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Pour les six premiers matchs de la saison, le moins que l’on puisse dire c’est que les Pistons ont du progrès à faire. Très suivi en France, Killian Hayes a lui aussi des secteurs dans lesquels il doit se perfectionner. Sous le feu des critiques depuis quelques jours, pourquoi le meneur français a-t-il tant de mal à convaincre les plus sceptiques ? Y-a-t-il des raisons de croire encore en lui ? Comment vivra-t-il le retour de Cade Cunningham ? Analyse de sa situation.

Une timidité handicapante

Killian Hayes n’est pas la définition du meneur athlétique. Le profil slasher, rapide balle en main, et avec un gros réservoir de tir populaire en NBA. Pour vulgariser, il est un pass very first. Plus intelligent que physique, c’est dans la distribution qu’il s’épanouit le plus. Un profil très intéressant et qui peut s’avérer très utile pour orchestrer un collectif talentueux. Là où le style de jeu de Killian dérange, c’est qu’il a parfois tendance à ne se limiter qu’à ça. Il n’est pas rare de le voir refuser un tir ouvert, où encore de kick-out un drive qui lui tend les bras. Cette mauvaise habitude est très frustrante à voir, et ça a notamment été le cas contre les Bulls en ouverture de saison. Rencontre durant laquelle, l’ancien de Cholet n’a pas scoré un seul point.

Nous devons continuer à travailler avec lui et à développer sa confiance. Il faut être patient, et ne pas tirer de conclusions hâtives à tout va.

Dwane Casey

Et cette confiance sera engendrée qu’après un long processus. Il y aura sûrement d’autres matchs sans marquer, des air-balls, et tout ce qui va avec. Car ce qu’il faut surtout savoir de Killian Hayes, c’est qu’il n’est pas un scoreur. Et il n’est pas destiné à l’être. Cependant, avec plus de confiance, sa qualité de drive peut lui permettre de se montrer plus dangereux en attaque. Autre lueur d’espoir, le fait que son tir extérieur ne soit pas au point, représente là aussi un axe de développement. Déjà en progrès sur ce début de saison avec 30% de réussite contre 25% la saison passée, améliorer son catch and shoot ne peut être que bénéfique, pour lui, comme pour l’équipe.

Un rythme collectif à trouver

Etant un meneur altruiste, il est évident que Killian dépend en partie de ses coéquipiers pour briller. Malheureusement, et contrairement à l’année dernière, le jeu et la forme collective actuelle ne permettent pas à Hayes d’être optimisé. Loin du jeu en transition fluide, et du mouvement perpétuel de la saison passée, aujourd’hui l’équipe se base principalement sur des iso pour animer l’attaque, très peu pratique pour utiliser les qualités de création du français. Et pour traduire ce manque de cohésion d’équipe sur le terrain, il suffit de regarder les pourcentages de réussite aux tirs.

Au moment de l’écriture de ces lignes, les Pistons se classent avant derniers de la ligue aux tirs (40.7% de réussite), et derniers de la ligue de loin (28.9% de réussite). Sans Saddiq Bey, la réussite descend sûrement en dessous des 25%. Les Pistons sont également la sixième équipe avec le moins de passes décisives. 21 par matchs pour être précis, dont 3 pour Killian qui est le meilleur de l’effectif dans ce domaine.

De plus, la gestion des minutes par Casey n’est pas non plus évidente pour Hayes. Il ne joue « que » 24 minutes par matchs, et très peu lors du quatrième quart, et donc garbage time. En six matchs, il n’a que 5 minutes de moyenne dans le dernier quart, là où Cory Joseph et Frank Jackson en ont 7 et 8. A titre de comparaison, Cole Anthony, lui aussi meneur sophomore et titulaire d’une équipe en reconstruction, joue 33 minutes par matchs, dont 8 dans le dernier quart. En plus de jouer peu, Hayes n’a pas non plus l’occasion de jouer pour lui. En effet, Casey fait souvent le choix de la rotation binaire. C’est à dire de faire jouer les starters ensemble, puis la second-unit ensemble. Très peu de mélange sur le terrain, seuls Bey et Grant transitent entre les deux. Hayes passe donc plus de temps à permettre aux scorers attitrés de l’équipe d’accéder au panier que d’y aller lui même. Il se retrouve même assez souvent avec la patate chaude entre les mains quand il ne reste que quelques secondes à l’horloge des 24.

Cade Cunningham pour soutenir Hayes

C’était l’évènement en NBA cette dernière semaine : Cade Cunningham est enfin apte à jouer. Contre Orlando, sa présence a galvanisé l’équipe, qui a bien mieux joué qu’à son habitude. Et le principal gagnant de ce retour pourrait être Killian Hayes. La présence d’un deuxième créateur dans l’équipe ne peut qu’encourager l’équipe à faire du jeu pour faciliter le panier. Et Hayes le premier pourra développer son jeu off-ball, comme Casey le veut depuis l’année dernière. Un duo complémentaire peut être créé avec ces deux là. En attaque, comme en défense. La défense justement est une force de Killian Hayes. L’association Hayes/Cunningham est sur le papier un fit parfait de ce côté là du terrain, et peut aussi constituer une façon de s’exprimer. Hayes ne demande que ça, et n’a pas froid aux yeux pour affronter les meilleurs de la ligue. Il a prouvé encore lors du dernier match contre les Nets, contre qui il enregistre 5 interceptions, tout en défendant sur James Harden par séquences.

Oui, Hayes n’a pas le meilleur début de saison possible. Il est même en régression d’un côté. Mais il n’est pas sous l’eau pour autant. Ce début de saison est difficile pour toute l’équipe, d’autant plus que le calendrier n’a pas été facile. Sur les six premiers matchs, on liste deux contre les Bulls, un contre les Nets, un contre les Hawks, et un autre contre les Sixers. Les matchs contre des équipes de niveau équivalent seront ceux où les Pistons, et Hayes, pourront être jugés à juste titre. En attendant, il y a quand même du positif. Et surtout, il est important de se dire que ça ne peut pas être pire.

Source image : création originale de Ben Coulon pour Detroit Pistons France.

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