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La cohabitation entre les deux meneurs était l’une des premières questions dès la sélection de Cade Cunningham le soir de sa draft. Si sur le papier, un backcourt composé des deux créateurs faisait saliver toute la fanbase des Pistons, sur le terrain, les choses se sont compliquées lors du début de saison. Placé comme leader de la second unit depuis la mi-saison, Killian Hayes recentre le débat qui annonce le retour des Fro’Bros.

Un début de saison décevant

A l’image de l’équipe, le début de saison de cette association de jeunes talents n’a pas été à la hauteur des espérances. Alors que le duo paraissait comme évident, des difficultés à s’adapter ont pu être observées. Forcément, la présence de l’un force l’autre à se muer en joueur off-ball, et si dans ce domaine Cade n’est pas aussi à l’aise qu’avec la balle en main, il présente tout de même plus d’assurance que le français. Il n’y a qu’à regarder comment chacun utilise la balle pour se rendre compte de la différence de jeu entre les deux meneurs. Killian Hayes prend en moyenne un tir toutes les 4 minutes de jeu cette saison tandis que Cade en prend un toutes les deux minutes.

Cette timidité offensive, couplée au manque de réussite et de rythme de Cade Cunningham a logiquement poussé Casey et son staff à donner les clefs de la second-unit au sophomore pour qu’il puisse développer son jeu et son agressivité.

« Le faire débuter sur le banc n’est pas un manque de confiance envers lui. C’est une question de compatibilité. J’aime la façon dont il se gère. Il est plus agressif, plus confiant. Il fait toujours partie de nos plans, il doit juste grandir.« 

Dwane Casey

Lors du début de saison et jusqu’au All-Star Game, un cinq majeur composé de Cade-Hayes-Bey-Grant-Stewart n’était finalement pas le plus productif. Trop de jeunes qui avaient besoin de se développer, avec Grant comme seul vétéran, mais privilégiant le jeu en isolation, Casey avait besoin de redistribuer les cartes, forcé de constater que ce choix a payé.

Une rotation plus équilibrée

Même s’ils partagent toujours des minutes ensemble sur le terrain (et de plus en plus), les rotations taillées autour de Cade et de Killian sont plus cohérentes avec leur rôle de ball-handler. Des shooters confirmés, des vétérans… Tout ce dont un créateur a besoin pour produire du jeu. La récente intégration d’Isaiah Livers dans la second unit a par ailleurs été une réussite, et cela en grande partie grâce à Killian Hayes (40% de réussite derrière l’arc pour l’équipe lorsque les deux sont sur le terrain). Mais l’élément qui a fait passer un cap au français est l’arrivée s’appelle Marvin Bagley III. Quoi de mieux pour un créateur qu’un big pouvant jouer en pick-and-roll tout en étant une menace proche du cercle. Partageant des minutes avec Cade, avec Hayes, les chiffres ne mentent pas et traduisent une complémentarité qui crève l’écran. Alors qu’il ne tournait qu’à 9 points par match à Sacramento, il est aujourd’hui à 15 unités par rencontre, son meilleur total depuis qu’il est en NBA.

Alors que sans lui, ni Cade, ni Hayes n’arrivaient à proposer un Net Rating positif en étant seul meneur sur le terrain, avec la présence de Bagley l’efficacité est toute autre. Lorsqu’ils sont ensemble sur le parquet, les Pistons présentent un Def Rating de 113 points pour un Off Rating de 120. Plus d’équilibre, mais surtout de présence à l’intérieur qui garantit une présence au rebond, mais surtout une solution en plus sur chaque drive, domaine offensif de prédilection de Cade et de Killian.

Ce remodelage de la rotation a surtout permis aux deux joueurs de grandir. Si Cade a pu avoir les chiffres et les matchs références qu’on lui connait, c’est en grande partie parce qu’il a été propulsé seul gestionnaire du ballon. Il profite ainsi de plus d’espace avec la présence d’un Cory Joseph qui représente une meilleure menace de loin que Killian Hayes. Ce changement de rôle fait aussi le bonheur du Français qui s’exprime plus librement. Agressif avec des profils plus adaptés à son jeu, il a pu – en autant de minutes que lorsqu’il était starter – afficher des meilleures statistiques. Dans ce nouveau costume de chef d’orchestre du banc, Killian Hayes passe de 3.5 de moyenne en tant que titulaire à 5 en sortie de banc. L’évolution la plus impressionnante reste tout de même sa réussite aux tirs, secteur de jeu dans lequel il s’améliore de 33 à 40%.

Un avenir proche encourageant

La saison prochaine risque d’être cruciale pour le projet de restoration de Weaver. Le GM des Pistons a déjà fait savoir au cours de l’année qu’il ne voulait pas passer trop de temps dans cette optique de tanking, et voulait inculquer une culture de la gagne assez rapidement à ses jeunes. Dans ce but, un rôle précis doit être donné à Hayes. Doit-il se modeler en tant que leader de la second-unit, ou travailler cet été pour être le meilleur coéquipier possible pour Cade Cunningham. Si ce dernier est verrouillé en tant que visage de la franchise, Killian doit orienter son jeu en pensant à sa place auprès du numéro un de la dernière Draft. La présence de Cory Joseph n’est qu’éphémère, et le front office va vite se demander quel type de profil signer pour le remplacer. Doivent-ils chercher un arrière sniper pour compléter le back-court avec Cunningham, ou un ball-handler pour la second-unit ? Si son association avec Cade devient de plus en plus intéressante au fil des matchs, des faiblesses subsistent. Il doit devenir fiable aux tirs, mais surtout se trouver un vrai rôle off-ball. Le choix d’un nouvel entraîneur, qui propose plus de jeu et d’innovation, n’ira que dans le sens du français.

Après un début en dents de scie, cette fin de saison reste encourageante pour le duo de créateurs des Pistons. Si le peu de matchs restants ne seront qu’anecdotiques dans l’impression finale de la saison, cet été sera un virage important dans le développement de leur alchimie.

Source image : Thomas Shea-USA TODAY Sports

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