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Alors que les Playoffs NHL ont commencé depuis quelques jours et si les Red Wings sont une nouvelle fois restés à quai, la nostalgie perdure toujours à Hockeytown. Et les prochaines heures pourraient redevenir aussi glorieuses qu’en 2002.

23 Avril 2001, le temps du doublé de 97-98 semble lointain. Les Red Wings viennent de se faire éliminer au 1er tour des play-offs par les Los Angeles Kings. Quelques semaines plus tard, la victoire finale de l’éternel rival, Colorado, est vécu comme une claque.

Du travail pour rebondir

Ken Holland, le manager général de l’époque, a alors deux possibilités pour ramener cette équipe vieillissante au sommet : prendre quelques saisons, repartir avec des jeunes ou, dans cette époque pré Salary Cap, sortir le chéquier et faire venir des stars.

Le propriétaire Mike Illitch veut gagner immédiatement et la période du marché des transferts en sera d’autant plus spectaculaire. Exit Kozlov, Lapointe ou encore Osgood. Ken Holland fait de la place pour l’artillerie lourde.

Dans les buts, ce n’est ni plus ni moins que Dominik Hasek qui débarque. Le « dominator » vient chercher à Detroit le seul trophée qui manque à son immense palmarès. Luc Robitaille, ailier gauche le plus prolifique de l’histoire de la NHL arrive de Los Angeles. Brett Hull débarque lui de Dallas après avoir particulièrement réussi ces dernières campagnes de Play-Offs. Le rookie Pavel Datsyuk, va tenter de se faire une place parmi cette pléiade de stars. Le légendaire coach, Scotty Bowman, dispose d’une armada rarement vue dans l’histoire, avec quatre joueurs à plus de 500 buts en carrière.

Les Red Wings vont écraser le reste de la ligue durant la saison régulière, finissant avec 16 points d’avance sur Boston, deuxième équipe au classement en fin de saison. Shanahan, Fedorov, Hull et Robitaille finissent la saison à plus de 30 buts chacun. Lidstrom s’impose comme le meilleur défenseur au monde et gagnera son 1er Norris Trophy (meilleur défenseur de la ligue). Hasek a fait du Hasek en compilant 41 victoires. Scotty Bowman, après avoir tâtonné dans sa composition d’équipe, a trouvé la bonne formule :

                Shanahan            Yzerman              Fedorov

                Robitaille             Larionov             Holmstom   

                Datsyuk               Devereaux         Hull

                Maltby                 Draper                 Mc Carty

                               Lidstrom              Olausson

                               Chelios                 Fisher

                               Duchesne           Dandenault

                                               Hasek

                                               Legace

Detroit attaque les play-offs contre Vancouver avec l’étiquette de super favori. Les deux premiers matchs à la Joe Louis Arena tourne au cauchemar et Detroit se retrouve dos au mur, mené 2-0 avant d’aller au Canada. Le tournant de la série arrive dans le match 3, le score est de 1-1, quand sur un lancé anodin à la ligne rouge de Lidstrom, le gardien des Canucks, Dan Cloutier, se troue littéralement. A partir de ce moment, les Red Wings prendront l’ascendant sur Vancouver et remporteront la série 4 à 2.

Une finale de conférence tant attendue

Le second tour verra Detroit dominer les Saint Louis Blues 4 matchs à 1 et le choc attendu en finale de conférence face à l’Avalanche du Colorado peut commencer. Les joueurs de Denver ont eu toutes les peines du monde à arriver jusqu’ici, battant Los Angeles puis San José à chaque fois en 7 matchs. Mais emmené par un Peter Forsberg en grande forme, tout semble ouvert dans cette confrontation.

Le match 1 est marqué par le triplet de Darren Mc Carty dans le 3ème tiers alors que Colorado mène 3 à 2. Detroit s’impose finalement 5 à 3.

Les rencontres suivantes seront âpres et disputées et à la fin du match 5, Colorado se retrouve en tête 3 matchs à 2 avec l’occasion d’en finir à domicile. La réaction des Wings et en particulier de Dominik Hasek sera terrible, ce dernier réussira 2 blanchissages lors des 2 derniers matchs de la série. En parallèle, Patrick Roy va se décomposer. Dans le match 6, alors que la score est vierge, il croit avoir capter un tir d’Yzerman mais le palet est sur la glace et Shanahan n’a plus qu’a le pousser dans la cage. Le match 7 sera une démonstration, les Wings balayent Colorado sur le score de 7-0.

Crédit Julian H. Gonzalez Freep

Après l’avalanche vient l’ouragan

Detroit se retrouve en finale face à l’équipe surprise de ces play-offs : les Carolina Hurricane. Tout le monde s’attend à un sweep de Detroit mais Ron Francis, le capitaine des Canes, donne le match 1 à Carolina en prolongation. Nick Lidstrom sera le héros du reste de la finale. A 1 partout dans le match 2, il expédie un missile dans la lucarne d’Arthur Irbe et sur la présence suivante, offrira un caviar à Kris Draper pour le but du 3-1, score final.

Le match 3 sera digne d’un film d’Hitchcock, un tir de Lidstrom dévié par Brett Hull donnera la victoire à Detroit lors de la 3ème prolongation. C’est le tournant de la finale, les Wings gagnent les 2 derniers matchs 3-0 puis 3-1. Detroit remporte ainsi sa 10ème Stanley Cup, la 3ème en six ans.

Une aventure courte mais intense

Le capitaine, Steve Yzerman, malgré un genou détruit, finit meilleur pointeur des Red Wings. Les stars de l’équipe : Shanahan, Fedorov, Hull, Hasek ont répondu présent durant ces play-offs. Mais c’est celui qui est en train de s’imposer comme le futur patron de l’équipe, Nicklas Lidstrom, qui est élu MVP. Bowman dira simplement de lui qu’il a été parfait.

Cette belle victoire sera aussi la fin d’une époque, Scotty Bowman, prendra sa retraite d’entraineur quelque jours plus tard, Dominik Hasek en fera de même. Les saisons qui suivront verront les départs et retraites d’Yzerman, Shanahan, Fedorov, Larionov, Robitaille et Chelios.

Puis ce sera l’ère du salary cap. Cette équipe des Red Wings est sans doute la dernière à proposer une telle quantité de stars. Il semble aujourd’hui impossible de réunir autant de Hall of Famers sous le même maillot.

Cette équipe de 2002 sera un one-shot de Ken Holland, un recrutement d’énormes talents mais sur la fin de leurs carrières. Enfin, comme le dira Brett Hull le soir de la victoire : « Ce sont les plus vieux et le plus malins qui ont gagnés. »

source image : Julian H Gonzalez – Freep

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