14 minutes 2 mois

Les Pistons se sont montrés actifs durant la période estivale. Une draft tonitruante gérée d’une main de maitre par Troy Weaver, récupérant jeunesse et expérience avec Jaden Ivey, Jalen Duren, Nerlens Noel, Alec Burks. Un arsenal qui devient encore plus intéressant et garni en cette fin de période estivale grâce au trade de Bojan Bogdanovic. À quelques heures du début de saison face à Orlando, coup d’œil sur les espoirs autour des 82 prochains matchs.

Un roster avec plus d’expérience

Guard : Jaden Ivey — Cade Cunningham — Alec Burks — Killian Hayes — Cory Joseph —Hamidou Diallo — Rodney McGruder

Forward : Kevin Knox II — Isaiah Livers — Marvin Bagley III — Bojan Bogdanovic — Saadiq Bey

Center : Isaiah Stewart II — Nerlens Noel — Jalen Duren

Two-way contract : Braxton Key – Buddy Boeheim

Coaching staff : Dwane Casey (HC) — Rex Kalamian (AC) —Bill Bayno (AC) — Tim Hardaway (AC) — Jim Moran (AC) — Jerome Allen (AC) — Jim Scholler (T) — Jordan Sabourin (SC)


Un effectif qui reste déséquilibré, malgré un plafond de talent qui s’améliore d’année en année. Une faiblesse évidente sur les postes de pivot et d’ailier qui, en cas de blessure, vont être difficile à combler. Il reste malgré tout certaines possibilités dans l’aile (Alec Burks, Rodney McGruder ou Hamidou Diallo à décaler sur le poste 3). Il faudra que Casey redouble de créativité si l’infirmerie doit se remplir au fur et à mesure de la saison.

Toutefois, impossible de revenir sur la profondeur très honnête sur les postes de meneur et d’arrière, avec des vétérans capables d’apporter en fonction des besoins de Casey. Du scoring autour de Burks, de l’expérience avec Joseph ou de la polyvalence avec Diallo. Le poste d’ailier fort semble également au point, avec l’ajout récent de Bojan Bogdanovic et la prolongation de Marvin Bagley III. Attention cependant à la défense intérieure, n’étant pas le point fort des joueurs cités avec un defensive rating de 114.5 pour Bagley et Bogdanovic sur la saison 2021-2022.

Le poste de pivot reste assez faible malgré un projet excitant amené par Jalen Duren. Un diamant à polir qui demandra cependant du temps pour briller de tout son éclat. Son plafond reste indéniable, mais lui faudra, en plus de l’endurance, une aptitude au travail non négligeable. Nerlens Noel peut être une plus-value défensive (defensive rating de 104.5 sur la dernière saison) mais aussi pédagogique dans son statut de vétéran de la ligue. Stewart peut proposer une composition small ball par son profil athlétique et malgré sa taille, bien que gêné défensivement par ce même facteur.

Une autre problématique est celle du tir à 3 points. Plusieurs solutions peuvent être proposées : Alec Burks sort d’une saison plutôt satisfaisante dans ce registre (40.4% de loin pour 4.8 tentatives). Bojan Bogdanovic reste solide (38.7% pour 6.8 tentatives). Isaiah Livers a montré de belles bases lors de sa saison rookie (42.2% pour 3.4 tentatives). Cory Joseph pourra toujours amener son spacing en sortie de banc (41.3% pour 2.4 tentatives). 

Certains joueurs peuvent progresser dans ce domaine, Killian Hayes ayant fait de ce domaine son cheval de bataille cet été. Isaiah Stewart pourrait d’ailleurs prendre une toute autre composition si son tir, en net progrès dans la fin de saison et durant la Summer League, devient constant et continue de s’améliorer. « Je pense que je me trouverai au poste 4, en étant polyvalent pour le spacing », a déclaré l’intérieur. Un problème qui pourrait donc devenir un atout si progression et constance sont au rendez-vous.

Un duo qui donne envie

La plus grande question réside autour du duo Cunningham/Ivey. Ce duo sera le facteur qui va décider du sort de Detroit cette saison, s’il va permettre de rêver plus grand, ou de rester dans les constantes de ces deux dernières saisons. Cade est attendu au tournant. La fin de sa raison rookie est la définition même de « montée en puissance ». 

Gêné par une blessure à la cheville durant la pré-saison 2021-2022, il a commencé sa carrière NBA avec un tir timide qui a mis du temps à se régler (sur les 25 premiers matchs : 15.3 pts à 38.3%). Le temps de s’adapter rapidement au rythme de la grande ligue, sa fin de saison laisse présager beaucoup de positif (sur les 23 derniers matchs : 20.3 pts – 6.1 pds – 5.7 rbds à 44.4% au tir). Mais le plus gros problème à régler pour le sophomore reste ses pertes de balle. Avec 3.7 turnovers par match, il devra prendre plus soin de la balle et se montrer plus lucide.

Le second, non sans avoir une certaine pression d’entrée de jeu, doit confirmer qu’il a un talent unique. Il est important pour le jeune rookie d’imposer toute l’excellence autour de laquelle sa hype a été bâtie. Dragster puissant et rapide, comparable à un certain DeAaron Fox sur certains registres, sa capacité au tir sera mise à l’épreuve. Il y a bien sûr un certain recul à prendre sur ses débuts dans la grande ligue. En revanche, s’il arrive à éclabousser la ligue de son talent, il pourrait accélérer le projet de Motown. 

Projection sur la saison 2022-2023

Dans quel registre aborder l’exercice des Pistons cette année ? Celui de l’optimisme, avec quelques trouvailles bien senties, un duo excitant autour des deux jeunes guards et pourquoi pas, une accession aux play-in ? Celui du pragmatisme, avec une conférence Est qui s’est nettement renforcée ces deux dernières années, une compétitivité forte dès la porte des éliminatoires pour les playoffs et une cuvée assez savoureuse pour la draft 2023 ? Tout un débat qui transcende la fanbase de Detroit, jusque dans les rédactions.

Commencer par les déclarations de Troy Weaver donnerait une première piste à explorer. La marche à suivre est clair, celle de la compétitivité. L’ancien pensionnaire d’Oklahoma, aujourd’hui dans la reconstruction d’un projet Pistons excitant, souhaite passer à l’étape supérieure. Le transfert de Bogdanovic invite à penser la même chose. « Nous sommes compétitifs… enfin » a déclaré le general Manager de la franchise au Media Day de l’équipe. 

« La jeunesse n’est plus une excuse désormais » confirme Casey quelques minutes plus tard pendant son passage devant les micros. En d’autres termes, l’objectif donné pour la saison à venir est de montrer un visage plus téméraire et plus dur face à l’adversité que vont offrir les autres franchises NBA. En a-t-elle les moyens cependant ? Comme dit précédemment, le roster reste encore fragile et peu profond sur certains postes clés aujourd’hui en NBA. Avoir de la volonté de bien faire est une chose. La réalité du terrain est tout autre. L’idée n’est pas d’être condescendant, mais de bien souligner le nombre de facteurs pour que le passage d’un idéal à une réalité puisse se produire.

Face à cette ambition montrée et assumée, une autre voix s’élève, venant de certains fans peu convaincus par la situation donnée. Sans dénigrer l’amoncellement de talents et de vétérans capables, est-cil bien sérieux de s’entêter à tout prix à vouloir prouver quelque chose quand le projet vient à peine de prendre sa forme primitive ? Ne serait-il pas plus juste de continuer dans le fighting spirit de la fin de saison dernière sans toutefois adosser sur les épaules d’un roster, encore trop vert, la pression d’un passage au niveau supérieur ? Pour résumer la chose, faut-il encore sacrifier une dernière année avant de commencer les choses sérieuses ? Quelque chose qui ne fait pas forcément plaisir à entendre, vu l’excitation grandissante après la période estivale, et à raison.

Dans tous les cas, un mot ressort de tout ça : excitation. Oui, le projet Pistons se modèle doucement progressivement, à l’image de son fondateur, à l’image de sa formation auprès de Sam Presti. Soyez confiants, notre tour viendra. Il faudra juste un peu de patience… ou alors une surprise générale imposée par Cade & Cie.

Crédit image : Brian Sevald/NBAE

Laisser un commentaire