff/Getty Images

Laisser un commentaire