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L’évènement annuel attendu par toutes les équipes de bas de tableau arrive à grands pas. Avec leur cinquième pick, de nombreux profils s’offrent à Troy Weaver qui n’a que l’embarras du choix. Quatre noms ressortent tout de même du lot : Ivey, Sharpe, Murray et Mathurin. Trois joueurs backcourt, et un intérieur. Qui sont-ils, que peuvent-ils apporter, mais surtout, qui choisir ?

Avant d’approfondir les possibilités qu’ont les Pistons, qu’en est-il des projections de cette cuvée 2022 ? Alors que Chet Holmgren et Jabari Smith rejoindraient le Magic et le Thunder, le troisième choix des Rockets devraient quant à lui se porter sur Paolo Banchero sauf surprise. La valeur inconnue du top cinq de la draft reste le quatrième choix des Kings. Vont-ils trade leur pick ? Si oui, est-il intéressant pour les Pistons de s’y positionner ? La réponse semble claire : si Banchero est disponible et que les Rockets décident de s’en passer, alors oui, Weaver réfléchira sûrement à proposer une offre autour du cinquième choix de Detroit additionné à Jerami Grant. Si Sacramento décide de sélectionner un jeune, il est certain que les plans de Weaver risqueront d’être chamboulés, il est donc primordial pour le GM du 313 d’avoir un plan B.

Un backcourt à compléter

Si cette année a été une première saison réussie pour Cade Cunningham, un problème de complémentarité subsiste. Alors que le français Killian Hayes se dirige sereinement vers un rôle de leader au sein de la second unit, Cade Cunningham a besoin d’un arrière à ses côtés. Dans ce contexte là, trois profils bien distincts se présentent au front office. Jaden Ivey, Sheadon Sharpe ou Ben Mathurin pourraient être celui qui devra épauler la figure du projet de restauration. Trois joueurs bien différents qui proposent des solutions, mais aussi des problèmes.

Jaden Ivey apparait comme le plus prisé des trois, mais aussi le moins rassurant. Attendu comme un joueur capable de scorer à grande échelle, il est aujourd’hui une menace offensive NBA ready. Dès sa première saison, il pourra apporter au scoring grâce à sa vitesse et sa qualité de finition déjà au-dessus de la moyenne, mais aussi un shoot décent qui peut-être amélioré. Malgré un talent indéniable, le joueur provenant de l’Université de Perdue montre également des signes d’immaturité et de manque de discipline sur le terrain. Ivey est un joueur hargneux qui peut parfois vite sortir de son match. Sans être un poids lourd en défense, bien au contraire, il n’est pas pour autant le plus intelligent dans ce domaine là, pouvant rapidement se retrouver en foul trouble. En attaque, la fatigue et son manque de sang froid l’emmène vers des tirs forcés et des possessions mal négociées. En ce sens, il n’est pas forcément un joueur à placer aux côtés de Cade Cunningham qui a besoin d’un ball-handler secondaire pouvant être efficient aux tirs. De plus, leur entente sur le terrain ne parait pas évidente pour le front office. Selon les dernières infos provenant de The Athletic, Jaden Ivey ne ferait pas l’unanimité parmi les décisionnaires de cette draft.

De son côté, Shaedon Sharpe émerge comme un talent brut. Des capacités de scoring à trois level indéniable, un athlète de qualité qui frôle les deux mètres, un QI basket appréciable, et un jeune âge (19 ans) laissant place à un grand avenir. Oui mais voilà, le soucis est que Shaedon Sharpe n’a pas joué depuis 2021 lors d’une compétition d’exhibition organisé par Nike. Etudiant à Kentucky, le combo-guard n’a pas joué une seule minute en NCAA. De plus, le jeune homme se montre très réticent au sale travail, et notamment en défense. Il est assez irrégulier dans les efforts, et ne montre pas toujours le bon exemple, en commençant par son body language traduisant parfaitement son manque d’envie sur le terrain. Il est le grand pari de cette cuvée 2022, un pari qui peut se révéler très payant, ou alors totalement contre-productif.

Ben Mathurin lui est certes moins talentueux que les deux autres futurs NBAers ci-dessus, mais son rôle peut se montrer plus valuable. En effet, le canadien est un prototype de 3&D en devenir. Fiable derrière la ligne tout en proposant un physique imposant pouvant lui permettre de monter au drive en éliminant son défenseur, son potentiel défensif est nettement meilleur que ceux de Sharpe et Ivey. Dans la NBA moderne, les 3&D sont très prisés. Troy Weaver serait inspiré d’en attirer un pouvant remplir les postes 2 et 3 et qui serait donc totalement compatible avec Cade, mais aussi Saddiq Bey. Un lieutenant en devenir qui peut s’avérer être utile sur le long terme mais qui peut également représenter un lourd sacrifice. Loin d’être le plus impressionnant des prétendants, utiliser un pick 5 pour un rôle player remplaçable par un vétéran peut s’avérer être une assez lourde décision pouvant être rapidement regrettée au fil des années.

Un secteur intérieur en manque de talent

Alors que la ligne extérieur a de quoi afficher un beau sourire avec un duo Cade/Saddiq qui se montre déjà très complémentaire, le danger a du mal à venir de l’intérieur. L’arrivée hivernale de Marvin Bagley III a pu donner un avant-goût de ce que pouvait donner un pivot « cade-able ». Sans manquer de respect à Isaiah Stewart, il est clair qu’il est loin d’avoir le talent offensif nécessaire pour profiter pleinement des qualités de créations de Cunningham sur pick & roll. Pour y remédier, Troy Weaver pense à Keagan Murray. Athlète impressionnant, rebondeur acharné, mais surtout un scorer de grande qualité. Il peut aisément marquer de loin comme dans la peinture, dans le contrôle comme en transition. Ses qualité athlétique couplé à son talent offensif font de lui un big totalement compatible avec Cade Cunningham. Pouvant jouer en pick and roll/pop tout en étant une lob-threat, Murray pourra permettre à Cunningham d’explorer de nouvelles solutions dans la créations, mais aussi à la finition grâce aux espaces qui s’ouvriront pour contrer la présence du joueur d’Iowa. Cependant, étant âgé de 22 ans, la marge de progression ne semble pas aussi haute que pour d’autres prospects. L’autre zone d’ombre autour de Murray réside en son poste. S’il s’est montré dominant en NCAA, pourra-t-il le devenir également en NBA dans un rôle d’intérieur small-ball ? Peut-il s’illustrer en tant que stretch-four et donc pouvoir défendre efficacement des profils plus vifs que lui ? Telles-sont les questions autour du numéro 15 qui peuvent refroidir Troy Weaver.

Un nouveau français en fin de draft ?

Avec le 46eme pick lors de ce second tour, les Pistons pourraient se laisser déduire par un nouveau français. Après Sekou Doumbouya et Killian Hayes, un nouveau compatriote dans le Michigan ne serait pas de trop. Avec Hugo Besson (Meneur/1ere division néo-zélandaise) et Ismael Kamagate (Pivot/Paris Basket), Troy Weaver pourrait se laisser séduire par des joueurs déjà professionnels et pouvant apporter directement dans le jeu. En plus d’être facilement intégrés par Killian, cette nouvelle serait aussi forcément bénéfique pour l’équipe de G-League qui profiterait sûrement de ces talents là pendant quelques matchs. Il est clair que ce choix au deuxième tour ne sera qu’un pari en plus pour le front office. Le roster commence déjà à être rempli de jeunes à développer. Les empiler serait loin d’être productif.

Beaucoup d’inconnu dans cette équation dont le résultat peut varier entre l’osmose collective ou le gâchis total de ce fameux cinquième choix. Troy Weaver et son équipe ont encore jusqu’au 23 juin pour se décider et enchaîner les work-outs.

Source Image : NBA

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