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A trois matchs du all-star break et 27 matchs de la fin de saison, un premier bilan se dresse dans les têtes. Un bilan qui retranscrit des bribes de plaisir, de jeu, et d’espoirs, mais cachés par des gros soucis de régularité et un coaching parfois à l’opposé du projet actuel. A l’aube d’un été qui sera déterminant, Casey doit enclencher un processus de fin de saison qui sera la base d’une saison prochaine pleine d’attentes.

Au deux tiers de la saison, il n’est pas étonnant ni même fou de penser que cette année est décevante. La comparaison avec la saison précédente est sans appel : dans le jeu, la saison 2020/2021 était une des meilleures et des plus plaisantes à voir depuis un certain temps. Du jeu rapide, des jeunes qui jouent bien ensemble, de la défense, de l’envie. Bref, l’ADN Pistons était présente. C’est donc tout logiquement que Troy Weaver fixa comme objectif de continuer sur cette lancée, et de baser le jeu sur l’envie et la défense en visant la trentaine de victoires.

Après 55 matchs, les chiffres traduisent parfaitement l’échec actuel de la saison. Les Pistons sont dans le low five en terme d’assist par match (22.5), deuxième pire pourcentage de la ligue au tir (42%), pire différence de points par match (-10), deuxième pire off rating, et low five en def rating. Si le contenu est terne, le record l’est aussi, 12 victoires pour 43 défaites (.21 %) ce qui est moins que l’année dernière (.27%). De plus, tout ne semble pas être mis en place pour optimiser l’apprentissage des joueurs. Premier problème flagrant : les rotations. Quand un oeil est porté sur les minutes de chacun, des chiffres choquent. Cory Joseph joue autant que Killian Hayes (24 minutes en moyenne) et finit même les matchs devant le français et Garza et Lee n’ont même pas joué la moitié des matchs (ce qui est encore plus choquant pour Garza quand on voit le déséquilibre de l’effectif dans le secteur intérieur). Pour pousser les statistiques plus loin, et expliquer la déception du jeu mis en place et la pauvreté du playbook de Casey, un chiffre en particulier déplait : celui du taux d’iso de Jerami Grant. L’ailier fort génère 14% d’iso en moyenne. Ce chiffre est beaucoup trop élevé pour une équipe qui se dit en apprentissage. Le ballon et les responsabilités doivent aller dans le sens des jeunes comme Saddiq Bey, Cade Cunningham, Killian Hayes, et donc Marvin Bagley qui vient d’arriver.

Cette fin de saison doit servir d’argument pour attirer des joueurs lors de la free agency. Avec notamment Ayton et Bridges dans le viseur, les Pistons se doivent de leur promettre du jeu autour d’eux pour les convaincre de quitter des équipes mieux huilées pour s’engager dans le projet de Weaver. Alors qu’un trade était prévu pour cet hiver, Grant devra sûrement attendre cet été pour se voir transférer, et de ce fait, il doit se mettre de côté pour permettre à l’équipe d’avancer. Laisser plus de responsabilités aux jeunes qui seront des pièces majeures du projet sur le long terme.

La place de Casey pourrait se jouer sur cette vingtaine de matchs. Même s’il est aimé de son front office, il est certain que Weaver ne fera pas dans le social pour faire avancer son bateau. Arrivé avec un projet de playoffs, aujourd’hui Casey montre ses limites de gestion et surtout d’apprentissage auprès d’un groupe jeune.

Source image : Carmen Mandato/Getty Images

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