17 minutes 2 semaines

Seul membre du Daily Motown à pouvoir profiter de l’événement NBA parisien de cette année, je vous invite à suivre mes pas de fan des Pistons pour ma première expérience d’un match NBA.

Pour un fan comme moi qui suit l’équipe de Detroit depuis plus de 30 ans, l’annonce de l’affiche parisienne du Paris Game m’est apparue comme une bénédiction. L’occasion d’une vie de pouvoir assister à un match de sa franchise préférée sur le sol national .Impossible pour moi de passer à coté de cet événement.

Non retenu pour la prévente des billets, je nourris peu d’espoir d’obtenir le Saint Graal quand le jour de la vente je me retrouve en 45000ème place dans la file d’attente. Mission Impossible ? Non ! Je suis tenace, et au bout d’une heure de queue numérique et d’actualisations de page du site, je suis en capacité de choisir ma place à l’Accor Arena. Trois cent quinze euros , pas donné mais pas question de passer à côté. D’ailleurs ce jour là, le site me proposait plein de places entre 120 et 150 Euros , il faut croire que j’ai eu plus de chance que de nombreux fans qui se plaignent de ne pas pouvoir acheter de place. L’attente jusqu’à la date du match devient vite insoutenable et malgré les grèves de train, j’embarque finalement pour Paris, prêt pour les quatre cents coups et une grande vadrouille.

Paré de mon attirail sweat, tee shirt, casquette aux couleurs des Pistons, j’entame ma traversée de Paris à pied faute de métro par une visite de la NBA House à l’aérogare des Invalides. Billet gratuit récupéré sur ID NBA j’arrive sur place trente minutes avant l’ouverture prévue à 16h. La file d’attente est cosmopolite, de tous âges mais surtout pleine de fans des Bulls. Plus de 500 personnes et pas de fan de Motown à l’horizon, je me sens un peu seul et les Jordan addicts commencent à me chambrer gentiment. Pour nous faire patienter, distribution de goodies à l’effigie des Bulls, le département marketing de Chicago remporte la première manche.

Après une heure dans le froid parisien, on nous permet enfin d’accéder à l’intérieur du bâtiment. Une grande silhouette très entourée s’échappe par une porte dérobée et je reconnais alors Joakim Noah avec son look inimitable style les Misérables. Je comprends que la salle vient d’être vidée des VIP présents ( Noah, Parker, pilotes de F1 etc…) pour nous laisser la place. Je découvre sur place un terrain de basket genre playground, des stands d’adresse au shoot, des trophées et … pas grand chose d’autre. Pour les fans de Detroit, on peut admirer quand même les trois trophées remportés par la franchise et s’acheter des articles au stand Foot Locker mais c’est bien tout. Tout le reste de l’expérience tourne autour des Bulls avec leurs six trophées, des photos, des chaussures portées par Jordan, Pippen ou Rodman. Chicago 2 Detroit 0.

L’horloge tourne vite et je quitte donc sans regret cette NBA House, loin d’être inoubliable pour entamer ma traversée de Paris à pied, grève de la RATP oblige.

Je longe les quais de Seine en direction de Bercy et je slalome entre les véhicules coincés dans les embouteillages. Voitures de police et ambulances passent devant moi en trombe toutes sirènes hurlantes en direction de Nation et des manifestations syndicales et je commence à frémir, c’est Peur sur la ville. Paris brûle-t-il ? Le match va-t-il quand même pouvoir avoir lieu ? La vue de l’Accord Arena et de la file des fans déjà présents me rassure immédiatement. Je ne suis pas à bout de souffle mais huit kilomètres de marche en une heure je suis satisfait de ma perf.

Attendre plus d’une heure dans un froid presque digne du Michigan et sous les flocons d’une petite averse de neige pour accéder à la salle me parait presque anecdotique désormais. Les gens autour de moi sont sympas et tout autant impatients que moi de pouvoir pénétrer dans l’arène. Toujours une immense majorité de fans des Bulls mais je commence à apercevoir des fans aux couleurs de Motown. Derrière moi, deux lascars répètent leur combine pour tenter d’entrer dans la salle munis de cinq (!) faux billets. J’ai la haine s’ils réussissent à entrer au détriment de ceux dont ils ont piratés les billets. Mais pas le temps de réfléchir les portes finissent par s’ouvrir et j’accède enfin à l’intérieur de la salle.

La NBA a bien fait les choses, la décoration de la salle avec le parquet aux couleurs de la Tour Eiffel est splendide. Je repère ma place et je prends quelques instants pour embrasser du regard la salle et mesurer la chance d’être là. Le match ne débutera que dans deux heures, la salle est encore désertée par les spectateurs mais les joueurs ont déjà débuté leurs échauffements individuels sur le parquet. Pas de barrières donc je peux m’approcher au maximum du parquet pour suivre au plus près les joueurs. Je m’arrête quelques instants pour discuter avec un Jacques Monclar très sympathique et j’observe la grande machine médiatique se mettre en marche avec pléthore de journalistes de toutes nationalités qui se préparent à couvrir l’événement.

Pendant ce temps, Bogdanovic enchaîne les tirs de façon robotique sur le parquet, Jaden Ivey montre son jump et Killian Hayes débarque sur le banc. Je me place juste derrière les Pistons où l’assistant coach Rashard Lewis, ancienne star du Magic, dirige la manœuvre. Killian débute en déclenchant les tirs avec 80% de réussite, j’ai un mauvais pressentiment pour ce soir. Tous les joueurs des Bulls et des Pistons défilent devant moi pour accéder au parquet et je mesure ma chance de pouvoir les observer de si près dans leur routine d’échauffement. James Edwards, journaliste des Pistons pour The Athletic, hume l’ambiance de la salle courtside. Malheureusement il est un peu trop loin de moi pour que je puisse lui parler. Dommage, ça m’aurait fait plaisir d’échanger avec lui.

La salle se remplit rapidement, George Blaha s’avance péniblement vers son poste de commentateur accompagné de Greg Kesler, pas de doute l’heure du match approche et il est temps de regagner ma place.

Je ne suis pas étonné mais je me retrouve cerné par des fans des Bulls même si ma voisine est habillée aux couleurs des Grizzlies. L’excitation devient intense dans la salle qui est désormais pleine comme un œuf. Dans les gradins, pas d’influenceurs ou de fausses vedettes, tous les spectateurs sont des fans de NBA de toutes nationalités et de tous les âges. Les célébrités sont cantonnées courtside et au final ne représentent qu’un infime pourcentage des personnes présentes. Detroit est censé jouer ce match à domicile et les Pistons ont eu la bonne idée d’équiper chaque siège avec une petite serviette blanche aux couleurs des Pistons pour faire ambiance Playoffs. Chicago 2 Detroit 1.

Mason, l’illustre speaker des Pistons, s’empare du micro et la présentation des équipes peut commencer. Les clips d’introduction des équipes font exploser la salle et Killian Hayes reçoit la plus belle ovation du soir. L’ambiance chez les fans est électrique et j’essaie de savourer chaque seconde du match qui commence.

Le show de la NBA est au rendez vous même si le niveau du match n’est pas exceptionnel. Tout est mis en œuvre pour l’entertainment y compris au niveau des temps morts. Musique, jeux de lumières et animations, tout y passe pour contenter les spectateurs et ça marche plutôt pas mal. Le clou de la soirée étant l’apparition des légendes Rip Hamilton, Big Ben Wallace et surtout Magic Johnson à qui Bercy réserve une standing ovation.

Les fans des Bulls continuent leur démonstration de force en saluant bruyamment les highlights de leurs favoris, en sifflant systématiquement les lancers francs des Pistons et en entonnant un presque ridicule M-V-P à chaque fois que DeRozan se présente sur la ligne. Malgré tout, l’ambiance est très bon enfant et les rares supporters des Pistons arrivent quand même à se faire entendre à chaque action d’éclat des Pistons.

Les joueurs de Motown sont trop maladroits sur ce match pour recoller au score. DeRozan et LaVine sont intouchables et s’occupent d’enterrer les derniers espoirs des fans de Detroit dans le quatrième quatre-temps d’un match dominé de bout en bout. Je crains la réaction de Bercy devant la piètre performance offensive de Killian mais pas d’ascenseur pour l’échafaud pour lui. Le public, fans des Bulls inclus, n’a eu de cesse de l’encourager et de l’ovationner tout au long du match.

Midnight in Paris, c’est déjà la fin, la NBA replie son grand barnum et laisse les spectateurs quitter la salle avec des étoiles plein les yeux. Un dernier regard sur le parquet, j’essaie de graver cette image dans ma tête et de garder cette mémoire dans la peau. Sur le chemin de la gare de Lyon pour attraper le Dernier Métro, je mesure ma chance encore une fois d’avoir réalisé un rêve de gosse et je me promets d’aller aux USA un jour pour revivre l’expérience. Merci la NBA et merci les Pistons .

Laisser un commentaire