19 minutes 4 mois

Alors que les Red Wings continuent leur reconstruction, la saison qui vient de se terminer laissent les fans avec plusieurs sentiments. En effet, en terme de résultat cet exercice 2021-2022 n’a pas été assez mauvais pour être déçu, mais il n’a pas été suffisamment bon pour être satisfait.

Les éclosions de deux rookies exceptionnels, un Larkin capitaine auteur de la saison de sa carrière, une équipe capable de joueur le haut de sa division une bonne partie de l’année sont les points positifs sur lesquels on peut se reposer… Mais une défense calamiteuse et des défaites embarrassantes soir après soir ont terni toute la deuxième partie de saison. Retour sur ces différents moments qui ont marqué cette année.

The MoJo Show: Seider et Raymond déjà indispensables

S’il ne fallait retenir qu’une seule chose de la saison écoulée, ce serait l’explosion des deux rookies Moritz Seider et Lucas Raymond qui ont porté l’équipe grâce à leurs performances tout au long des 82 matchs de saison régulière. Pour le jeune défenseur allemand, les superlatifs manquent pour décrire la saison qu’il a réalisé. Il est aujourd’hui incontestable qu’il est le grand favori pour remporter le trophée Calder du meilleur rookie de l’année.

En 2021-2022, Seider c’est 50 points (7 buts et 43 assits), pour un temps de glace de 23min faisant de lui le joueur le plus utilisé par Blashill. Il a été constamment opposé aux meilleures lignes adverses et ne s’est jamais laissé intimider. Ses erreurs se comptent sur les doigts d’une main lorsque ses actions de grands talents (toujours dans la simplicité et la sobriété) ont fait le bonheur des réseaux toute la saison. Les attentes étaient élevées mais il a largement dépassé ce qui était envisageable. D’autant plus que son partenaire de défense pour la majeure partie de la saison était Danny DeKeyser qui a vécu une dernière année de contrat pas loin d’être calamiteuse. Aujourd’hui, tout le monde rêve d’une ligne Seider – Edvinsson qui vient de faire une saison remarquable en Suède comme son aîné un an plus tôt et le retour de Niklas Lidstrom au sein de l’organisation a agité toute la fan base sur le futur rôle de mentor qu’il pourra occuper pour Moritz.

Pour Raymond là aussi les attentes ont été largement dépassées puisqu’on ne pensait pas qu’il serait opérationnel aussi rapidement. Après un camp d’entrainement très solide, il a obtenu un rôle sur le 1er trio aux côtés de Larkin et Bertuzzi où l’alchimie a fonctionné tout de suite. 57 points dont 23 buts, il a montré toutes ses qualités pour se créer des chances de marquer avec son patinage rapide, mais aussi pour faire marquer ses partenaires comme le montrent ses 34 assists. Il a longtemps dominé la course au Calder avant de se faire voler la vedette par son coéquipier. Il a joué pour la première fois de sa carrière une saison à 82 matchs et lui même a reconnu que physiquement cela a laissé des traces. Il a décidé de faire l’impasse sur les Mondiaux pour se préparer tranquillement tout l’été. On retiendra son premier hat-trick face aux rivaux des Blackhawks, le moment était parfaitement choisi.

Les deux rookies des Red Wings en forme (crédit :Melissa Tamez/Icon Sportswire via Getty Images)

Dr Jekill et Mister Hyde: une équipe à deux visages

Cette saison a été marquée de hauts et de bas et a fait des Red Wings une des équipes les plus compliquées à pronostiquer. Le bilan de 32-40-10 est en nette progression par rapport aux saisons précédentes mais celui-ci aurait dû être bien meilleur. Face aux équipes d’un niveau similaire, voire moins bon, comme les Sens, les Coyotes, le Kraken, les résultats n’ont pas été à la hauteur.

Pour autant, jusqu’au All Star Break le bilan flirtait avec les 50% sous l’impulsion d’un Dylan Larkin dans la forme de sa vie. Pour la deuxième fois de sa carrière il a franchi la barre des 30 buts (69 points en 71 matchs) et a assumé pleinement son rôle de capitaine. Il faut également mentionné Alex Nejdelkovic qui a porté l’équipe et le poids d’une défense très moyenne pour offrir des victoires miraculeuses sur toute la première partie de saison. Il a connu à l’image de l’équipe une baisse de régime au retour de la pause du match des étoiles, mais il a réussi a conserver un % au dessus des 0.900 et il a obtenu 4 blanchissages. Pour une première année comme starter c’est largement satisfaisant mais on attendra beaucoup de lui la saison prochaine.

A l’inverse la saison de Thomas Greiss a été très mauvaise, il n’a pas jouer son rôle de back up comme il fallait. En fin de saison la direction a fait signer Hellberg, qui n’a joué qu’un match (victoire face aux Devils) et qui pourrait se voir proposer un contrat pour le prochain exercice. En dehors de Moritz Seider, difficile d’être satisfait par la défense : 10 matchs avec 7 buts (ou plus) encaissés, une humiliation 11-2 face aux Pens et la fin de saison (avec il est vrai un calendrier apocalyptique) a paru longue comme un interminable chemin de croix. On notera quand même l’énorme saison de Bertuzzi (malgré son interdiction de voyager au Canada), 30 buts et 32 assists en 68 matchs, le retour gagnant de Vrana qui a manqué 56 matchs et qui termine malgré tout avec 13 buts et 19 points et s’affirme comme étant le buteur naturel que cette équipe cherche tant.

Mention honorable pour le vétéran Sam Gagner, auteur d’une saison très intéressante avec 13 buts dans un rôle pas toujours facile où il accompagné les jeunes la plupart du temps. Enfin, mention spéciale pour Michael Rasmussen qui a connu une trajectoire inverse à celle de l’équipe. Il a été très mauvais durant toute la première partie de saison, ne marquant quasiment pas de points et en étant clairement responsable dans un grande nombre de buts encaissés. Son réveil sur la 2ème moitié a été une des meilleures surprises tant cela était inattendu. Il a enfin jouer avec son physique et il a retrouvé une certaine efficacité pour terminer avec 15 buts, son meilleur total en carrière. C’est cette dynamique dont il aura besoin pour maintenir ce niveau tout au long des 82 matchs la saison prochaine.

Et pour terminer avec l’offensive, Pius Suter a rendu une copie plutôt positive dans une position de 2ème centre pas facile à gérer. Au rang des déceptions, Filip Hronek (malgré ses 38 points) paye peut être le fait d’être mal entouré mais il ne donne pas l’impression de progresser. Il sera scruté la saison prochaine, surtout si l’équipe est plus compétitive. De même que son compatriote Filip Zadina, qui a été la cible de pas mal de critiques. Certains les jugeront sévères d’autres logiques, ce qui est sûr c’est que le plan comptable n’est pas suffisant (10 buts et 14 assists). Mais dans le jeu difficile de nier ses bonnes performances. Il a fait preuve de beaucoup de mal chance et son association tardive avec Vrana a montré des choses intéressantes sur lesquelles ont pourrait s’appuyer dans le futur…

Le futur, avec un nouveau coach!

Cela a été la grande annonce 24 heures après le dernier match de la saison. Jeff Blashil ne sera pas reconduit sur le banc la saison prochaine, ainsi que Doug Houda et l’entraineur des gardiens Jeff Salajko. Toute la fan base des Red Wings aux quatre coins du globe a fêté la nouvelle comme un titre tant les dernières années ont été frustrantes. Le coach avait depuis 7 saisons focalisé l’essentiel des reproches concernant l’équipe, tant dans sa façon de jouer que dans sa gestion de plusieurs cas de joueurs. Son bilan n’a rien d’inoubliable, il aura qualifié une seule fois les Red Wings pour les séries, durant sa 1ère année en 2016, lorsque l’équipe comptait encore dans ses rangs les Datsyuk, Zetterberg, Kronwall… (éliminés 4-1 par les Bolts). Ce sont suivies six longues saisons, dont une avec un abyssal 27% de victoires (certes année COVID mais quand même), et où les défaites embarrassantes ont été plus nombreuses les unes que les autres.

A sa décharge il n’a pas hérité de la meilleure période pour prendre les reines de l’équipe (il avait succédé à Mike Bacbock), puisqu’elle entamait sa phase de reconstruction en même temps que se terminait progressivement le règne de Ken Holland dans un amas de mauvais contrats et de décisions douteuses. On lui reconnaîtra le fait d’avoir lancé Dylan Larkin, Tyler Bertuzzi, et de ne pas avoir grillé nos deux pépites Seider et Raymond cette année. Il se pose maintenant la question de la succession. Plusieurs noms sont évoqués alors que sur les réseaux beaucoup de fans réclament l’engagement de la légende Sergei Fedorov tout juste vainqueur de la Gagarin Cup avec son équipe de Moscou en KHL. Symboliquement ce serait un grand coup.

D’autres entraineurs sont également évoqués comme Paul Maurice qui a quitté les jets en cours de saison, l’actuel entraineur de frolunda en Suède Roger Rönnberg dans lequel de nombreux prospects des Red Wings brillent depuis plusieurs saisons. Il est pour l’instant impossible de faire de pronostique, Yzerman ayant simplement indiqué qu’il avait quelques noms en tête mais qu’il allait prendre le temps de la réflexion. Ce qui est sûr c’est que le DG des Wings est apparu plusieurs fois agacé cette saison face aux contres performances de l’équipe et il a clairement dit que l’équipe n’avait pas progressé cette année avec Blashill. Son objectif va être donc de trouver un entraineur qu’il juge capable de faire progresser cet effectif qui va encore s’enrichir de jeunes prospects très prometteurs (Edvinsson, Berggren, Soderblom…). On peut lui faire confiance pour faire le meilleur choix. D’après certaines rumeurs celui ci devrait intervenir d’ici le repêchage.

Pour conclure, cette saison nous a fait vivre toutes les émotions. Elle a laissé entrevoir le début du renouveau grâce à des jeunes plein de talent qui vont devoir continuer d’acquérir l’expérience nécessaire pour permettre à l’équipe de redevenir compétitive. Cette saison 2021-2022 peut être considérée comme l’année 0 de la reconstruction au niveau positif. Les années vraiment noires semblent passer, et même si la coupe Stanley ne fera pas son retour la saison prochaine, le futur est brillant du côté de Motor City!

Source photo: Gregory Shamus/Getty Images

Laisser un commentaire