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De tous les joueurs ayant portés les couleurs des Pistons , certains sont devenus légendaires et symbolisent la franchise alors que d’autres sont un peu tombés dans les oubliettes . Il convient donc d’en remettre certains à l’honneur pour leur contribution dans la grande histoire de Motorcity.

Au menu du jour un BIG NASTY !

Aujourd’hui quand on parle de Williamson en NBA , on pense tout de suite au mastodonte qui sévit du coté de la Louisiane mais il y a une trentaine d’années, ce nom de famille était fièrement porté par un joueur de l’université de l’ Arkansas, Corliss Williamson.

SI Zion explose les paniers des années 2020 grâce à son physique, Corliss n’était pas en reste du haut de ses 2.01m et ses 117 kilos. Le bonhomme, avec ses mensurations de tight end de foot us, s’est forgé un physique d’acier à raison de longues séances de musculation durant ses années à l’université d’Arkansas. Le coach des Razorbacks, Nolan Richardson doit même le freiner pour l’empêcher d’être trop musclé « Le coach a du me dire de cesser de soulever des poids. Je veux dire que lorsque tu es un jeune qui ne s’est jamais entraîné , tu ne sais pas quand t’arrêter ».

Ces qualités physiques, Corliss s’en sert avant tout sur les parquets et principalement sous les paniers depuis ses débuts au basketball. En compagnie de Derek Fisher (Mister 0.4 des Lakers), Williamson va terroriser ses adversaires avec son lycée de Russellville High et faire régner sa loi dans tout l’Arkansas en empochant au passage le trophée national de meilleur lycéen en 1991 et 1992.

UNITED STATES – APRIL 04: College Basketball: NCAA Final Four, Arkansas Corliss Williamson (34) in action, layup vs Duke Grant Hill (33), Charlotte, NC 4/4/1994 (Photo by John Biever/Sports Illustrated via Getty Images) (SetNumber: X45930 TK6 R12 F8)

En NCAA sous les couleurs des Razorbacks, Corliss continue à impressionner par son physique et se taille une notoriété grandissante à grands coups d’épaules et de paniers sous le cercle. La stratégie est simple selon son coéquipier Dwight Stewart :« on s’écarte tous et on le laisse faire ». Ultra rapide à la course, montant vite dans le cercle , Williamson, qui est le joueur favori de Bill Clinton, met l’Arkansas sur la carte NCAA et propulse les siens au final four 1994. Sous la conduite de leur star, les joueurs de Little Rock remporte le titre et Corliss est désigné MOP (Most Outstanding Player) du tournoi en battant le Duke de Grant Hill en finale. Encore une finale NCAA en 1995 pour lui et il est temps de se présenter à la draft NBA.

Son physique qui était jusqu’alors son meilleur allié sera son plus lourd handicap au niveau professionnel. Dans la NBA des années 1990 , quand on ne s’appelle pas Charles Barkley ou Larry Johnson , on se doit d’être grand pour jouer intérieur. Les insiders considérent Corliss comme un « tweener », sa place en NBA étant entre poste 3 et le poste 4. Williamson avouera plus tard « Je détestais le terme tweener mais cela m’a aidé à devenir un meilleur joueur ». Trop petit pour évoluer en power forward, pas assez agile pour être small forward , sa cote à la draft 1995 est en chute libre et les Sacramento Kings le récupérent au 13e choix ( derrière notamment Mc Dyess, Stackhouse, Garnett et Rasheed Wallace).

A peine drafté que son physique continue à lui jouer des tours, avant le début de sa saison rookie il doit subir une opération chirurgicale au niveau d’un disque lombaire. Résultat une première saison gachée avec seulement 51 matches joués , 11.5 min par match et 5.6 pts de moyenne. Le Big Nasty ne fait peur à personne en NBA et malgré quelques bonnes performances sous le maillot des californiens durant 5 ans (notamment son record personnel 40 points contre les… Pistons en 1998), le front office des Kings finit par comprendre qu’il ne peut être la pierre angulaire de leur franchise. S’ensuit alors un trade aux Raptors où Corliss une nouvelle fois cherche une place derrière Antonio Davis et Charles Oakley mais la greffe ne prend pas.

Pourtant, Joe Dumars, récemment retraité des parquets, et juste nommé General Manager de la franchise, décide de récupérer le natif d’Arkansas au milieu de la saison 2000-2001 en l’échangeant notamment contre Jerome Williams un des joueurs préférés des fans. Dans cette équipe en reconstruction avec le départ de Grant Hill, Rick Carlisle, coach rookie, va confier à Williamson les clés de la second unit au début de la saison 2001-2002.

Composé notamment de Corliss, Jon Barry, Damon Jones et Zeljko Rebraca, le banc des pistons marche sur tous les remplaçants des équipes adverses et se révèle une des raisons principales du succès de la franchise de Motown qui termine la saison à la surprise générale à la 2e place de la conférence Est avec un bilan en 50-32. Cette équipe de remplaçants qui s’est baptisée elle-même « the Alternatorz » permettra également aux Pistons de remporter une série de playoffs au 1er tour contre les Raptors, une première depuis 1991, avant d’échouer contre les Celtics des jeunes Pierce et Walker.

Au sein du banc de Motown, Corliss Williamson s’épanouit pleinement et redevient Big Nasty. Son physique de « tweener » s’avère etre désormais un avantage contre les défenseurs adverses. Trop mobile pour les power forwards, trop puissant pour les small forwards, Corliss impose son jeu au poste bas contre toutes les défenses de la NBA. A titre individuel, son efficacité est maximale durant ses 22 minutes par match en moyenne en tournant à 13.6 pts, 4.1 rb à 51% de réussite. Il confiera à la presse : « Je pense que Rick Carlisle a compris que je pouvais représenter une vraie menace contre les ailiers adverses , spécialement en transition… c’est pourquoi j’ai eu ce succès et j’ai trouvé ma vraie place en faisant en sortie de banc ce que l’équipe attendait de moi ». En guise de récompense , il obtient donc cette année là le titre de Sixth Man Of the Year remis en mains propres par Vinnie Johnson, lui même ancien remplaçant vedette des Bad Boys.

Au cours des 2 saisons suivantes , le roster évolue avec l’arrivée des Billups , Hamilton, Prince et Sheed, Larry Brown remplace Carlisle, l’équipe truste désormais les sommets de la conférence Est mais Corliss reste l’homme de base du banc des Pistons . Quand l’équipe peine à trouver des solutions offensives, le coach se tourne toujours vers le Big Nasty pour profiter des mis-matchs et débloquer la situation. Lorsque l’équipe a besoin agressivité défensive pour stopper les intérieurs adverses, Williamson répond toujours présent pour son équipe.

Son passage dans le Michigan se termine en apothéose, puisque l’équipe s’impose lors des Finals 2004 en démolissant les Lakers de Shaq, Kobe, Malone et Payton. Meme si son apport statistique lors de ces play-offs s’avère moindre en raison de l’arrivée de Rasheed Wallace quelques mois auparavant, l’impact de Corliss Williamson dans ce succès est bien réel avec les contributions également du reste du banc ( Hunter, James, Campbell, Ham…).

Afin de respecter les règles du salary cap, Joe Dumars durant l’été 2004 décide d’échanger le Big Nasty à Philadephie où Williamson ne restera que quelques mois avant de retourner chez les Kings et d’y prendre sa retraite sportive en 2007 à 33 ans.

Big Nasty sur les parquets, Teddy Bear dans la vie privée, Corliss Williamson a marqué l’histoire de la franchise des Pistons en participant activement à la reconstruction post-Grant Hill jusqu’au titre de 2004. Comme Rip Hamilton, Il est un des très rares basketteurs à avoir été titré au niveau universitaire et en NBA, ce qui démontre le caractère de winner du personnage.« Les grands équipes d’Arkansas dans lesquelles j’ai évolué , tout le monde connaissait son rôle, c’est pareil en NBA, il faut trouver son rôle et y exceller. C’est ce que j’ai fait avec les Pistons » concluera Corliss qui mérite définitivement une meilleure place dans les souvenirs de tous les fans du Michigan.

Crédit image : AP Photo/Paul Sancya

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