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Cette saison, Isaiah Stewart est le pivot titulaire des Detroit Pistons, grâce à une saison rookie réussie. Mais le jeune joueur a t-il les compétences et le talent nécessaire pour être un titulaire durable en NBA ? Ou a t-il au contraire un profil de role player de banc, type sixième homme ? Analyse de sa situation.

Une transition difficile

En à peine quelques mois, le statut d’Isaiah Stewart a complètement changé. D’un joueur peu en vue à l’université, drafté en bordure de la loterie, il est passé à pivot titulaire d’une franchise NBA, après une bonne saison rookie. La marche est grande. Son évolution dans le jeu n’a pas suivi ce changement de statut, en tout cas pas encore. Ce choix de le rendre titulaire chez les Pistons, semble donc précipité, et son début de saison confirme cette tendance. Isaiah Stewart n’affronte plus les role players de banc, mais des intérieurs de calibre All-Star, désormais. Cela fait une différence énorme, et malgré ses efforts et sa volonté, l’écart de niveau est flagrant. Nikola Vucevic, Giannis Antetokounmpo, Joël Embiid, Anthony Davis, Domantas Sabonis, ou même Bobby Portis… Tous ont donné une leçon de basket-ball au sophomore en déjouant sa défense, et en l’écrasant au rebond. Pourtant, le joueur de 20 ans possède des qualités défensives indiscutables. Pour les renforcer, il a aussi besoin de ses coéquipiers qui doivent également l’accompagner en attaque.

Un collectif à l’agonie

Un energizer comme Isaiah Stewart est toujours une source de motivation dans une équipe. Mais sur ce début de saison, il a été totalement happé dans le gouffre collectif que constituent les Detroit Pistons, notamment en attaque. Avec seulement 7,2 petits points, 7 rebonds et 1,2 passes, Beef Stew possède des statistiques digne d’un role player. Mais les difficultés du pivot sont exposées par le désastre collectif et offensif que proposent les Pistons. Isaiah Stewart est un joueur qui a besoin d’un collectif bien rôdé, qui peut le sublimer et lui permettre d’être performant. Ces conditions sont, ici, loin d’être réunies. Malheureusement cela ne l’aide pas à progresser, notamment à la passe. Bien qu’il tente d’améliorer cet aspect de son jeu, comment peut-il gonfler ses statistiques si les quelques assists qu’il délivre se transforment en shoots ratés, comme c’est le cas actuellement ? Autre problème, la manière dont ses coéquipiers jouent avec lui. Les nombreuses arrivées de cet été, notamment celle de Cade Cunningham, ont poussé Isaiah Stewart a modifié quelque peu la manière dont il joue. En attaque, il s’écarte beaucoup moins du cercle, réduisant à néant les quelques tentatives à 3 points qu’il prenait en saison rookie, et qui lui permettraient d’étoffer sa palette offensive. Avec les quelques 30 tirs par match, que se partagent Cade Cunningham et Jerami Grant, les tentatives au scoring du pivot sont également en berne, avec six par match. Une situation loin d’être idéale.

Pourtant, Isaiah Stewart a été l’auteur de quelques prometteurs double-double en ce début de saison. Ce manque de régularité, il le doit aussi à son coach, Dwane Casey, qui peut décider de le faire jouer 35 minutes un soir et 21 minutes le lendemain. La question de la match-up n’explique pas cette différence, car aucun intérieur du banc ne peut faire mieux que lui, surtout depuis la blessure de Kelly Olynyk. Pour assurer son statut de titulaire, Beef Stew a donc besoin d’un collectif soudé dans le jeu, et d’une régularité que ne lui offre pas Dwane Casey. Difficile, pour le moment, de juger sa situation.

Une saison rookie en trompe-l’œil

Y a t-il eu trop d’espoirs placés trop tôt en Isaiah Stewart ? Probablement. Rappelons que le pivot est arrivé un peu de nul part, sans aucune réelle attente lors de sa saison rookie. Alors oui, ses bonnes performances ont un peu impressionné tout le monde, laissant envisagé un plafond plus haut que prévu. Mais relever les attentes à la hausse ne signifie pas pour autant le transformer en titulaire indiscutable. C’est pourtant dans cette voie que s’est engouffré le management de Detroit, cet été, en échangeant Mason Plumlee aux Hornets, titulaire la saison passée, et en recrutant Kelly Olynyk, en qualité de pivot back-up. Les comparaisons naissantes avec la légende Ben Wallace n’ont en rien arrangé cette situation. Mais dans l’attente de résultats depuis de trop nombreuses années maintenant, management et fans ont misé sur lui, des espoirs qu’il ne peut, pour le moment, pas encore atteindre.

Précipité. C’est sûrement le mot idéal pour décrire la place de titulaire d’Isaiah Stewart dans le cinq majeur des Detroit Pistons cette saison. Les récentes confrontations ont mis en lumière son manque de niveau et d’expérience pour tenir ce rang. Le joueur de 20 ans a donc encore toutes ses preuves à faire. Bien qu’il soit en partie responsable d’un manque d’implication en attaque et d’une certaine perte de confiance en lui, Dwane Casey et le management des Pistons ne sont pas exempts de tout reproche, avec un recrutement peu idéal pour son profil et des choix tactiques parfois douteux. Bien sûr, Isaiah Stewart a toute sa place dans l’équipe, tant il correspond à la mentalité que Troy Weaver tente d’imprégner à cet effectif, avec sa défense, son énergie et ses qualités athlétiques. Mais ce statut de titulaire n’est bénéfique pour personne. Un joueur aussi jeune a besoin de temps, et d’un véritable mentor à sa disposition. Rendre un verdict définitif à cette problématique reste donc délicat, tant ce dossier est complexe. Mais la tendance récente ne joue pas en sa faveur.

Crédits Image : Création originale de Maxime Okon pour Pistons France

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