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Alors que la saison 2021-2022 approche tranquillement de son terme, les joueurs des Pistons semblent plus heureux que jamais et montrent un jeu d’une qualité exemplaire. Au milieu de ce groupe de talents se trouve un jeune tout particulier répondant au doux nom de Killian Hayes. Le sophomore vient de fêter ses quatre-vingt deux matchs en carrière mais des interrogations demeurent sur son niveau de jeu, notamment en attaque. Il y a cependant un domaine dans lequel le numéro 7 a toujours su se démarquer : celui de la passe.

Fils de basketteur professionnel, Killian Hayes tenait probablement déjà un ballon entre ses mains dans son berceau. À seize ans à peine, le frenchie côtoyait déjà le basket français au plus haut niveau et participait à des compétitions internationales durant lesquelles il ne manquait pas de se faire remarquer. Un parcours de prodige de la balle orange, assez classique en somme pour un joueur NBA. Mais ce parcours, Hayes l’a réalisé en enfilant le même costume à chaque apparition: celui de meneur de jeu.

Beaucoup de ses passes et de ses actions se font de manière instinctive. C’est ce qui nous a attiré chez lui.

Dwane Casey

Arrivé à Detroit lors de la draft 2020, le Floridien n’a pas connu un début de carrière idéal. Entre manque de confiance, Covid-19 et pépins physiques, rien ne semblait dans le sens de Hayes qui n’a au final pu disputer que vingt-six rencontres durant sa campagne rookie. Durant la saison suivante, les choses ont commencé à s’améliorer pour le franco-américain. Soulagé à la création grâce à l’arrivée de la pépite Cade Cunningham, Hayes a pu perdre un peu de la pression qui pesait sur ses épaules et exprimer son jeu d’une bien meilleure façon. Difficilement critiquable en défense, le numéro 7 n’est cependant pas exempt de tout reproche en attaque. Mais même dans les soirs les plus difficiles, Hayes conserve toujours un atout dans sa manche : son QI basket. Formé au poste de meneur depuis son enfance, il a eu l’occasion de s’exercer durant des années à la gestion du jeu et possède déjà une très bonne compréhension de celui-ci pour son âge.

Je regarde les aides défensives. Je regarde comment les joueurs défendent, si d’autre gars font la rotation… quand je vois cette fenêtre, je sais que je peux faire cette passe. Je ne suis pas vraiment inquiet. Bien sûr, je veux que la balle aille à mes shooteurs, mais je fais confiance à n’importe qui dans cette équipe pour prendre un tir.

Killian Hayes

Habile des deux mains, capables de livrer de loin, avec rebond, avec effet (certains se souviennent de sa passe venue d’une autre planète face au Thunder durant sa saison rookie), Hayes sait tout faire quand il s’agit d’envoyer un caviar. Avec le temps, il apprend de mieux en mieux à lire les défenses et à s’en jouer. Si cela ne lui permet toujours pas d’exploser ses compteurs au scoring, le frenchie facilite la vie de ses coéquipiers et leur créé des occasions en or. Récemment utilisé en tant que 6ème homme, il nourrit la second unit et comble avec talent le manque de création lorsque Cade Cunningham ne se trouve pas sur le parquet.

S’il manque aujourd’hui quelque chose à Killian Hayes, c’est certainement de l’expérience. Une connaissance du jeu plus poussée encore qui lui permettrait de devenir un des meilleurs passeurs de la ligue. L’ancien de Cholet n’a que vingt ans et possède les défauts de son âge : des précipitations, des approximations. Les symptômes classiques de la jeunesse et rien qui ne semble totalement incurable.

C’est un meneur de jeu naturel. Il voit le jeu. Même si j’étais en colère contre lui avec ses passes à une main hier soir, il en réussit quelques unes. Vous ne voulez pas tout lui retirer. Vous voulez qu’il utilise ses instincts. Mais il faut quand même comprendre que les joueurs NBA sont plus longs, et que tout le monde défend les mains levées, donc si vous faites une passe à une main, vous allez faire face à un joueur de deux mètres.

Dwane Casey

Futur grand de la passe ? Il est encore un peu tôt pour en être certain mais le talent de Killian Hayes est indéniable. Avec un peu plus de match dans les pattes, son potentiel se montrera de plus en plus. Et peut-être alors le numéro 7 des Pistons mettra des étoiles dans les yeux de toute la NBA.

Source image : Chris Schwegler/ Getty Images

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