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Après une dizaine de matchs joués dans cette nouvelle saison, le bilan des Pistons (3-11) laisse apparaître de grosses failles défensives chez cette jeune équipe. Si la franchise de Detroit du temps des Bad Boys et de Goin’ to work era a bâti ses succès sur une défense de fer, force la cuvée 2022-2023 est encore loin du compte. Un focus sur l’aspect défensif s’impose donc afin de comprendre pourquoi les hommes de Dwane Casey échouent dans ce domaine là.

Une raquette trop accueillante

Pour un accès facile vers le panier, rendez vous dans la raquette des Pistons qui se trouve être un endroit particulièrement accueillant pour les attaquants des équipes adverses qui obtiennent 53 points de moyenne par match dans ce secteur là. La blessure de Marvin Bagley III, le retour tardif de Nerlens Noel et l’absence temporaire de Jalen Duren ont complètement vidé le secteur intérieur de la franchise du Michigan. Certains soirs, seul le courageux Isaiah Stewart faisait acte de présence dans la peinture des Pistons. Si ce dernier s’est montré à son avantage depuis le début de saison avec de bonnes statistiques personnelles (9.7 RPG) et une bonne présence défensive au sol, son manque de taille et d’envergure sont un handicap pour les joueurs du Michigan. Dans la line-up actuelle, Saddiq bey et Bojan Bogdanovic sont titulaires sur les ailes mais aucun d’entre eux ne pèse d’un point de vue défensif. En conséquence, dès l’instant où Stewart doit défendre au large sur un stretch 5 ou suite à un switch défensif, plus personne n’est en mesure de protéger le panier et les attaquants adverses se régalent à coups d’isolation sur les ailiers ou de pénétrations sans opposition.

Cette déficience du secteur intérieur se matérialise également par les statistiques au contre de l’équipe (4 contres par match 23e de la ligue). Avec les absences évoquées et la taille réduite de Stewart, seul le rookie Jalen Duren présente un profil de protecteur de cercle et d’intimidateur sur les pénétrations adverses (1.5 BPG, 6.4 RPG en 20 min de moyenne). Malgré ses capacités physiques hors normes et son talent défensif , il n’est encore qu’un rookie d’à peine 19 ans qui doit assimiler le jeu NBA pour gagner en maturité défensive. Les manquements dans le secteur intérieur se retrouvent également au niveau des secondes chances accordées à l’adversaire (16 points par match, 26e de la ligue). Les carences du secteur intérieur laissent trop d’opportunités aux adversaires de récupérer des rebonds offensifs pour punir les Pistons après un tir raté. Les statistiques du secteur du rebond défensif ne mentent pas sur l’incapacité des joueurs de Casey à se faire respecter dans leur raquette (12.2 rebonds offensifs accordés à l’équipe adversaire en moyenne).

Des joueurs désorganisés et attentistes

Le roster actuel ne comporte aucun défenseur d’élite selon les standards NBA, mais la plupart du temps les joueurs semblent désorientés par le schéma défensif et ne fournissent pas les efforts nécessaires pour bien défendre. Il n’en faut pas plus pour que les attaques adverses se frottent les mains en voyant apparaître les Pistons dans leur calendrier de la semaine (48% de réussite au shoot pour les adversaires, 26e de la ligue). Coach Casey tente de mettre en place une défense « switch » avec cette équipe, voulant que les défenseurs changent d’adversaire directement à chaque écran ou rotation. Si ce type de défense peut se révéler positive avec le roster adéquat et une tactique bien assimilée, il semble que les jeunes Pistons ne soient pas encore complètement rodés pour switcher avec efficacité. À de trop nombreuses reprises, les joueurs se sont trompés sur l’identité de leur joueur à défendre en laissant un adversaire totalement démarqué ou libre de pénétrer dans la raquette. En switchant de façon trop systématique d’adversaire, les équipes adverses parviennent très aisément à imposer des match-up qui leur sont extrêmement favorables. Par exemple, lors de la fin de match contre Atlanta le 27 octobre, où sur trois possessions successives, Stewart s’est vu contraint de défendre la ligne des 3 points contre Trae Young après des simples feintes de pick and roll.

Au delà de ce schéma défensif pas intégré, les joueurs des Pistons se sont montrés trop souvent peu intéressés par le repli défensif et la défense en transition. Au 30 octobre dernier après 6 matchs, la franchise du Michigan se situait à l’avant dernière place de la NBA en terme de points en transition encaissés avec un total de 25 points par match. Si depuis cette date, des efforts ont été réalisés par les joueurs, l’état d’esprit et la volonté de revenir en défense ont semblé manquer à cette jeune équipe lors de nombreux matchs. Une nonchalance et le manque d’implication dans le secteur défensif résultent également dans l’inefficacité à couper les lignes de passes adverses et intercepter le cuir (26e équipe aux interceptions avec 6.4 steals par match). La défense switch parait déresponsabiliser les joueurs quand ils ne sont pas en défense sur le porteur de balle adverse, ce qui peut expliquer le manque d’implication dans les taches défensives collectives comme le rebond. Comme évoqué plus haut, il est particulièrement décourageant pour Isaiah Stewart de batailler soir après soir contre des adversaires directs plus grands que lui, de combler les trous dans la défense et de constater que les quatre autres co-équipiers ne font pas le nécessaire pour récupérer les rebonds.

Des améliorations à venir

L’avantage d’être dernier c’est de seulement pouvoir progresser et il s’agit bien de la tendance constatée sur les derniers matchs de Detroit et notamment la 2e mi-temps contre OKC.

Tout d’abord , les absents commencent à réintégrer le groupe progressivement au grand plaisir de Steward qui va enfin bénéficier d’un coup de main sous les paniers. Le cinq majeur pourrait être amené à évoluer en conséquence avec la présence d’un autre intérieur pour stabiliser la défense, calmer les pénétrations adverses et capter plus de rebonds défensifs. Jalen Duren devrait poursuivre sa montée en puissance d’un point de vue défensif alors qu’il se situe d’ores et déjà à un excellent niveau ( Ses adversaires sont à moins 15.3% de réussite pour les tirs pris à moins de deux mètres du panier, 3e de la ligue). Au même titre que Livers , le meilleur défenseur collectif de l’équipe, a manqué la pré-saison et commence à trouver ses marques au sein de l’équipe des remplaçants.

Si la défense intérieure se stabilise, Detroit pourra toujours compter sur sa défense à trois points où sans exceller elle se montre déjà satisfaisante (seulement 34.3% pour les shooteurs adverses, 8e de la ligue).Coach Casey a commencé à modifier ses rotations pour une meilleure efficacité et la défense switch n’est plus systématiquement demandée par le coaching staff sur toutes les possessions adverses. Si Killian Hayes parvient à se retrouver offensivement, l’équipe pourrait profiter plus longuement de ses excellentes capacités défensives sur les extérieurs adverses, comme il a été le cas sur les deux matchs face aux Celtics.

Le chemin est encore long avant de retrouver une identité défensive digne de ce nom dans le Michigan mais avec un effectif au complet et une mentalité retrouvée, les Pistons pourrait défendre convenablement avec à la clé une incidence dans le nombre de victoires à la fin de la saison.

Crédit image : Chris Schwegler/NBAE via Getty Images

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